La contrefaçon s’expose à Paris

Frédéric Parisot

Publié le

Les objets contrefaits envahissent nos voitures, nos ordinateurs, nos assiettes, nos médicaments. Pour le prouver, l’exposition "Contrefaçon, sans façon !" livre quelques exemples de ce que ces “industriels de la copie sans vergogne” sont capables de réaliser. Une exposition itinérante qui se tient à Paris du 29 janvier au 8 mars 2013.

La contrefaçon s’expose à Paris © D.R.

Pendant cinq ans, elle a été transportée aux quatre coins du globe afin de sensibiliser les populations des pays émergents. Aujourd’hui, l’exposition "Contrefaçon, sans façon !" est de retour à Paris. Elle a pris place dans les locaux de la CCI France (46-48 avenue de la Grande Armée) dans le cadre du programme "2013 année de l’industrie dans les CCI", et sera ouverte au public du 29 janvier au 8 mars.

L’exposition est divisée en trois espaces thématiques : automobile, informatique et horlogerie. Dans la partie Automobile, les visiteurs pourront constater que la contrefaçon s’invite partout, du simple filtre à huile au panneau de carrosserie complet (capots, ailes), en passant par des rétroviseurs, des phares ou des plaquettes de frein. "Tous ces produits ont été vendus dans des emballages Renault eux-aussi contrefaits, avertit Michel Laurent, chargé de mission lutte anti-contrefaçon chez Renault. Nous livrons une bataille acharnée contre les contrevenants, mais nous sommes confrontés à des contrefacteurs qui sont des experts en droit : du coup chaque action en justice dure au minimum dix ans. Il arrive de dépenser 50 000 euros de frais de justice pour 1000 euros de produits contrefaits."

Impossible à éliminer

Pour André Marcon, Président de la CCI France, la contrefaçon est un véritable "cancer qui ronge notre économie et grève notre compétitivité". Déjà difficile à détecter pour le consommateur moyen, elle est quasiment impossible à empêcher pour les industriels qui voient leurs produits copiés. Cette exposition se veut donc pédagogique, "afin de sensibiliser sur le fait que tout le monde peut être un contrefacteur potentiel, comme l’explique Yves Lapierre, Président de l’Institut National de la Propriété Intellectuelle (INPI). Il ne s’agit pas de stigmatiser, mais de montrer l’importance de préserver les marques car c’est ce qui crée de la richesse".

Des outils de lutte sont déjà en place. L’INPI, les services de douanes ainsi que l’Union des fabricants pour la protection internationale de la propriété intellectuelle (Unifab) multiplient les actions. "Toujours plus d’agents sont formés, et des outils de centralisation et d’échanges de données sont mis en place, a précisé la directrice générale de l’Unifab Christine Lai lors de l’inauguration de l’exposition. A titre indicatif, 9 millions de produits contrefaits ont été saisis en France en 2011 (hors tabac) contre 6,2 millions en 2010."

Frédéric Parisot

"Faire de la propriété intellectuelle un élément de stratégie dans les PME"
Yves Lapierre, directeur général de l’INPI

Pouvez-vous nous décrire le rôle de l’Institut National de la Propriété Intellectuelle ?
L’INPI a une mission de délivrance et de gestion des titres de propriété intellectuelle. L’institut est soumis à une obligation de neutralité, donc en aucun cas nous n’intervenons en faveur de l’une ou l’autre des parties en cas de conflit. En revanche, nous travaillons à former et sensibiliser les entrepreneurs sur les problématiques de propriété intellectuelle.

Ces actions sont-elles dirigées en faveur des PME ?
Aujourd’hui les PME sont clairement notre cible. Nous les accompagnons pour qu’elles intègrent la propriété intellectuelle dans leur stratégie. Des actions sont menées avec Oséo ou encore la Banque Publique d’Investissement pour les aider à développer leurs portefeuilles de brevets. Avec Oséo nous avons par exemple l’offre de Prestation Technologique Réseau (PTR) qui permet aux entreprises qui déposent leur premier brevet de bénéficier d’une aide d’Oséo. Cette offre existe depuis longtemps mais nous réfléchissons actuellement à élargir cela aux brevets déposés à l’étranger.

Quels sont les freins auxquels sont confrontés les patrons de PME ?
Outre la question de l’ignorance (certains patrons n’ont aucune idée de la manière de gérer des brevets), c’est avant tout une question de complexité technique. Le code de la propriété intellectuelle est tellement complexe que nous recommandons vivement le recours à des cabinets de conseil ou d’avocats spécialisés dans le secteur d’activité de l’entreprise. Vient ensuite la question du temps : une procédure en justice dure de nombreuses années, et l’entreprise doit avoir les reins solides pour survivre jusqu’à l’issue du procès. Pour finir, il faut évoquer aussi le problème du coût des brevets et de tous les coûts annexes, car souvent l’industriel devra engager un conseiller en propriété intellectuelle dans chaque pays visé.

 

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