La Chine devrait privilégier une politique quantitative

PEKIN (Reuters) - La Chine aura principalement recours à des mesures quantitatives pour resserrer sa politique monétaire au cours des prochains mois car sa marge de manoeuvre ne lui permet pas de relever ses taux d'intérêt, a déclaré jeudi un économiste proche du gouvernement.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

La Chine devrait privilégier une politique quantitative

La banque centrale a ordonné cette semaine à six grandes banques d'augmenter leurs réserves, une mesure destinée à freiner l'octroi de crédit. Cette décision a soulagé les investisseurs, qui la considèrent comme une alternative moins brutale à un relèvement des taux.

"Cela montre que la banque centrale préfère utiliser des outils quantitatifs et qu'elle a donc retardé le moment d'un recours éventuel à des mesures telles qu'une modification des taux d'intérêt", a déclaré Ba Shuson, économiste senior du Centre de recherche sur le développement, un cercle de réflexion dépendant du gouvernement.

Il a expliqué à des journalistes en marge d'une conférence que la Chine ne devrait pas envisager une hausse des taux d'intérêt d'ici la fin de cette année.

Il a ajouté que le relèvement des réserves des banques visait à maintenir le volume des nouveaux prêts bancaires sous le plafond de 7.500 milliards de yuans (800 milliards d'euros) fixé pour 2010 par le gouvernement, un plafond qui pourrait être porté à 8.000 milliards pour 2011.

La Banque populaire de Chine a amorcé cette année le retour à la normale de sa politique monétaire, assouplie pendant la crise l'an dernier, mais elle n'a pas relevé ses taux, afin, entre autres, d'éviter de creuser l'écart entre les taux chinois et américains et d'attirer davantage de capitaux spéculatifs.

Les flux de capitaux en Chine ont néanmoins continué d'augmenter ces derniers mois, un mouvement favorisé par l'appréciation progressive du yuan et la hausse des marchés boursiers.

Un autre économiste "officiel" s'est exprimé jeudi contre un relèvement des taux: Wang Jian, haut responsable de la Commission nationale du développement et de la réforme, un organisme influent de planification centrale, a estimé que Pékin devrait tolérer une accélération de l'inflation.

La hausse générale des prix en Chine est due principalement à l'évolution de ceux des produits alimentaires et des matières premières, a-t-il expliqué.

"Dans ces circonstances, relever les taux d'intérêt n'aiderait pas à combattre l'inflation mais ne pourrait que conduire à augmenter les coûts des entreprises", a-t-il dit selon des propos rapportés par l'agence Chine nouvelle.

Langi Chiang, Aileen Wang et Simon Rabinovich, Marc Angrand pour le service français, édité par Danielle Rouquié

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS