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"La Corée s’intéresse à nos savoir-faire dans le numérique"

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Enquête Pour Fleur Pellerin, la ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique, les échanges avec le pays du Matin clair sont insuffisants.

La Corée s’intéresse à nos savoir-faire dans le numérique

C’est un accueil de star qui lui a été réservé. Lors de son déplacement en Corée du Sud en mars, Fleur Pellerin a été reçue avec les plus hauts égards. La ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique a fait forte impression au sein de la communauté des entrepreneurs français présents dans le pays. Ses origines coréennes expliquent en partie cet enthousiasme de la part des autorités. Et son tropisme pour les nouvelles technologies et l’économie numérique entre en résonance avec les ambitions industrielles de l’ultra-technophile pays du Matin clair. Fleur Pellerin souhaite d’ailleurs y faire mieux connaître les savoir-faire français en la matière.

Quel bilan tirez-vous de votre visite en Corée du Sud ?

J’avais rencontré, en décembre à Davos, l’envoyé spécial de la nouvelle présidente, Park Geun-Hye, qui avait beaucoup insisté pour que je me rende en Corée. Il considérait que le potentiel économique bilatéral entre nos deux pays n’était pas assez exploité et qu’il fallait se fixer des objectifs ambitieux en matière d’augmentation du commerce bilatéral. Il y a, par exemple, plus d’entreprises coréennes présentes en Allemagne qu’en France, alors que rien ne le justifie ! Je me suis donc rendue en Corée avec une délégation d’une trentaine d’entreprises sélectionnées par Ubifrance, dans les nouvelles technologies, l’économie numérique et l’énergie nucléaire. Plus de la moitié de ces entreprises, surtout des start-up, sont déjà en contact avancé avec de probables partenaires coréens.

Comment développer ce potentiel trop peu exploité ?

Beaucoup d’actions restent à mener pour améliorer la connaissance réciproque de nos marchés. J’ai rencontré de nombreuses entreprises coréennes qui avaient envie de se développer en France, car c’est un marché important, au cœur de l’Europe, avec d’excellentes infrastructures et qui représente une porte sur l’Afrique. Mais nous avons réalisé que nous étions un marché relativement peu connu en termes d’opportunités d’investissements. Pour vous citer un exemple concret d’action, nous avons organisé, à la mi-juin, une rencontre à Paris entre les équipes de R & D de Samsung et une dizaine de start-up françaises dans l’objectif de favoriser des acquisitions, des partenariats ou des projets collaboratifs. Un speed dating entre Samsung et quelques belles entreprises françaises du numérique en somme !

La volonté de la Corée d’améliorer le niveau de son innovation peut-elle créer des opportunités pour les PME françaises ?

Oui, absolument. Le précédent président a d’ailleurs mis en place un ministère de l’Économie de la connaissance [Ministry of knowledge economy (MKE), ndlr]. Les Coréens sont très attentifs à ce que des économies comme la France peuvent avoir de potentiel de créativité. Ils sont, par exemple, intéressés par toutes nos compétences en matière de jeux vidéo, d’images, de multimédia, de réalité virtuelle, de 3 D… Il y a dans ce pays un fort appétit du public pour l’innovation technologique. C’est pour cette raison que de nombreuses start-up françaises s’intéressent à ce marché. Ils ont aussi pris conscience que le succès d’une entreprise comme Apple repose pour beaucoup sur le marketing, le design et la réflexion sur l’expérience de l’utilisateur.

L’image persistante de la France comme pays de l’art de vivre et du luxe n’est-elle pas un obstacle ?

Il ne faut pas négliger cet aspect, regardez les taux de croissance dans le luxe et l’agroalimentaire, ils sont importants ! Mais il est vrai que l’excellence française en matière de mathématiques n’arrive pas en tête de liste dans des pays comme la Corée. Nous avons de nombreux ingénieurs reconnus qui travaillent dans la Silicon Valley dans les plus grandes sociétés américaines. Nous devons renforcer notre image dans l’économie numérique et les nouvelles technologies. Il y a aussi beaucoup de clichés autour de la rigidité du marché du travail en France et sur la complexité des procédures administratives, qui sont plus ou moins justifiés. C’est une image véhiculée par la presse anglo-saxonne qu’il convient de rectifier.

Ne trouvez-vous pas que les relations économiques avec la Chine ont éclipsé les autres pays de la zone Asie ?

Les relations avec la Corée et le Japon ont été un peu négligées au cours de la décennie écoulée. Il y a eu peu d’actions concrètes pour renforcer les liens avec ces pays. Nous procédons justement à un rééquilibrage, comme en témoigne la visite d’État de François Hollande au Japon début juin. J’ai parlé avec les ambassadeurs de Corée et du Japon en France, ils regrettent le manque d’actes de coopération ces dernières années. Environ 250 entreprises françaises sont installées en Corée, et seulement une trentaine de groupes coréens sont présents en France. Les sièges européens des entreprises coréennes sont souvent implantés en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Nous aurions tout intérêt à attirer ces entreprises en France.

Comment comptez-vous soutenir les entrepreneurs français à l’étranger ?

Nous allons créer des maisons digitales dans les zones à forte croissance, dans le cadre d’un beau projet porté par Nicole Bricq [la ministre du Commerce extérieur, ndlr]. L’idée est d’aider les PME qui s’installent en les mettant en relation avec les entrepreneurs déjà présents sur place pour leur ouvrir des portes auprès de partenaires financiers et industriels. Nous allons le faire en Californie dans la Silicon Valley, et aussi en Asie, probablement en Chine, à Hongkong ou à Shanghai. Lors de la prochaine conférence annuelle des ambassadeurs, qui aura lieu à la fin du mois d’août, nous inviterons une centaine de dirigeants d’entreprises françaises installés à l’étranger. Nous souhaitons recueillir leurs avis et leurs suggestions, et instaurer avec eux un dialogue régulier, car ils constituent des relais précieux pour accroître et promouvoir l’attractivité de la France.

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