La compétitivité, second rôle du scénario de la transition énergétique

Sans lui faire une belle place à l’écran, le projet de loi de transition énergétique laisse entrevoir le volet compétitivité. Signe que le gouvernement n’a pas été complétement sourd aux signaux d’alertes de l’industrie.

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La compétitivité, second rôle du scénario de la transition énergétique

Le projet de loi de transition énergétique, présentée le 18 juin par Ségolène Royal, a choisi pour premiers rôles la baisse des émissions de CO2, le développement des nouvelles énergies et le recul de l’atome. Ainsi, à la lecture de ce passionnant scénario de 30 pages, la star "renouvelable" se taille la part du lion avec 47 occurrences. Le monstre sacré "nucléaire" ne s’en sort pas mal avec près de 14 citations. Le quatuor de personnages principaux est complété par le "gaz à effet de serre" (16 occurrences) et le "climat" (10).

D’autres acteurs passent quasiment à la trappe… Le pétrole, qui compte pour 42 % de l’énergie en France, se contente de deux petites apparitions. Le "charbon", une seule. Poussée par les industriels français, la compétitivité joue les seconds rôles avec cinq occurrences dans le texte, à égalité avec sa complice la "sécurité d’approvisionnement". L’"indépendance" est un peu moins présente à l’écran avec trois citations.

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Climat, compétitivité, sécurité

Bien sûr, beaucoup auraient préféré que la compétitivité tienne une part plus importante dans la trame de ce scénario, aux côtés du climat et des énergies renouvelables. Dans ce très intéressant recueil d’Eurogroup Consulting, "Transition énergétique : quelles opportunités pour l’industrie françaises", onze grands contributeurs décrivent leur transition. "Nous sommes convaincus que la transition énergétique peut être une formidable opportunité (…) à condition de veiller aux équilibres : entre les enjeux de compétitivité, de protection de l’environnement et de sécurité l’approvisionnement" explique Bruno Bensasson, Directeur de GDF Suez Energie France.

Plus loin, Robert Durdilly, président de l’Union française de l’électricité (UFE) rappelle que "l’enjeu majeur de la transition énergétique est le maintien de la compétitivité (…) Le maintien de la compétitivité d’un pays est indissociable de la maîtrise du développement des énergies renouvelables". "Plutôt que de penser en termes de centralisation ou de renouvelable, nous devons privilégier le triptyque de la compétitivité, de l’industrie et de la sécurité nationale pour penser l’industrie solaire française de demain", y affirme Thierry Lepercq, Président de Solaire direct.

Lutter contre la désindustrialisation

Concrètement, l’article 41 prévoit de prendre en compte le bénéfice apporté par les entreprises électro-intensives au système électrique. "Le tarif de transport doit donc en prendre en compte la moindre contribution de ces utilisateurs aux coûts de réseaux" y lit-on. Cela signifie que l’abattement exceptionnel de 50 %, décidé par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), sur les coûts de transport de l’électricité pour les industries fortement consommatrice devrait être pérennisé.

Bien sûr, cela ne suffira sans doute pas à réaligner la France face au galop effréné de nos "amis" allemands et américains qui paient leur électricité et leur gaz beaucoup moins cher. Mais cette transition énergétique donne un peu d’espoir pour le futur débat parlementaire. Et ne pas omettre que des objectifs à long termes de lutte contre le réchauffement climatique ne doivent pas occulter l’urgence du court terme : la désindustrialisation.

Ludovic Dupin

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