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La Chine construit une méga usine de puces mémoires de 24 milliards de dollars

Ridha Loukil , ,

Publié le

La Chine lance la construction de sa méga usine de circuits intégrés électroniques. Un investissement de 24 milliards de dollars visant à lui donner une base de production de mémoires de 10 milliards de dollars en 2020. De quoi faire trembler les coréens Samsung et SK Hynix, les américains Micron, Intel et Western Digital, et le japonais Toshiba, qui se partagent aujourd’hui le marché.

La Chine construit une méga usine de puces mémoires de 24 milliards de dollars
Maquette de la méga usine de puces mémoires en construction en Chine
© Tsinghua Unigroup

C’est le plus grand projet industriel jamais mené dans l’industrie des semiconducteurs. Dans le cadre de son plan de développement dans ce secteur, la Chine a donné le coup d’envoi à la construction de sa méga usine de circuits intégrés électroniques à Wuhan, dans la province de Hebei. Le projet a été lancé officiellement le 30 décembre 2016 par Zaho Weiguo, PDG de Tsinghua Unigroup et de Yangtze River Storage Technology, lors d’une cérémonie qui a réuni sur place plusieurs personnalités publiques, dont Wang Zhanfu, président du fonds national d’investissement dans les circuits intégrés, et Liu Lihua, vice-ministre de l’industrie  et des technologies de l’information.

Financement public-privé

Cette méga usine, qui s’étend sur près de 13 hectares, devrait donner à la Chine une base de production de puces mémoires, une famille de composants choisie comme une priorité dans la marche du pays vers son autosuffisance dans les circuits intégrés électroniques. L’investissement, qui associe des fonds publics et privés, a de quoi donner le vertige. Il atteint la bagatelle des 24 milliards de dollars sur 4 ans. Il est financé par Yangtze River Storage Technology, une société créée en juillet 2016 pour mieux coordonner les efforts de la Chine dans le développement des puces mémoires. Elle est détenue à 51% par Tsinghua Unigroup, une société holding à capitaux mixtes publics-privés, et à 49% par des investisseurs publics, dont le fonds national d’investissement dans les circuits intégrés et le fonds d’investissement dans les circuits intégrés de la province de Hubei. Sur le plan industriel, l’usine sera opérée par Changjiang Storage, une société spécialement créée pour l’occasion comme filiale de XMC, fondeur chinois de mémoires flash de type NOR contrôlé depuis juillet 2016 par la holding Yangtze River Storage Technology.

Plus gros investissement unique en Chine

« C’est plus que le début d’un projet, a affirmé Zhao Weiguo, en ouverture de la cérémonie. C’est le point de départ d’une base nationale dans les puces mémoires, équivalent au test en mer du porte-avions Liaoning. C’est aussi un nouveau modèle de développement industriel bénéficiant d’un soutien national et local, et d’une mise en œuvre par une entreprise selon les règles de l'économie marché. C’est enfin le plus gros investissement industriel unique en Chine. »

Le choix des puces mémoires comme priorité est justifiée par la présence croissante de ces circuits dans tous les équipements électroniques fabriqués en Chine : PC, serveurs, téléviseurs, mobiles… Et par le fait qu’elles constituent une part de plus en plus importante dans les circuits intégrés : environ 25% aujourd’hui mais 40% en 2020.

Risque de surcapacité de production dans le monde

La construction s’étend sur trois étapes. La première tranche devrait entrer en production au courant de 2018. Au terme du projet en 2020, l’usine disposera d’une capacité de production mensuelle de 300 000 tranches de 300 mm de diamètres représentant un revenu de plus de 10 milliards de dollars. La fabrication portera essentiellement sur les mémoires flash 3D selon une technologie développée conjointement par XMC et l’américain Spansion, racheté en mars 2015 par son compatriote Cypress. "Ce sera de loin la plus grosse usine de mémoires flash 3D de type NAND au monde", se félicite Sun Wei, directeur adjoint de la Commission des réformes et du développement national.

Pour les coréens Samsung et SK Hynix, les américains Micron Technology, Intel et Western Digital, et le japonais Toshiba, qui se partagent aujourd’hui ce marché estimé par IC Insights à 100 milliards de dollars en 2020, c’est une très mauvaise nouvelle. L’entrée de la Chine sur ce marché va les priver d’un débouché majeur et rebattre les cartes. Cette perspective fait déjà trembler Micron Technology, considéré par des analystes comme l’acteur le plus vulnérable. Lors de sa visite à Taïwan, en décembre 2016, pour acter la prise de 100% du contrôle d’Inotera, sa coentreprise avec le groupe taïwanais Nanya Technology, son PDG Mark Durcan a exprimé son inquiétude. « Si la Chine concrétise son projet, cela créerait une surcapacité de production et provoquerait une terrible dégringolade des prix », a-t-il  averti. Une vraie catastrophe pour l’industrie des puces mémoires !

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