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La Commission européenne mise sur les protéines végétales

Franck Stassi , ,

Publié le

Colza, tournesol, lentilles… Les protéines végétales doivent davantage se développer, estime la Commission européenne. La prochaine PAC pourrait servir de levier.

La Commission européenne mise sur les protéines végétales
Les surfaces de féveroles ne cessent de perdre du terrain en France.
© FOP

Les producteurs français d’oléoprotéagineux (colza, pois, tournesol…) ne cessent de clamer les bienfaits de la consommation de ces cultures, malgré des résultats qui ne sont pas forcément à la hauteur des efforts engagés – les surfaces de féveroles ont ainsi perdu 54 % en huit ans. La Commission européenne viendra peut-être à leur rescousse : elle vient de publier un long rapport consacré aux protéines végétales, qui contient également des pistes de travail pour la prochaine Politique agricole commune (2021-2027), dont le budget doit cependant diminuer de 5 %.

"Les protéines végétales sont une composante essentielle du secteur agroalimentaire européen, qui produit des denrées alimentaires et des boissons répondant aux normes qualitatives les plus élevées au monde. Cependant, en raison de facteurs divers liés au marché et au climat, la production européenne de protéagineux ne suffit pas à satisfaire une demande croissante", indique le commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan. L’Union européenne importe environ 17 millions de tonnes de protéines brutes par an, dont 13 millions à base de soja, sur une demande totale de 27 millions de tonnes.

La prochaine PAC mise à contribution ?

Les bénéfices des légumineuses pourraient ainsi être inclus, dans le cadre de la prochaine PAC, dans les objectifs fixés en matière de préservation de l’environnement. Depuis 2014, plus de 3 millions d’hectares ont été cultivés dans le cadre de la rotation et de la diversification des cultures. En 2017, les protéagineux avaient été retirés du calcul des surfaces d’intérêt écologique, l’un des volets des paiements de l’actuelle PAC, en cas de recours aux produits phytosanitaires sur les parcelles. Les aides au développement rural pourraient également être mobilisées, suggère Bruxelles.

La Commission européenne propose également de développer des outils de suivi de la production et de la commercialisation des protéines végétales. "En favorisant un marché plus transparent des protéines végétales, les opérateurs seront en mesure de mieux adapter leurs décisions de production et d’investissement. A moyen terme, cela pourrait contribuer à développer des possibilités pour des outils de gestion des risques", expliquent les auteurs du rapport, sans préciser les modalités de réalisation du projet. Une partie des fonds du programme européen Horizon Europe, consacré à la recherche et à l’innovation, qui sera lancé en 2021, pourrait aussi être fléchée vers les protéines végétales.

Près de 200 millions d’euros ont précédemment été débloqués par la Commission européenne pour des actions de sensibilisation aux bienfaits des protéines végétales en matière de nutrition, de la santé, du climat et de l’environnement en 2019. L’alimentation animale représente aujourd’hui 93 % des débouchés de ces produits.

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