La Commission européenne envisage de durcir les restrictions contre Huawei

Le vice-président de la Commission européenne Andrus Ansip envisage le durcissement de la règlementation anti-Huawei et ZTE. Et invite les Etats membres de l’UE à réévaluer leur arsenal de sécurité contre ces équipementiers chinois des télécoms qu'il juge à risque.

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La Commission européenne envisage de durcir les restrictions contre Huawei
Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne, en croisade contre Huawei et ZTE

Bruxelles s’inquiète des risques de sécurité pour l’Union européenne des équipements de réseaux des chinois Huawei Technologies et ZTE. Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne en charge du numérique le dit clairement dans une interview accordée au journal japonais The Yomiuri Shimbun.

Une loi chinoise de renseignement à risque

L’ancien Premier ministre de l’Estonie, pays modèle de l’adoption du numérique, craint que Huawei Technologies, par ses liens étroits avec Pékin et compte tenu de la législation chinoise en matière de renseignements, ne serve de cheval de Troie à la politique de cyberespionnage du gouvernement chinois. " La nouvelle loi sur le renseignement national chinois, en vigueur depuis juin 2017, crée un risque que les équipements de Huawei comportent des portes dérobées, des programmes malveillants et des micropuces permettant un accès à distance aux dispositifs d'information et de communication où ils sont déployés ", explique-t-il.

La Commission européenne envisage de renforcer la réglementation de sécurité et de durcir les restrictions contre Huawei Technologies et d’autres équipementiers jugés à risque. Pour ce printemps, elle travaille à la mise en place d’un système de certification des équipements de communication, y compris dans la technologie 5G, et d’un programme de sensibilisation aux dangers de l'utilisation de certains produits sans en connaître les risques encourus.

Andrus Ansip appelle les États membres de l’UE à "procéder à des évaluations complètes de la manière la plus minutieuse possible" de leur arsenal de sécurité concernant leurs réseaux télécoms. C’est ce que la France semble faire avec son projet d’amendement à la loi PACTE visant à renforcer les contrôles de l’Anssi, l’agence de sécurité des systèmes d’information.

Aujourd’hui, seuls les équipements de cœur de réseau, qui assurent le traitement, le stockage et le transport des informations, sont soumis à l'autorisation de l’agence française de cyberdéfense. Les équipements suspectés de risques potentiels de sécurité, ne doivent pas dépasser 50%, et sont interdits en région parisienne, lieu des ministères et autres centres de pouvoir. Bien qu’ils ne soient pas nommément désignés, ce sont Huawei Technologies et ZTE qui sont visés.

Le climat de défiance s'étend en Europe

Le projet d’amendement proposé en lecture au Sénat vise à étendre l’autorisation de l’Anssi à l’ensemble du réseau, y compris les équipements d’accès comme les antennes radio. Il prévoit de donner aussi à l’agence un pouvoir de contrôle a posteriori, avec la possibilité d’obliger les opérateurs à retirer de leurs réseaux des équipements jugés à risque.

Parti des Etats-Unis, le climat de défiance vis-à-vis de Huawei Technologies s’est étendu à des pays alliés comme l’Australie, la Nouvelle Zélande ou le Japon. Il touche maintenant l’Europe avec des interrogations au Royaume-Uni, en Allemagne, aux Pays-Bas, en République Tchèque ou encore en Pologne. La France ne fait que rejoindre le mouvement.

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