La conférence sociale planche sur les apprentis et chômeurs de longue durée

Au cœur des travaux de la conférence sociale qui se termine ce mardi 8 juillet, la question de l’emploi a surtout été abordée sous l’angle des actions en direction des deux publics les plus fragiles, jeunes et seniors. Des concertations seront organisées à la rentrée sur l’apprentissage et les chômeurs de longue durée.

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La conférence sociale planche sur les apprentis et chômeurs de longue durée

François Hollande a défloré dès lundi, à l’ouverture de la conférence sociale, les principales annonces gouvernementales sur l’emploi. Certains en ont d’ailleurs conclu que les tables rondes de mardi matin ne servaient à rien : après la CGT et Force ouvrière lundi, la FSU, principal syndicat de l’Education nationale, a décidé de quitter les travaux, pour protester contre un dialogue social qu’elle estime biaisé.

Un départ qui a réveillé la colère de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, venu coordonner le travail de ses représentants aux différentes tables rondes : "la CFDT est là parce qu’il y a 5 millions de chômeurs, notre responsabilité est d’essayer de trouver des solutions, et nous n’en trouverons pas si nous ne confrontons pas nos points de vue. Pour cela, il faut participer aux discussions."

Parfois un peu fastidieuses, ces discussions, de l’avis de certains participants. Les représentants des organisations patronales et syndicales, des départements et régions, des chambres consulaires, parfois, avancent leurs propositions, à tour de rôle. "Mieux vaut parler dans les cinq premiers, si on veut être écouté !", commente un participant.

Débat sur les freins à l’apprentissage

La table ronde consacrée à l’emploi, présidée par le ministre du Travail François Rebsamen, a beaucoup parlé d’apprentissage. "Un sujet consensuel", commente un représentant de la CGPME. Véronique Descacq, de la CFDT, n’a pas eu cette impression : "Sur les freins à l’apprentissage, les échanges ont été francs et tranchés : que faut-il financer ? L’entreprise, le logement des jeunes, les maîtres d’apprentis ?". Un débat a notamment opposé Association des régions de France et Medef sur la taxe d’apprentissage.

En dehors des questions de financement, plusieurs participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la qualité de l’apprentissage (suivi de l’apprenti, renforcement des maîtres d’apprentissage, limitation des ruptures de contrat, problème de mise en relation des futurs apprentis avec les entreprises). Pour atteindre les 500 000 apprentis que le président de la République a fixés comme objectif, une concertation quadripartite (patronat, syndicats, Etat, régions) devrait se tenir cet automne.

L’alternance pour les seniors aussi

Après les jeunes, les seniors ont occupé la deuxième partie des discussions sur l’emploi. Plusieurs organisations, Medef compris, proposent de redonner un coup de fouet au contrat de professionnalisation pour les seniors. Il existe mais son utilisation reste confidentielle. Le Medef propose de faire sauter l’obligation de qualification qui lui est attachée. Pas question, rétorquent les organisations syndicales, seule la CFTC estimant qu’après 55 ou 57 ans, ce n’est peut-être plus la peine de s’obstiner à fournir une qualification.

Reste aussi à adapter le régime d’indemnisation chômage de ces seniors, pour qu’ils puissent entrer en contrat de professionnalisation sans perdre en rémunération. Une rencontre devrait être lancée à l’automne, délibération sociale ou négociation, pour regarder de plus près la situation des chômeurs de longue durée, qui sont souvent des seniors. La rencontre devrait accueillir les associations d’insertion et les régions.

En suspens, la question des charges pesant sur les contrats d’apprentissage. Le Medef appelle à leur suppression, le gouvernement s’est montré ouvert à cette option, les syndicats indiquent que le "zéro charge" pourrait être ciblé sur les publics jugés comme prioritaires, par exemple sur les contrats de professionnalisation des seniors.

Bref, pas grand-chose de neuf. Il s’agit surtout de faire sauter les verrous qui gênent des dispositifs existants.

Cécile Maillard

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