La consommation des ménages en berne

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Après un premier trimestre moyen, les dépenses des ménages français en produits manufacturés baissent encore de 1,2 % au mois d'avril selon l'Insee. Pour l’économiste Alexander Law, les Français se serrent la ceinture, donnant la priorité à l’épargne, alors que l’inflation grignote leur pouvoir d’achat.

La consommation des ménages en berne
L'économiste Alexander Law, malgré son sourire sur cette photo, ne voit pas le proche avenir d'un oeil optimiste...

La consommation ne devrait pas sauver la France, à moins d’un miracle pendant les mois à venir. Tel semble être l’enseignement de l'analyse menée par le groupe Xerfi en réaction aux chiffres publiés par l'Insee ce mercredi sur la consommation des ménages.

En avril, la baisse de la consommation de produits manufacturés imputable aux ménages a régressé de 1,2 % par rapport à mars. Ce mois-là, une petite lueur d’espoir, incarnée par une progression de 1,2 % (toujours par rapport au mois antérieur) avait feint d’enterrer l’hiver économique après deux mois de tassement en janvier et février : respectivement – 1,2 % et – 2,5 %. Le second trimestre risque d’être aussi morose que le premier.

"La cause principale de ce déclin de la consommation est la fin de la prime à la casse pour les voitures"

Alexander Law



LE TROMPE L’ŒIL DE LA PRIME A LA CASSE
 

Pour l'économiste Alexander Law la raison de déclin est à chercher dans «la chute des achats d’automobiles», laquelle a été de – 9,5 % en avril. «La suppression de la prime à la casse en est la principale responsable, analyse l’économiste, mais cette perfusion ne pouvait pas durer éternellement.» Autrement dit, l’argent affecté pendant les derniers mois de 2009 à l’acquisition de voitures a créé un goulot d’étranglement dans le budget des ménages, lesquels n’ont pas eu le souffle suffisant pour se lancer dans d’autres dépenses conséquentes par la suite. Alexander Law estime que les foyers de l’Hexagone, en proie à des ressources qui se tarissent, donnent la priorité à l’épargne et chassent les dépenses superflues.

Par ailleurs, la baisse de l’euro ne devrait pas arranger les choses car elle renchérit les produits importés, en premier lieu les matières premières.

CHÔMAGE, INFLATION, AUSTERITE

Parmi les secteurs les plus touchés par le ralentissement des dépenses, en avril : le textile-cuir (-1,2 % par rapport à mars) et le secteur du meuble.

«Au final, insiste Alexander Law, les chiffres de la consommation sont franchement inquiétants. Le chômage continue de monter, l’inflation grignote le pouvoir d’achat et l’austérité annoncée va priver la consommation du peu de perfusions qui subsistait.»

Un tel constat amène l’économiste à se remettre en question les projections faites par plusieurs institutions quant à un rebond du PIB tricolore cette année. Le FMI avait flairé une croissance de 1 à 2 % et la Commission européenne avait entrevu 1,3 % . «Dans ces conditions, atteindre ne serait-ce que 1 % de croissance du PIB en 2010 constituerait une petite satisfaction.»

QUELQUES RAISONS D’ESPERER

Toutefois, certaines raisons d’espérer demeurent, dont la plus récente étude de Xerfi ne tient pas compte: les commandes adressées à l'industrie française qui ont progressé de 2,6 % au mois de mars. Par ailleurs, le secteur des biens d’équipements de la maison ont enregistré une progression de 1,4 % pendant le premier trimestre 2010 par rapport à la même période l’année précédente. Ce qui amène d'ailleurs l'OCDE a réviser ses prévisions de croissance pour la France à 1,7 point au lieu des 1,4 point initialement pronostiqués pour 2010.

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