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L'Usine Santé

La course au vaccin contre le virus Zika est lancée

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Désormais priorité aux yeux de l’Organisation Mondiale de la Santé, la lutte contre le virus Zika passe par la recherche d’un vaccin. Plusieurs industriels sont sur les rangs, dont le leader français Sanofi Pasteur.

"Nous devons agir". Pour la directrice de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Margaret Chan, pas question de reproduire le couac de l’épidémie d’Ebola, qui avait mis en exergue le manque de réactivité de la communauté internationale.

La prolifération du virus Zika, désormais présent dans 23 pays et territoires des Amériques où il pourrait toucher 3 à 4 millions de cas cette année (1,5 million ont déjà été recensés au Brésil), constitue "une urgence de santé publique de portée mondiale", a-t-elle déclaré le 1er février. Soulignant "l'absence de vaccin et de tests fiables" pour affronter cette maladie, qui se transmet essentiellement par la piqûre d’un moustique infecté.

L’expertise de la dengue, precieuse pour Sanofi

Dans l’industrie, la course au vaccin est donc engagée, avec plusieurs concurrents sur les rangs. Sanofi, le numéro un français de la pharmacie et l’un des géants mondiaux de la vaccination avec sa filiale Sanofi Pasteur, a annoncé le 2 février qu’il lançait un grand projet pour mettre au point un vaccin préventif. Son atout? Il a réalisé il y a quelques mois une première mondiale, en obtenant l’autorisation de mise sur le marché de son vaccin contre la dengue, Dengvaxia. Or Zika est transmis par deux types de moustiques, dont l’Aedes albopictus, le "moustique tigre" déjà vecteur de la dengue, du chikungunya et de la fièvre jaune, contre laquelle Sanofi Pasteur dispose aussi d’un vaccin.

Pourquoi Zika inquiète
Contrairement à Ebola, Zika ne génèrerait pas de décès immédiat. Il provoque fièvre légère et éruption cutanée, parfois accompagnées de conjonctivite, douleurs musculaires et articulaires. Mais les autorités craignent qu’il ne génère chez certains malades le syndrome de Guillain-Barré, caractérisé par une paralysie ascendante progressive qui peut atteindre les muscles respiratoires. Et que les femmes enceintes touchées par Zika ne donnent naissance à des bébés atteints de microcéphalie, une anomalie rare consistant en une petitesse excessive de la tête, se traduisant souvent par des troubles du développement du cerveau pendant la croissance.

Dans cette course contre la montre, le Français entend donc jouer en première ligne, confie Nicholas Jackson, son directeur de la Recherche, à L’Usine Nouvelle. "Nous pouvons rapidement mettre à profit notre expertise, nos infrastructure en R&D et les installations industrielles mises en place pour Dengvaxia", fabriqué dans une de ses usines françaises, à Marcy l’Etoile.

Réduire le temps de développement d’un vaccin

L’industriel vient d’être contacté par l’OMS afin de lui fournir plus d’éléments sur sa technologie et les recherches en cours. L’élaboration d’un vaccin requiert dix à quinze ans. Mais Sanofi espère aussi gagner du temps en collaborant avec son réseau mondial de scientifiques et de pays partenaires, avec lesquels il a déjà mis en place des campagnes de vaccination pour lutter contre d’autres maladies.

Une rencontre avec les autorités brésiliennes, qui ont récemment autorisé Dengvaxia et sont particulièrement mobilisées contre Zika, a déjà été organisée. Après avoir massivement investi pour développer Dengvaxia, le Français sait qu’il faudra faire appel à "des ressources internes et externes conséquentes" dans la lutte contre Zika, confie Nicholas Jackson. Mais pas question de s’engager dans un calendrier précis. L’heure n’est pas encore aux essais sur l’animal ou l’homme.

Des biotechs américaines bien avancées

Idem pour son concurrent anglais GSK qui réalise, selon Reuters, des études de faisabilité pour voir si sa plate-forme technologique de vaccins serait appropriée pour Zika. Devant la complexité de ce type de virus, d’autres fabricants de vaccins ont préféré passer leur tour, comme le laboratoire japonais Takeda, focalisé sur la dengue, ou Merck & Co, qui planche sur un vaccin pionnier contre Ebola.

Laissant du champ libre à de petites biotechs plus avancées. Comme Hawaii Biotech, déjà engagé dans un programme pré-clinique pour tester un vaccin sur les animaux, selon Reuters. Ou le consortium mené par les universités de Laval au Québec et de Pennsylvanie, avec Inovio Pharmaceuticals et la biotech sud-coréenne GeneOne Life Science. Leurs essais sur l’homme pourraient démarrer dès le mois d’août, pour répondre à des situations de crise sanitaires à l’automne, estiment-ils.

Côté diagnostic, le réseau international de l’Institut Pasteur est une nouvelle fois en pointe. Depuis l’apparition, en 2013 et 2014, de 55 000 cas de Zika en Polynésie française, l’institution française planche sur le virus, dont elle était parvenue à réaliser le séquençage. Elle a également mis au point une technique de sérologie permettant de réaliser rapidement et à haut débit le diagnostic du virus. Une technique déjà déployée dans le Pacifique, en Asie et en Afrique, et en cours en Amérique du Sud.

Gaëlle Fleitour

Quel est l’état de l’épidémie en France ?
Quelques cas de Zika ont été détectés en Guadeloupe et à Saint-Martin, tandis que la Martinique et la Guyane sont sous surveillance étroite. Le 28 janvier, l’Institut de veille sanitaire faisait état de cinq voyageurs ayant contracté le virus dans une zone touchée et rentrés en métropole, aucun ne présentant de forme grave de l’infection. En métropole, le risque d’une contamination serait quasi nul, la période d’activité des moustiques vecteurs étant comprise entre mai et novembre.

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