La cosmétique bio vent debout contre une norme "trompeuse pour les consommateurs"

Une nouvelle norme ISO va entrer en vigueur fin 2017. "Suite à sa publication, des produits contenant des ingrédients chimiques et polluants pourront légalement se revendiquer bio", alerte l'association Cosmébio. 

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La cosmétique bio vent debout contre une norme

ISO 16 1280 : trois lettres et cinq chiffres suffisent à déclencher l’ire des professionnels de la cosmétique bio. L’association Cosmébio, réunissant 350 adhérents et 450 marques, en tête. "Il existe un risque avéré de greenwashing que cette nouvelle norme va légaliser", a fulminé Romain Ruth, président de Cosmébio, label de référence de la cosmétique bio et naturelle en France. "Des allégations 'naturel' et 'bio' pourront être légalement apposées sur des cosmétiques à haute concentration d’ingrédients synthétiques".

L’organisation internationale de normalisation, réunissant 165 pays, vient en effet d’adopter un texte d’harmonisation tendant à définir les ingrédients "naturels" et les ingrédients "biologiques". Cette norme 16 128, qui doit entrer en vigueur à la fin de l’année 2017, est censée permettre aux industriels du secteur de "parler le même langage" pour définir l’origine des produits qu’ils utilisent.

Pas de pourcentage minimal de bio dans le produit fini

Mais ce qui apparaît comme une bonne nouvelle pour les uns, la Fédération des entreprises de la beauté (Febea) notamment, est un désastre pour les autres. "Contrairement aux référentiels de certification privés, la norme ISO 16 128 n’impose pas de pourcentage minimal de bio dans le produit fini. Elle tolère également la présence de composants controversés dans les formulations, comme le phénoxyéthanol, les parabènes, les silicones ou les dérivés d’animaux morts", s’indigne Cosmébio. "Il n’existe pas de liste noire très claire des produits qui doivent être exclus de la composition", regrette Romain Ruth. Concrètement, la crainte de Cosmébio est que les industriels de la cosmétique dit "conventionnelle" usent - et abusent - de cette norme ISO en affichant sur leur produit "95% d’ingrédients naturels" alors même qu’il renfermera ces ingrédients particulièrement controversés.

Ce sont ces désaccords profonds qui ont poussé Cosmébio à quitter le groupe de travail de la délégation française Afnor en janvier 2017. Un groupe de travail qu’il avait pourtant rejoint moyennant une "cotisation importante", pour tenter de peser sur les critères de définition de cette norme ainsi que sur le vote final des 28 délégations nationales. "Et les industriels de la cosmétique traditionnelle étaient surreprésentés dans ces délégations. Nous n’avions pas le poids suffisant", a regretté Romain Ruth.

La cosmétique traditionnelle surreprésentée

Quant au "consensus" entre les parties évoqué par la Febea dans un communiqué, "c’est faux, nous nous sommes toujours opposés", réagit Cosmébio. "Mais au bout d’un moment, cela devient un vote, et la cosmétique traditionnelle était davantage représentée". La délégation allemande - au sein de laquelle la cosmétique bio était bien représentée - a d’ailleurs voté contre cette norme ISO.

Pour le consommateur soucieux de consommer des produits d’origine biologique, il n’en reste pas moins qu’ils pourront continuer de se référer aux différents labels. "Cette norme n’a pas pour objectif de se prononcer sur les revendications des produits, ni d’être un label. De fait, elle n’a pas vocation à préciser les conditions dans lesquelles un produit peut être qualifié de naturel ou de biologique, ni même si des ingrédients seront autorisés ou interdits dans un produit naturel ou biologique", prend la peine de préciser la Febea. De son côté, Cosmébio publie un guide pratique à l’usage des consommateurs pour reconnaître un vrai produit cosmétique bio.

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