La co-entreprise Normandie Hydrolienne se heurte déjà à EDF et Engie

Née officiellement à Londres le 21 novembre 2018, la coentreprise entre la région Normandie et l’écossais Atlantis se heurte déjà à un premier frein pour exploiter avec des hydroliennes le site du Raz Blanchard : négocier les concessions d’Engie et EDF.

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La co-entreprise Normandie Hydrolienne se heurte déjà à EDF et Engie
Normandie Hydrolienne veut mettre en place et exploiter une ferme expérimentale de dix turbines de 2MW au raz Blanchard d’ici 2021.

C’est officiel. Le 21 novembre, Hervé Morin, président de la Région Normandie et Tim Cornelius, PDG du groupe britannique Simec Atlantis Energy (basé à Edimbourg, en Ecosse) ont signé à la résidence de France à Londres un document actant une joint-venture baptisée Normandie Hydrolienne. Cette co-entreprise aura vocation de développer l’exploitation d’hydroliennes, ces turbines qui transforment l’énergie des courants marins en électricité, dans le secteur du raz Blanchard, un des courants de marée côtiers les plus puissants du monde. Il se trouve à quelques encablures de Cherbourg, entre la pointe ouest du cap de la Hague et l’île anglo-normande d’Aurigny.

Pour sa ferme expérimentale au raz Blanchard

Impliqué dans les énergies marines et le retraitement de déchets plastiques, le groupe Atlantis a déjà installé 4 turbines hydroliennes au large de l’Ecosse (projet Meygen, 260 MW au total). Pour la Normandie, il compte mettre en place et exploiter dans le raz Blanchard dix turbines de 2MW d’ici 2021. "Cela suppose de commencer à travailler sur des sites à Cherbourg ou au Havre qu’il faudra trouver d’ici le premier semestre 2019".

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Au-delà de cette ferme expérimentale, Atlantis vise 100 turbines de 2MW à l’horizon 2023 (200 MW) et 500 MW à plus long terme. "Vous avez un gisement considérable dans le Raz Blanchard : environ un gigawatt côté français et plus d’un gigawatt dans le secteur Aurigny", s’est enthousiasmé Tim Cornelius, visiblement désireux de pouvoir lancer des projets européens dans la perspective du Brexit. "Vous disposez dans le secteur de Cherbourg d’infrastructures exceptionnelles de transport d’électricité" (pour l’acheminement de l’électricité des installations nucléaires de Flamanville, dans la Manche) "et nous bénéficions du soutien de la Commission européenne et de la Banque européenne d’investissement". Le groupe côté à la Bourse de Londres estime qu’avec une puissance installée de 500 MW dans l’hydrolien dans le Raz Blanchard, il peut envisager un prix de rachat de l’électricité de 70 euros le mégawattheure.

Atlantis en appelle au gouvernement

Mais la partie n’est pas encore jouée pour Atlantis. Interrogé sur la question de savoir s’il avait pu entrer en discussion avec Engie et EDF Energies Nouvelles - les deux détenteurs des deux concessions pour le projet hydrolien français - Tim Cornelius a confié qu’il avait "essayé, en vain". On croit comprendre que les détenteurs de concessions ne souhaitent pas céder mais vendre leurs concessions. "Il serait ahurissant que ces groupes cherchent à se refaire !", s’est emporté Hervé Morin.

"Nous souhaitons que le gouvernement nous facilite la vie dans la mesure où les porteurs de ce nouveau projet ne lui demandent rien", a ajouté Hervé Morin. De son côté, la toute nouvelle joint-venture vient d’entamer des discussions avec Engie et EDF EN, à travers Alexandre Wahl, administrateur de Normandie Participation. "Il faut bien avoir en tête que les actifs de ces concessions n’existeront plus à terme", commente ce dernier.

Claire Garnier à Londres

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