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L'Usine de l'Energie

La Côte d'Azur redouble d'économies d'énergie

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Face aux risques de coupure électrique, les industriels des Alpes-Maritimes investissent dans la maîtrise de leur consommation.

La Côte d'Azur redouble d'économies d'énergie © JdelPhoto - flickr - c.c

L’hiver, la Côte d’Azur ne produit que 10 % de sa demande électrique. Ses industriels vivent sous la menace récurrente d’un black-out. Ils l’ont déjà subi le 3 novembre 2008, puis en décembre 2009, et l’ont frôlé le 6 février 2012, après une alerte rouge de RTE, la filiale d’EDF chargée du réseau de transport de l’électricité. Nombre d’entre eux ont pris les devants, principalement dans l’agglomération niçoise où se déploie l’opération d’aménagement d’intérêt national Éco-vallée.

Labellisé investissement d’avenir, le projet Nice Grid associe 10 partenaires, EDF, ERDF, Alstom, Saft, Armines, RTE, NetSeenergy, Daikin, Socomec et NKE Electronics. Trente millions d’euros sont injectés dans ce réseau intelligent combinant production d’énergie photovoltaïque, batteries de stockage, boîtiers et équipements communicants pour gérer au mieux les consommations. Début décembre, 80 % des matériels du démonstrateur étaient installés sur la commune de Carros. Parmi eux, 2 500 compteurs communicants Linky, un transformateur solaire et la première batterie résidentielle de Saft (sur 20 à terme), apte à stocker l’électricité produite le jour pour la restituer le soir. En avant-première nationale, ERDF teste sur la zone industrielle un système de stockage sur le réseau de distribution basse tension avec la possibilité de déconnecter temporairement un quartier du réseau principal pour l’alimenter avec du photovoltaïque et une batterie. De son côté, EDF a signé une convention avec le torréfacteur Malongo, premier industriel à accepter de décaler ou à effacer près de 60 % de sa puissance souscrite en période de pic de demande. Arkopharma, Augier, Elis, Paindor, Synergie Cad et Virbac ont suivi. Ce dernier a mis en œuvre son plan d’économie d’énergie conclu avec EDF, en 2014.

Un autre investissement d’avenir, baptisé Réflexe, réunit Veolia Environnement, Dalkia, Alstom, Sagemcom, l’Institut national de l’énergie solaire (Ines) et Supélec. D’un montant de 8,7 millions d’euros sur trois ans et demi, il expérimente un modèle d’agrégateur de systèmes de production – stockage – consommation pour optimiser en temps réel la gestion de l’offre et de la demande entre une vingtaine de sites tertiaires et industriels de la métropole Nice Côte d’Azur et de la technopole Sophia Antipolis.

Terrain d’expérimentations

"Accroître la flexibilité en exploitant une ressource disponible comme, par exemple, le stockage naturel qu’est l’inertie des bâtiments, pour décaler dans le temps un besoin de consommation, peut sécuriser l’approvisionnement énergétique. Réflexe vise à qualifier et à quantifier ce potentiel de flexibilité au service de la collectivité et son acceptabilité dans les périodes de pointe", indique Yves Bertone, chargé de mission smart grids chez Veolia Environnement.

Le pôle de compétitivité Capenergies accompagne de nombreux projets R&D de start-up et de PME : l’offre smart grid personnalisée de GridPocket, à Sophia Antipolis ; les systèmes de stockage d’énergie thermique et de régulation de Cristopia Energy Systems, à Vence ; les solutions de pilotage de centrales solaires, hydroélectriques et éoliennes et de gestion technique et énergétique des bâtiments de WIT, à Saint-Laurent-du-Var. "À cause de la crise, les entreprises envisagent l’énergie comme une source potentielle d’économies. Elles boostent les sociétés, leur garantissant un retour sur investissement", se réjouit Franck Yvet, chargé de missions marketing chez WIT. La société a donc ouvert en 2014 sa plate-forme WIT-DataCenter pour imaginer et construire avec ses partenaires (intégrateurs, éditeurs…) des applications capables d’améliorer les performances énergétiques des bâtiments gérés par ses solutions.

GreenPriz, à La Colle-sur-Loup, a développé, avec le bureau d’études Symes, une gamme de boîtiers et de prises électriques intelligentes pour suivre, optimiser et réduire jusqu’à 43 % les consommations. Ragni, à Cagnes-sur-Mer, a conçu une gamme d’éclairages solaires s’adaptant à la présence humaine et à l’intensité lumineuse. Augier, à Carros, a mis au point l’Augier-Box qui commande, surveille et contrôle 24 heures sur 24 un réseau d’éclairage. Quant à Qualisteo, à Nice, sa solution de comptage de l’énergie électrique Wattseeker a conquis GDF Suez, Veolia, EDF, Schneider Electric, Bosch, Leader Price et la SNCF. "L’Eco-vallée est un bon terrain d’expérimentations. Mais la région manque de grandes entreprises aptes à accélérer leur mise en œuvre", remarque Christophe Robillard, son PDG.

Investissement dans l’éco-conception

Schneider Electric montre néanmoins l’exemple à Carros grâce à son bâtiment Horizon où travaillent 800 personnes. Sous l’impulsion de son ex-directeur, Christophe Bourgue, désormais reconverti sur la Côte d’Azur dans le conseil sur les villes intelligentes et connectées, l’établissement a réussi à produire autant d’énergie qu’il en consomme. Ce showroom d’innovations bénéficie de solutions de PME locales, comme Advansolar, avec des ombrières photovoltaïques doublées de stations de recharge de véhicules électriques, ou Anemoos, avec Pulls’Air, sa turbine de récupération d’air pulsé.

À Sophia Antipolis, le Centre d’animation régional en matériaux avancés (Carma), via son EcoDesign Center, s’évertue à convaincre les entreprises d’investir dans l’éco-conception. Directeur de Dalkia Méditerranée, Serge Burtin prépare déjà les étapes futures : "Les réseaux intelligents ne doivent pas s’en tenir qu’à l’électricité, dit-il. Notre objectif est d’étendre la vision aux autres fluides énergétiques."

Enfin, à Cannes, le bilan du projet Grid-Teams démontre que l’usager veut bien se montrer plus éco-responsable sous réserve de contrepartie. Le projet étudiait "les leviers pertinents pour impulser et pérenniser les changements de comportements". Les occupants de trente foyers volontaires pour une expérimentation de réduction de leur consommation étaient récompensés de leurs efforts par une monnaie virtuelle, les EcoTroks, échangeables contre des tickets de transport, des places de spectacles, des kits économiseurs d’eau. En jouant le jeu, ils ont amélioré leur efficacité énergétique de 10 à 15 %. À l’origine de cette idée, la start-up GridPocket qui s’attache désormais à la généraliser en partenariat avec EDF et songe à la déployer dans une demi-douzaine de pays européens.

De notre correspondant, Jean-Christophe Barla

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