La Chine sauvera-t-elle le capitalisme ?

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Aux Etats-Unis, on commence à parler de grande récession pour évoquer la contraction brutale de l’activité consécutive à l’effondrement boursier de l’automne dernier. Un seul chiffre pour en résumer l’ampleur : ce sont 7,6 millions d’emplois qui ont été détruits durant celle-ci. Si on en croît la majorité des économistes de l’association nationale des économistes d’entreprises des Etats-Unis, il faudra attendre 2012 pour que tous les chômeurs aient retrouvés un emploi (un tiers des économistes de la même association prévoient que ce n’est qu’en 2013 que l’effet de la grande récession sera effacée en matière d’emploi). De quoi inquiéter l’exécutif et le législatif américain, qui se présenteront devant leurs électeurs d’ici là.

Prudence à Matignon

La récession est terminée, la croissance devrait repartir doucement, mais elle devrait repartir. A commencer par la production industrielle en France qui a confirmé en août le début de redressement de juillet. La tendance est confirmée par l’OCDE qui vient de publier ses indicateurs avancés. A noter : la France et l’Italie sont les deux pays qui pourraient connaître une phase de « croissance potentielle ».

Tout en prudence, le premier Ministre François Fillon évoque un taux de croissance de 1 % en 2010. Il est vrai qu’on peut se demander s’il fait de l’analyse économique ou de la politique en modérant le taux de croissance à venir. Le gouvernement n’a pas intérêt à annoncer trop vite que la situation s’améliore. S’il veut pouvoir mener à bien ses réformes – et notamment celles qui font grincer des dents comme la taxe professionnelle ou la taxe carbone – il a intérêt à présenter une prévision prudente. Si, dans les faits, la croissance en 2010 dépasse la prévision, ce sera double récompense : il pourra toujours expliquer que la reprise plus forte qu’anticipée est le fruit de l’action gouvernementale, et profiter du regain de l’activité.

Nous n’en sommes encore pas là. Et des indicateurs laissent douter de la solidité de la reprise à venir. Ainsi en est-il des défaillances d’entreprises : elles ont crû de 12 % entre juillet et septembre 2009 par rapport à la même période de l’année précédente. Certes le rythme se tasse, mais il reste quand même assez élevé. Parmi les raisons les plus fréquentes, on trouve des problèmes de trésorerie consécutifs à la défaillance d’un client ou une structure financière incertaine.

Les prix baissent : mauvaise nouvelle ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la baisse des prix n’est pas une bonne nouvelle. Surtout si elle s’installe dans la durée. Pire qu’une spirale inflationniste ? Une spirale déflationniste, et inversement. De ce côté, les évolutions méritent d’être observées de prés. Certes, les marchés financiers ont connu une période de hausse l’été dernier. Pourtant, par rapport à l’avant-krach, le prix des actifs financiers est en retrait. Côté logement, les prix de l’ancien continuent de baisser. Le président de la FNAIM prévoit un recul de 7 à 8 % pour 2009. Et les prix à la consommation ? Il serait exagéré de dire qu’ils ont baissé. En un an, d’après l’Insee, ils reculent de 0,4 %, ce qui correspond à une forme de stabilité. Ce n’est pas la modération salariale à venir qui risque d’alimenter la future croissance des prix...

Les matières premières méritent davantage d’attention. (On ne saurait conseiller la lecture régulière de nos confrères d’Indices et cotations). Ainsi, dans son bulletin mensuel, l’Opep prévoit d’augmenter quelque peu sa production en en 2009 (84,2 millions de barils ) et 2010 (84,9 Moins de barils). La demande de brut serait alimentée par la Chine, le Moyen Orient, l’Inde ou l’Amérique latine.

Que l’un des derniers pays où le Parti Communiste est aux manettes, sauve l’économie mondiale de la déflation, ce doit être ça que le philosophe allemand, Hegel, appelait une « ruse de l’Histoire »…

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