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La Chine se lance (enfin) dans la production de moteurs d'avions

Olivier James , , , ,

Publié le

Analyse C’est officiel : après l’assemblage des appareils, la Chine se lance dans la production de moteurs d’avions. Mais il faudra encore attendre longtemps avant de voir voler des avions 100% chinois.

La Chine se lance (enfin) dans la production de moteurs d'avions © Capture d'écran YouTube/CCTV

Attendue de longue date, la nouvelle n’en marque pas moins un tournant historique dans le secteur aéronautique. En annonçant jeudi 3 mars son intention de créer un conglomérat dédié à la création de moteurs d’avion, le géant chinois Avic souhaite propulser son pays dans le cercle restreint des grandes puissances aéronautiques. Ce nouveau motoriste entrera en concurrence directe avec les géants actuels : le français Safran, les américains General Electric et Pratt & Whitney ainsi que le britannique Rolls-Royce.

Sur le papier, le projet impressionne. Le nouveau groupe serait le fruit du rapprochement de 40 sociétés du conglomérat et pèserait 22 milliards de dollars d’actifs, selon l’agence Bloomberg. Et s’inscrit dans une suite logique : la Chine s’est déjà attelée à l’assemblage de son propre avion, le C919 de Comac (filiale d’Avic) censé concurrencer les moyens courriers que sont les Airbus A320 et les Boeing 737 MAX.

Malgré des retards à répétition et un décalage du planning de plus de trois ans, l’appareil a effectué sa première sortie au sol en novembre 2015. Son premier vol pourrait s’effectuer d’ici la fin de l’année et l’entrée en service devrait avoir lieu d’ici quatre ans.

A quand un avion 100% chinois?

Mais il reste un verrou à faire sauter pour les industriels chinois : la production du moteur, de loin la partie la plus complexe d’un appareil et donc la plus chère. Le C919 sera équipé de moteurs Leap, fabriqués par CFM International, la société commune entre Snecma (filiale de Safran) et General Electric. Mais jusqu'à quand? Déjà, en décembre 2009, lorsque Comac sélectionne le Leap avant même Airbus et Boeing, il souligne dans son communiqué opter pour une "source unique occidentale". Comprendre : occidentale aujourd’hui, chinoise demain.

Au risque de froisser les avionneurs, la construction d’un moteur d’avion n’est pas le jeu de Lego que représente un assemblage d’avion. Si la Chine a pu apprendre en quelques années à produire des avions, en partie grâce à Airbus avec sa ligne d’assemblage final d’A320 à Tianjin, les industriels chinois ne sont pas au bout de leur peine pour la partie moteur. Conception complexe, mise en œuvre de très nombreux matériaux (métaux, céramiques, composites, entres autres), lenteur des tests et des processus de certification… Verra-t-on voler un avion 100% chinois dans 5 ans ? 10 ans ? 20 ans ? Impossible de le savoir, mais les motoristes, comme les avionneurs, assisteront un jour ou l’autre à l’irruption dans ce qui fût leur pré-carré de nouveaux acteurs venus de Chine.

Olivier James

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