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L'Usine de l'Energie

La cogénération, une aventure collective chez DRT

Aurélie Barbaux , , , ,

Publié le

Pour réduire ses coûts énergétiques, le spécialiste de la chimie verte DRT a opté pour une chaudière biomasse. Un projet qu’il n’a pas mené seul.

La cogénération, une aventure collective chez DRT
DRT s’est allié à Cofely et à la Caisse des dépôts pour construire une centrale de cogénération à Vielle-Saint-Girons.

Passer à la cogénération ne s’improvise pas. Lorsqu’il a décidé de réduire sa consommation d’électricité en passant d’une chaudière à gaz, alimentée aussi par des coproduits de distillation, à une chaudière biomasse, DRT, spécialiste landais de la chimie verte qui emploie 1 350 personnes, dont 700 en France, et réalise 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, a cherché un partenaire. Il a choisi l’équipe locale d’Engie Cofely, spécialiste des services énergétiques, pour produire à sa place la vapeur indispensable à la valorisation de la colophane et de l’essence de térébenthine extraites de la résine du pin, dont il est le numéro un mondial. Ensemble, ils ont répondu au CRE 4, un appel à projets pour la production d’électricité à partir de ressources renouvelables de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). « Répondre à cet appel à projets répondait à deux motivations, la compétitivité et la réduction de l’empreinte environnementale », explique Christophe Marsan, le directeur énergie et des relations institutionnelles de DRT et ses filiales.

Le principal site de production du groupe, à Vielle-Saint-Girons (Landes), est un gros consommateur d’énergie, avec 200 gigawattheures (GWh) par an, dont plus de 37 GWh d’électricité. « Passer à 100 % de vapeur d’origine renouvelable nous a permis de réduire les émissions de CO2 de 20 000 tonnes dès la première année », observe Christophe Marsan. La chaudière biomasse a été mise en service en janvier 2015. Installée sur site, elle n’appartient pourtant pas à DRT. Pour mener à bien le projet de cogénération, une société, Biomass Energy Solutions VSG (pour Vielle-Saint-Girons), a été créée fin 2012. Elle est détenue à 51 % par Engie Cofely, à 37 % par DRT et à 12 % par la Caisse des dépôts. Cette dernière a apporté son savoir-faire en ingénierie financière et joue les arbitres.

Un investissement conséquent

Majoritaire, Cofely est le premier bénéficiaire de la production de la centrale de cogénération, qu’il exploite et qui fournit de la vapeur à DRT et injecte 90 GWh d’électricité verte par an dans le réseau national. Une électricité qu’EDF est obligé d’acheter durant vingt ans à un tarif que Cofely n’a pas voulu préciser, mais qui est compris entre 100 euros et 185 euros le mégawattheure. DRT n’est pas seulement un client. Sa filiale DRT AB, créée en 2013, approvisionne la centrale de cogénération, équipée d’une chaudière du danois AET, avec 144 000 tonnes de plaquettes et d’écorces de bois récoltées dans un rayon de 100 kilomètres et issues des résidus de production des industriels du bois du massif des landes, via un partenariat avec Alliance Forêt Bois. DRT AB fournit aussi 6 000 tonnes d’un dérivé terpénique (sorte d’hydrocarbure extrait des conifères) produit par DRT.

Pour passer à la cogénération, DRT a dû adapter son site en installant un second réseau de vapeur et une nouvelle alimentation en eau. Il lui a également fallu modifier la logistique pour accueillir 5 à 6 % de camions supplémentaires. Un investissement conséquent que l’entreprise ne souhaite pas dévoiler. On sait seulement que le coût total du projet, pour les trois partenaires, s’élève à 52 millions d’euros. « Pour DRT, le retour sur investissement est inférieur à sept ans, même si les deux premières années, avec la chute des prix des énergies fossiles, la rentabilité était moindre. Mais le baril a pris 30 % en 2017 et l’installation va devenir très compétitive », précise Christophe Marsan. La cogénération va aussi permettre de réduire les émissions de carbone de 400 000 tonnes en vingt ans. 

Réduire au maximum les transports

Fondé en 1932 pour exploiter une ressource naturelle locale, la résine du pin, DRT s’approvisionne auprès de l’industrie du bois et du papier jusqu’à Madagascar. Depuis 2008, l’entreprise cherche à réduire son empreinte carbone en rapprochant ses sites de production de ses marchés et des ressources. DRT a lancé la construction d’une usine dans l’État de Géorgie (États-Unis) pour valoriser les essences des papeteries américaines, jusque-là distillées dans les Landes. Pour ses quatre sites français, les deux tiers des achats sont sourcés dans le Sud-Ouest. Par l’amélioration des procédés, notamment l’acquisition d’un nouvel hydrogénérateur, DRT avait déjà réduit de 13 % sa consommation d’énergie et de 54 % ses émissions de CO2 entre 2008 et 2011. 

 

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