La consommation française de ciment a encore reculé en 2015

La consommation française de ciment a accusé une nouvelle baisse en 2015, et est revenue à son niveau de 1964. Les professionnels espèrent néanmoins entrevoir le bout du tunnel avec la reprise des mises en chantier depuis le début de l’année.

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En 2015, la consommation française de ciment a reculé pour la quatrième année consécutive (voir graphique), à 17,2 millions de tonnes (-5,3% par rapport à 2014). "Le niveau de consommation de 2015 est revenu au niveau de consommation de 1964 (18 Mt). Pour une industrie lourde, avec des effectifs qui ne sont pas flexibles, on ne peut pas rester longtemps à ce niveau d’activité", s’alarme le président du Syndicat français de l’industrie cimentière (Sfic), Raoul de Parisot. La production a quant à elle perdu 4,9%, à 15,6 Mt.

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La filière, qui a connu ces dernières années un mouvement de concentration avec la fusion de Lafarge et d’Holcim ainsi que des ventes d’actifs d’Holcim à CRH – devenu Eqiom – représente 40 sites industriels, pour un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’euros. Elle inclut 2000 emplois directs.

Travaux publics : la Bérézina

Environ un tiers de la production cimentière française est adressée au secteur du logement, un tiers est réparti entre le non-résidentiel et l’entretien-rénovation, et le dernier tiers revient aux travaux publics. 351 800 logements ont été mis en chantier en 2015 (+0,3% sur un an), contre 500 000 en 2007. Le logement individuel accuse une chute de 4,1%, tandis que le collectif a progressé de 4,8%. Les mises en chantier non-résidentielles ont quant à elles perdu 8,4%. Le décrochage le plus fort concerne les travaux publics, avec une chute de 9,7% du montant des marchés conclus, lequel est revenu à son niveau de 2001. La baisse des dotations aux collectivités pénalise la commande publique, estime Raoul de Parisot.

Vers une stabilisation de la consommation

Malgré ce sombre tableau, les cimentiers veulent garder confiance en l’avenir. "Depuis quelques mois, on voit des signes encourageants sur l’activité du bâtiment. On commence à voir la reprise des mises en chantier. Cela commence à se traduire depuis deux à trois mois dans les livraisons de ciment, même si la tendance reste négative sur un an", explique le directeur du département économie et statistiques du Sfic, Arnaud Périgord. A fin février, sur les douze derniers mois, les mises en chantier ont progressé de 2,5%.

Le dispositif Prêt à taux zéro et la douceur des mois d’hiver ont aidé, ces dernières semaines, le secteur de la construction. Cette année, la consommation française de ciment devrait se stabiliser, aux alentours de 17,2 Mt comme en 2015. "Les signes sont trop ténus, pour le moment, pour aller vers une reprise franche de notre activité", tempère néanmoins Raoul de Parisot.

Franck Stassi

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