Quotidien des Usines

La Cotonnière d'Alsace en liquidation

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La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Colmar a prononcé jeudi la liquidation judiciaire de la Cotonnière d'Alsace et de sa filiale, la Manufacture d'impression de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin). La Cotonnière, entreprise colmarienne familiale de création et de vente de textile d'ameublement et de maison (notamment sous la marque Paule Marrot), était en redressement judiciaire depuis avril 2001. La Manufacture, qui dépendait à 80 % de sa maison-mère, l'était depuis décembre.
Le tribunal a jugé " inacceptable " et " peu sérieuse " l'offre déposée par Alain Thirion, seul candidat à la reprise des deux entreprises. A la tête d'un groupe diversifié d'une quarantaine de sociétés pesant quelque 305 millions d'euros de chiffre d'affaires, celui-ci proposait de racheter l'intégralité des actifs, bâtiments, machines, marques et archives pour 1 euro. " Rien que le matériel présent sur la manufacture de Sainte-Marie a été inventorié à 5,64 millions d'euros ", précise Karine Fæssel, présidente de la chambre commerciale.
Les créances de la société qui perdait de l'argent chaque jour se monteraient, elles, à 10 millions d'euros selon les syndicats alors que le chiffre d'affaires était descendu autour des 30 millions. Le prix d'1 euro proposé par l'industriel vosgien pour le stock de plus de deux mois a été également jugé dérisoire au regard d'une valeur estimée à 610 000 euros dans l'hypothèse de sa vente à un soldeur. Enfin, Alain Thirion prévoyait de conserver 73 des 80 employés de la Cotonnière, mais seulement 40 des 88 emplois industriels de Sainte-Marie où l'ensemble des activités aurait été regroupé. " Comment faire tourner la Manufacture avec 40 personnes ? " s'est interrogé le tribunal qui n'a pas cru à la pérennité de l'entreprise. " Le groupe était surtout intéressé par le matériel dans la mesure où c'est une des seules usines qui fasse de l'impression en grande largeur ", estime Karine Fæssel. Sauf miracle de dernière minute, c'est un des derniers fleurons de l'ennoblissement alsacien qui est condamné à disparaître. Gilbert REILHAC

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