Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

LA CORéE DU SUD PROLONGE LES NéGOCIATIONS DES OFFRES DE GEC ALSTHOM ET DE SIEMENS

Publié le

La Corée du Sud a choisi Gec Alsthom pour relier Séoul à Pusan par TGV. Au grand dam de Siemens qui espère maintenant revenir dans la course. L'enjeu? Un contrat de 14 milliards.

Fin d'année difficile pour GEC Alsthom et ses sous-traitants. Le contrat du siècle - celui du TGV coréen - risque-t-il de leur échapper? En maintenant en lice l'offre de Siemens, la Corée du Sud met la pression sur le nouveau round de négociations qui a débuté cette semaine. Objectif: obtenir de meilleures conditions de prix et de transfert de technologie. Mais jusqu'où le constructeur franco-britannique peut-il se permettre de céder du terrain? Le 20 août dernier, c'était l'euphorie. La Korea High-Speed Rail Construction Authority (KHRCA) choisissait le consortium conduit par GEC Alsthom pour engager la négociation finale du contrat de réalisation de la liaison à grande vitesse Séoul-Pusan. Ce contrat de plus de 2,3 milliards de dollars (près de 14milliards de francs) devait être signé d'ici à la fin de l'année. Fin décembre, c'est la déconvenue. Les négociations sont loin d'être bouclées. La Corée du Sud deman-de une prolongation jusqu'au 31 mars de l'offre de GEC Alsthom, mais aussi de celle de Siemens. Marquant sa volonté de garder deux fers au feu. Tout espoir, certes, n'est pas perdu pour les Français. Les dirigeants de GEC Alsthom s'efforcent de dédramatiser la situation. "Nous restons les seuls avec qui les Coréens négocient", souligne Pierre Bilger, président du groupe. Une information confirmée à Séoul par la KHRCA. Rien d'étonnant dans le retard des négociations: la KHRCA a été immobilisée pendant deux mois par un audit dans le cadre de la lutte contre la corruption. Rien de bien surprenant non plus dans le maintien de l'offre Siemens. Tout en retenant GEC Alsthom comme opérateur prioritaire, les Coréens s'étaient gardé la possibilité de conclure avec un autre. Plus inquiétant, en revanche: Siemens, qui n'a jamais admis son échec, fait le forcing pour rester dans la course. En dehors de toute négociation, le constructeur allemand a révisé son offre de juillet et proposé un prix de 2,115 milliards de dollars. Un argument que le gouvernement sud-coréen est décidé à exploiter au maximum pour obtenir de nouvelles concessions de GECAlsthom. Après deux ans de marchandage, où les candidats ont dû revoir à plusieurs reprises leur copie, le débat continue de se polariser sur le prix. GEC Alsthom, qui avait pris un avantage décisif en proposant 2,3milliards de dollars, peut-il consentir un effort supplémentaire? "Une baisse de prix ne veut pas dire grand- chose, argumente Pierre Bilger. C'est un accord global. Nous vendons un projet complexe; tout dépend des prestations que l'on met dedans." Autre pierre d'achoppement des négociations: contenu local et transfert de technologie. GEC Alsthom s'est engagé à faire réaliser sur place une bonne moitié des équipements, mais avec une montée en puissance progressive. Et à transférer aux industriels coréens 100% de sa technologie... dans dix ans. Selon les Coréens, l'offre de Siemens serait plus avantageuse.

Transferer plus de technologie ?

Là aussi tout dépend de ce que l'on inclut dans le transfert: technologies actuelles ou développements futurs. Et des compensations annexes que l'on peut prévoir. C'est ainsi que, en octobre 1992, GEC Alsthom a incité sa filiale Chantiers de l'Atlantique à céder sa technologie en matière de méthaniers au chantier coréen Hanjin. GEC Alsthom peut-il faire plus vis-à-vis d'industriels qui deviendront ses concurrents? "Nous sommes décidés à ne conclure qu'à des conditions raisonnables", insiste Pierre Bilger. Position définitive ou argument de négociation? Pour GEC Alsthom, le contrat sud-coréen est stratégique. Il lui permettrait de conforter ses positions internationales, compromises par les difficultés de financement du projet texan. Et d'améliorer le plan de charge de ses usines, où... 660emplois sont menacés dans la branche transports. Le TGV coréen devrait assurer, de 1995 à 1998, l'emploi de 700 personnes chez GEC Alsthom et de 300 chez ses partenaires, Cegelec (caténaires) et CSEE Transport (contrôle de vitesse). Même si la part coréenne grandit, les sous-traitants français devraient aussi bénéficier de cette manne. De Dietrich (remorques), Faiveley (portes et climatisation), Compin (sièges), Valdunes (essieux), Wabco (freins) ont les yeux fixés sur Séoul.





GEC Alsthom

Technologie: celle du TGV, qui a douze ans d'expérience.

Vitesse: 300 km/h.

Prix: un peu plus de 2,3milliards de dollars

Financement: des crédits qui couvrent la totalité du coût du matériel roulant (la partie coréenne comme la partie française). Garantie Coface.

Contenu local: fabrication sur place de la moitié du programme.

Transfert de technologie: à 100% au bout de dix ans.



Siemens

Technologie: celle de l'ICE, plus moderne (moteurs asynchrones), mais moins éprouvée. Vitesse: 250km/h.

Prix: légèrement supérieur dans l'offre de juillet dernier. Mais il vient d'être ramené à 2,115milliards de dollars.

Financement:alignement de la procédure de garantie Hermes sur celle Coface.

Transfert de technologie: Siemens aurait fait une meilleure proposition, avec un rythme plus rapide.



Douze ans de réflexion

1982: première étude d'une liaison à grande vitesse Séoul-Pusan.

1989: relance du projet par le président Rho Tae-woo.

Août 1991: appel d'offres auprès de GEC Alsthom, de Mitsubishi, de Siemens.

Janvier 1992: remise des offres.

1992-1993: les autorités coréennes font refaire cinq fois les offres.

Juin 1993: Mitsubishi éliminé.

Juillet 1993: dernièrez offres de GEC Alsthom et de Siemens.

20 août 1993: la Corée choisit GEC Alsthom pour la négociation finale.

Décembre 1993: GEC et Siemens invités à proroger leurs offres.

USINE NOUVELLE - N°2438 -

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle