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La continuité numérique démontrée par un collectif de six industriels à Smart Industries

Manuel Moragues

Publié le

Festo, IFM Electronic, Phoenix Contact, Sew-Usocome, Sick et SAP ont interconnecté leurs stands sur le salon Smart Industries, du 6 au 9 décembre, pour construire une chaîne numérique complète, de la prise de commande à son exécution. Une démarche de "coopétition" qui s’annonce comme un ingrédient clé de l’industrie du futur.

La continuité numérique démontrée par un collectif de six industriels à Smart Industries
Sur le stand Festo, la maquette de robot, interconnectée avec les 5 autres stands du collectif, se pilote d'un smartphone grâce au protocole OPC UA
© Manuel Moragues

L’interopérabilité est l’un des défis majeurs de l’industrie du futur. Qui peut être relevé. Un collectif de six industriels, "Collectif pour la continuité numérique", l’a démontré lors du salon Smart Industries, qui s’est tenu conjointement au Midest, du 6 au 9 décembre à Paris Nord Villepinte. Leurs six stands, interconnectés, ont simulé une chaîne digitale complète, de la prise de commande à son exécution via une production distribuée sur les stands.

"Autant que je sache, cette démonstration est une première, s’est félicité Raphaël Masquelier, directeur Marketing de Festo, membre du collectif. Nous montrons qu’il est possible d’être intéropérables et qu’un industriel peut construire une usine 4.0 à partir d’équipements de différents fabricants." De quoi faire comprendre aux industriels qu’ils ne sont pas obligés de s’équiper 100% Siemens ou Schneider pour que leurs équipements se parlent.

La démarche, originale, est portée par SAP  – avec le consultant Movilitas – et cinq entreprises allemandes de taille intermédiaire : Festo, IFM Electronic, Phoenix Contact, Sew-Usocome et Sick. Dans leur démonstration, le visiteur est la commande. Le parcours démarre sur le stand de SAP : une étiquette RFID est donnée au visiteur, qui s’identifie via un lecteur RFID : c’est la réception de la commande. "Toute la chaîne est au service de la commande client qui est entrée dans SAP, qui la valide et donner l’ordre de production", explique Arnaud Dorlhac, responsable Manufacturing pour SAP France.

Informations terrain poussées dans SAP

De stand en stand, le visiteur suit le process de production en s’identifiant à chaque fois par son étiquette RFID. Chez IFM Electronic, spécialiste des capteurs et de la vision, l’étape de fabrication est simulée par une maquette de cuves et de mélangeurs. L’occasion de montrer le nouveau logiciel développé par IFM : une solution qui collecte les données de vibration – et de tout autre type – des machines, les stocke et en donne une visualisation, avec des alertes en cas de dépassement de seuil.

Les données sont remontées de capteurs sur le stand mais pas uniquement : "Nous allons aussi chercher des informations sur les autres stands et nous les poussons, via la solution Plant Connectivity de SAP, dans le module MES [Manufacturing Execution System, ndlr] de SAP", explique Jean-Rémi Fromentin, président d’IFM France. Chacun faisant de même, toutes les informations sur le statut du produit et l’état des équipements de production sont centralisées chez SAP et accessibles sur chaque stand.

Pour se parler, les 6 stands utilisent un langage commun, l’OPC UA (OPC Unified Architecture), un protocole de communication entre machines orienté vers les services. Construit pour  l’interopérabilité, ce protocole, sur lequel mise le gouvernement allemand, est un sérieux prétendant au standard de communication de l’usine du futur. L’OPC UA peut en outre être utilisé sur toutes sortes de terminaux. Festo en fait la preuve sur son stand : Raphaël Masquelier y pilote avec son smartphone la maquette de robot intégrée au collectif.

Protocole OPC UA et tour de Babel

Point d’obligation, cependant, d’utiliser l’OPC UA. Toujours dans l’idée de montrer aux industriels que passer au 4.0 peut se faire par étapes, sans avoir à changer tous leurs systèmes d’automatisation, le collectif a voulu montrer qu’il était possible d’utiliser plusieurs langages. "L’OPC UA nous sert de traducteur universel, mais certains stands communiquent directement entre eux par des langages plus spécialisés, associés par exemple à de vieux équipements. Nous sommes capables de gérer cette tour de Babel des protocoles", avance Arnaud Dorlhac, de SAP.

La démarche, originale, est une réussite. "Tout s’est bien passé", apprécie Thierry Lecoeur, en charge du marketing chez Phoenix Contact et pilote du projet. "Ce n’était pas évident, nous sommes quand mêmes concurrents, relève-t-il, mais nous sommes passés de la compétition à la coopétition." Une logique caractéristique du numérique et de son appétit pour les écosystèmes. Qui se retrouve aujourd’hui, avec l’industrie du futur, dans le monde de la production.

 

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