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La compétitivité comme écosystème chez Hyundai en République Tchèque

Pauline Ducamp , , , ,

Publié le

L'usine tchèque de Hyundai a produit son millionième véhicule le 15 mai, quatre ans et demi après le début de la production. Aujourd'hui le site tourne à pleine capacité. 300 000 véhicules y ont été produits en 2012.

La compétitivité comme écosystème chez Hyundai en République Tchèque © D.R.

Le calme et le silence qui règnent dans l'usine Hyundai de Nosovice, comme dans la brumeuse campagne tchèque qui l'accueille, sont trompeurs. Derrière les arbres qui peuplent le site se cache l'une des usines les plus performantes du continent européen.

Ouverte en novembre 2008, elle produit la compacte i30 (3 et 5 portes et break), le monospace compact ix20 et le SUV ix35. L'usine assemble presque 70% des véhicules vendus par la marque en Europe et tourne à 100% de ses capacités, soit 300 000 véhicules produits par an, tous construits sur commande. "Entre la fabrication et la livraison au client, il s'écoule a peine quinze jours", tient à préciser Allan Rushforth, directeur opérationnel Hyundai Motor Europe.

Une usine très automatisée

Pour tenir ces cadences élevés, trois équipes se relaient cinq jours sur sept à Nosovice. Mais l'une des forces de l'usine, en terme de productivités réside dans son automatisation. L'atelier d'emboutissage est ainsi automatisé à 85%.

Quelques mètres plus loin, au ferrage, l'atelier se découpe en huit lignes : une pour chaque porte, pour les panneaux de côté de la carrosserie. Un seul salarié opère en début de ligne pour préparer les kits d'éléments. Au total, ils sont a peine une centaine dans l'atelier quand 312 robots manipulent, soudent ou déplacent les panneaux d'acier.

Jurassic Park

Le ferrage renferme l'une des clés de la compétitivité de l'usine, "Jurassic Park" comme le nomment les salariés. Ce robot, en grande partie conçu par Hyundai, assemble les éléments de la plateforme et de carrosserie pour donner le châssis. "Chaque côté possède quatre faces, pour pouvoir porter différentes formes de carrosserie et de plateforme", souligne Petr Vanek, un membre de la direction de l'usine. Ce robot permet ainsi d'assembler les différentes variantes de la i30, du break à la compacte, mais aussi le ix35, qui est bâti sur une autre plateforme. "Dans une même usine, sur une seule ligne, nous assemblons deux plateformes pour fabriquer cinq véhicules. Au total nous pouvons réaliser 60 versions différentes", souligne Petr Vanek.

Standardisation et intégration

Cette prouesse permet de gagner en coûts de fabrication et s'ajoute à deux autres facteurs: la très forte standardisation et l'intégration des fournisseurs. Les i30 et ix20 sont bâtis sur la même plateforme et partagent donc de nombreuses pièces. Elles en partagent aussi avec le ix35.

Mais la majeure partie de ses éléments proviennent de fournisseurs dont Hyundai est le propriétaire. "Cela fait partie de la stratégie de Hyundai. Quand nous nous installons quelque part, il est suivi par des fournisseurs maison qui sont ses fournisseurs de rang 1", précise Allan Rushforth.

Ils sont quatre sur le site. Mobis fabrique quatre modules (phares, trains avant et arrière et planche de bord), Dymos bâtit les sièges, Hysco emboutit les éléments de la plateforme et Globis gère la logistique. Les modules et éléments sont ensuite acheminés automatiquement via des ponts aux différentes étapes d'assemblage des véhicules. Cette intégration permet une production plus rapide, moins de dépendance vis-à-vis de fournisseurs extérieurs. Et le groupe peut facilement revendiquer un sourcing à 70% local.

"Nous partageons les mêmes références, le même langage avec ses fournisseurs. Leurs directeurs participent en amont à la conception des véhicules, par exemple des sièges. Ça permet ensuite de réduire les coûts de production" détaille Petr Vanek. Quinze autres fournisseurs sont implantés dans un rayon d'une trentaine de kilomètres autour de l'usine. Si Hyundai emploie directement 3 440 personnes, ce sont au total 10 500 emplois qui dépendent de l'usine.

Usine jumelle

Hyundai a poussé le raffinement plus loin. Si le Coréen s'est implanté à Nosovice en 2008, c'est parce que de l'autre côté de la frontière, à Zilina, en Slovaquie, existait depuis deux ans une usine Kia, l'autre constructeur du groupe. "Nous fonctionnons comme des usines jumelles, explique Petr Vanek. Ils nous livrent les moteurs, nous fabriquons leurs transmissions". Toutes les trois heures, un camion décharge a Nosovice de 270 moteurs et repart chargé d'autant de transmissions. Les deux groupes construisent au total leurs quarante modèles sur seulement six plateformes, de quoi maximiser les économies d'échelle.

100% des capacités utilisées

Au total depuis 2008, Hyundai a investi 1,12 milliards d'euros dans cette usine sortie de terre en pleine campagne. Si elle tourne a plein régime (comme toutes les usines du groupe dans le monde) et si l'espace existe, le Coréen ne compte pas tout de suite agrandir le site. "Pour le moment, nous ne cherchons pas de nouvelles implantations, ni d'extension, affirme Allan Rushforth. Nous allons attend quelques années, nous concentrer sur nos marges et améliorer nos retours sur investissement".

Le groupe se concentre en Europe sur le site turc d'Izmit, où il investit actuellement 475 millions d'euros pour doubler la capacité de production, à 200 000 unités par an. Hyundai débutera en effet en septembre la production de la nouvelle citadine i10, assemblée jusqu'à présent en Inde.

Pauline Ducamp, en République Tchèque

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