"La compétitivité dépend de la façon dont l’Etat organise ses dépenses"

Réorienter les aides de l’Etat vers les entreprises industrielles permettrait de renforcer la compétitivité française, selon Stéphane Grégoir, le directeur de la recherche de l’Edhec, l’école de commerce basée à Lille, Paris et Nice.

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L'Usine Nouvelle - Le rapport de Louis Gallois sur la compétitivité française a été présenté hier. Qu’en avez-vous pensé ?
Stéphane Grégoir - Le diagnostic est plus ou moins partagé. L’augmentation des salaires bruts a été plus rapide en France que chez les autres pays européens. D’autant que certains pays d’Europe du Sud ont entamé des politiques de réduction des charges des entreprises et accentuent la concurrence pour les entreprises françaises. Le rapport propose des réductions de charges de 30 milliards d’euros, mais sans dire où trouver les recettes manquantes.

Où pensez-vous que l’on puisse les trouver ?
Cela dépend des choix effectués par les entreprises, mais aussi de la façon dont l’Etat organise ses dépenses. Ce qui est intéressant dans le discours de Louis Gallois, c’est qu’il insiste sur le fait que ce sont les entreprises industrielles qui sont les plus affectées par les problèmes de compétitivité. Toutes les politiques de réduction des charges qui ont été mises en place jusqu’à maintenant ont porté sur les bas salaires. Elles ont donc surtout bénéficié à des sociétés de service peu exposées à la concurrence internationale et dans des secteurs de l’économie souvent protégés.

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Dans les comparaisons internationales de productivité, l’industrie française est souvent bien placée. Elle se positionne au-dessus des Etats-Unis. En revanche, c’est complètement l’inverse lorsque l’on regarde certains secteurs des services (comptabilité, droit, etc.).
On a donc eu tendance à mettre en place un système qui protégeait ces entreprises, en les maintenant en vie, alors qu’en même temps on n’a pas aidé les entreprises industrielles. D’autant que ces industriels sont souvent consommateurs de ces services, dont les coûts ne sont pas optimisés. Le rapport Attali évoquait déjà des idées comme la déréglementation de certains marchés protégés. Cela serait aussi bénéfique aux entreprises industrielles et c’est de cette manière-là que l’Etat peut agir.

La proposition de réduire les charges sociales jusqu’à 3,5 Smic vous paraît donc opportune ?
La notion de coût du travail est très importante du fait de la pression grandissante des pays d’Europe du Sud. Avec 3,5 Smic, on arrive à des salaires de 5 000 euros et cela touche donc beaucoup plus les entreprises industrielles.

Selon vous, doit-on plutôt agir sur la compétitivité coût ou sur la compétitivité hors coût ?
Il faut agir sur les deux moteurs. L’Etat a notamment tout un champ d’actions possibles sur le hors coût, par une politique de dépenses plus efficaces. Le rapport Attali, encore une fois, citait par exemple la suppression du département. Cette simplification de l’organisation administrative correspondrait à une rationalisation des dépenses.

Le gouvernement doit-il agir vite ?
L’économie française est encore très fragile. Se pose la question du timing de la mise en place des réformes. Doit-on les faire vite ou bien dans la durée ? Si on va trop vite, cela risque d’avoir un impact négatif sur la consommation, qu’il faudra compenser sur l’export. Mais cela ne peut pas se faire du jour au lendemain.

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