Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

La course au petaflops s'accélère

Aurélie Barbaux

Publié le

La puissance des supercalculateurs vise le petaflops, d'ici à 2010. Plusieurs pistes technologiques sont explorées, mais le premier prototype est déjà là.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Le défi est lancé. Pour simuler l'impact de l'homme sur l'environnement, modéliser le cerveau, ou le coeur de la matière, voire l'univers tout entier, scientifiques et ingénieurs veulent des supercalculateurs toujours plus puissants. Et pour obtenir des résultats exploitables dans des délais acceptables, ils ont fixé le niveau de performances dont ils ont besoin, qui se mesurera en petaflops, soit 1015 (un million de milliards) opérations à la seconde.

Les constructeurs informatiques ont relevé le gant et promettent des solutions pour 2010. Voire plus tôt. En juin 2008, IBM a pris de court ses concurrents en livrant le premier supercalculateur petaflopique au Laboratoire national de Los Alamos (Nouveau-Mexique), branche du ministère américain de l'Energie. Baptisé Roadrunner, il affiche une puissance crête de 1,105 petaflops, grâce à une architecture dite « hybride ». Elle consiste à ajouter aux architectures existantes, de type grappe de noeuds de multiprocesseurs à mémoire partagée, des puces graphiques (GPU) - comme celle des cartes vidéo - ou programmables (FPGA). Suivant les types de calcul, cette architecture multiplie par 15 à 100 la vitesse de la machine.

Mais attention, « les machines hybrides marquent une nouvelle rupture dans la programmation », prévient Hervé Lozach, le chef de service informatique scientifique et réseau au Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Surtout, Roadrunner ne tient pas la puissance petaflopique pour tous les types de calculs. IBM explore donc une autre voie, qui consiste à utiliser les puces multicoeurs les plus rapides du moment (5 GHz), à leur associer une importante mémoire vive (environ 256 Go) pour stocker les données en cours de calcul, et à refroidir le tout directement au coeur de la machine, et non uniquement au niveau des portes des armoires, comme c'est le cas actuellement.

L'EXAFLOPS À L'HORIZON

Une troisième solution consisterait à développer des puces avec un nombre suffisant de coeurs pour atteindre le téraflops (1012 opérations à la seconde). Il suffirait ensuite d'associer 1 000 de ces puces pour toucher le petaflops. Intel a fait un prototype, baptisé Polaris, comprenant 80 coeurs et qui ne consomme que 62 watts. « Cette technologie ne sera pas prête pour 2010, mais un produit devrait sortir d'ici à cinq ans », précise Philippe Thierry, ingénieur d'application chez Intel France. Enfin, une dernière option, proposée par un laboratoire de l'université américaine de Berkeley (Californie) vise à associer quelque 20 millions de coeurs à très basse consommation, comme ceux utilisés dans les équipements portables, pour délivrer une puissance de calcul de 200 petaflops. Un véritable défi technologique ! Et qui nécessitera aussi un nouveau type de programmation, plus massivement parallèle.

Mais les spécialistes voient déjà plus loin. « Nous visons l'exaflops (1018 opérations à la seconde) à l'horizon 2017-2020 », prévient Christophe Béhar, le responsable de la direction des applications militaires du CEA. Cette puissance permettrait de manipuler le génome humain. Le zetaflops (1021) est attendu pour 2029. Les ordinateurs pourraient alors nous fournir des prévisions météorologiques vraiment fiables. .

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle