La cité ouvrière de Solvay tient le premier rôle du prochain film de Philippe Claudel

Alors que le groupe chimique Solvay s’apprêtait à détruire une cité ouvrière à Dombasle (Meurthe-et-Moselle), pour permettre l’installation d’un centre médico-social, le cinéaste Philippe Claudel a obtenu de différer les travaux. Le temps d’y tourner son prochain film.

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La cité ouvrière de Solvay tient le premier rôle du prochain film de Philippe Claudel

A Dombasle-sur-Meurthe, petite commune industrielle de Lorraine, l’usine de Solvay, implantée depuis 1873, fait partie de l’histoire locale. Tout comme les maisons ouvrières en brique de la "Cité Hanrez", rue Hélène, construites historiquement pour les ouvriers du groupe chimique belge. Mais désertées depuis une vingtaine d’années car devenues quasi inhabitables, avec leur minuscule cuisine au sous-sol, les pièces à vivre au rez-de chaussée et la salle de bain à l’étage.

De peur qu’elles ne soient squattées, Solvay avait donc décidé de les détruire. Et de mettre le terrain à disposition d’un Centre de ressources médico-social qui accueillerait des personnes handicapées, atteintes du syndrome de Prader-Willi, une maladie génétique rare. Ne restait plus qu’à démolir les bâtiments ouvriers.

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L’inquiétude de Philippe Claudel, enfant du pays

C’était sans compter sur l’intervention d’un voisin un peu particulier, un certain… Philippe Claudel. Pour l’écrivain et cinéaste, enfant de Dombasle, hors de question d’abattre la première cité ouvrière construite par Solvay en 1874, un vestige du patrimoine social de la région. D’autant qu’il comptait justement y tourner son prochain long métrage, "Une enfance". Une fresque régionale sur le parcours initiatique de Jimmy, adolescent vivant dans les années 1930 avec sa famille dans la cité ouvrière.

"Les âmes grises", déjà tournées sur le site de Solvay

"Philippe Claudel est venu nous voir il y a six mois, pour nous faire part de son inquiétude, raconte Christian Clerc-Girard, le directeur de la communication de l’usine. Nous lui avons fait rencontrer les représentants de la structure médico-sociale, afin qu’ils lui exposent leur projet." Un compromis a été trouvé : les travaux de démolition seraient décalés de quelques mois pour commencer au mois d’août, laissant le temps à Philippe Claudel de réaliser son tournage.

Début juin, la petite ville de Dombasle a donc vu le cinéaste investir les lieux avec toute son équipe, leurs camions barrant les rues… au grand dam de certains riverains et des salariés de l’usine chimique toute proche. Le centre de formation de Solvay, - une maison bourgeoise, dont le parc avait déjà servi, il y a dix ans, de décors pour le tournage du film, "Les âmes grises" -, a été transformé pour l’occasion en régie, afin d’héberger les coulisses.

En contrepartie, le cinéaste a accepté de participer à la signature de la convention entre Solvay et la structure médico-sociale "CAPS", le 2 juillet dernier. Une réunion publique qui permettra à toutes les parties prenantes de répondre aux questions des riverains à propos du tournage, des travaux, mais aussi de l’installation du centre médico-social. Une petite maison ouvrière survivra malgré tout : elle permettra d’accueillir les parents des patients. Chez Solvay, qui collabore avec le CAPS depuis 2010, on se réjouit de ce coup de projecteur. Son site de 350 personnes, où sont fabriqués du carbonate et du bicarbonate de soude, héberge aussi le centre de recherche international du groupe sur ces activités. L’occasion de faire découvrir une autre facette du site chimique.

Gaëlle Fleitour

Gaëlle Fleitour Rédactrice en chef, en charge du Web
Gaëlle Fleitour

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