Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

La Chine accuse la plus forte baisse de ses exportations en 2 ans

Publié le

par Yawen Chen et Martin Quin Pollard

La Chine accuse la plus forte baisse de ses exportations en 2 ans
Les exportations chinoises ont reculé de 4,4% sur un an en décembre, selon les données officielles publiées lundi, leur plus forte baisse depuis deux ans. /Photo d'archives/REUTERS/Jason Lee
© JASON LEE

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

PÉKIN (Reuters) - Les exportations chinoises ont connu leur plus net recul en deux ans en décembre et les importations ont baissé aussi, laissant présager une poursuite du ralentissement de l'économie de la Chine en 2019 et une dégradation de la demande mondiale.

Les statistiques officielles publiées lundi montrent aussi que la Chine a enregistré en 2018 un excédent commercial au plus haut depuis plus d'une décennie avec les Etats-Unis, ce qui pourrait inciter Washington à faire monter la pression dans le conflit commercial avec Pékin.

Le ralentissement chinois a déjà commencé à exercer un impact négatif sur les ventes de produits allant des iPhone aux voitures, forçant des entreprises comme Apple ou Jaguar Land Rover à revoir leurs prévisions financières à la baisse.

Les statistiques commerciales décevantes suggèrent que l'économie chinoise a peut-être perdu encore plus de son dynamisme en fin d'année que prévu, malgré une série de mesures de relance mises en oeuvre ces derniers mois allant d'une augmentation des dépenses d'infrastructures aux baisses d'impôts.

Certains analystes avaient déjà prédit que Pékin pourrait devoir accentuer et accélérer sa politique d'assouplissement monétaire et ses mesures de relance cette année à la suite de l'annonce début janvier d'une contraction de l'activité manufacturière du pays en décembre.

PAS D'EMBELLIE ATTENDUE

Les exportations de Chine ont reculé de 4,4% sur un an au mois de décembre, leur plus forte baisse depuis deux ans, face à une baisse de la demande sur ses grands marchés, alors que les analystes interrogés par Reuters anticipaient une hausse de 3%.

Les importations chinoises ont elles aussi nettement ralenti, à 7,6% en rythme annuel, leur plus forte baisse depuis juillet 2016, alors que les analystes s'attendaient à une progression de 5%.

"La croissance des exportations a diminué plus que prévu avec le ralentissement de la demande mondiale et l'impact de l'augmentation des droits de douanes américains. La croissance des importations a elle aussi fortement baissé en raison d'un ralentissement de la demande intérieure. Nous nous attendons à ce que les deux restent faibles dans les prochains trimestres", écrit Capital Economics dans une note.

"Sachant qu'il est peu probable que la politique d'assouplissement monétaire freine la baisse de l'activité économique du pays avant le second semestre, la croissance des importations devrait rester morose."

L'excédent commercial chinois s'est établi à 57,06 milliards de dollars (49,75 milliards d'euros) le mois dernier, contre 44,71 milliards de dollars en novembre et alors que les analystes attendaient un excédent de 51,53 milliards.

FIN DE L'EFFET D'ANTICIPATION

L'excédent commercial avec les Etats-Unis, à l'origine de la guerre commerciale entre les deux pays, s'est réduit en décembre, à 29,87 milliards de dollars contre 35,54 milliards en novembre, mais il a augmenté de 17,2% sur l'ensemble de l'année 2018, à 323,32 milliards de dollars, son plus haut niveau depuis 2006, selon les calculs de Reuters.

Cet excédent est à comparer avec 275,81 milliards en 2017.

Le président américain a imposé des droits de douane sur des centaines de milliards de dollars d'importations chinoises pour contraindre Pékin à modifier toute une série de pratiques, de ses subventions à l'industrie jusqu'au piratage, en passant par la propriété intellectuelle. Pékin a répliqué par ses propres droits de douane sur des importations de biens américains.

Néanmoins, les exportations chinoises avaient étonnamment bien résisté à la guerre des tarifs, peut-être parce que les entreprises ont accéléré leurs livraisons en anticipation de nouveaux droits de douanes plus élevés.

Les exportations chinoises ont augmenté de 9,9% sur l'ensemble de l'an dernier, leur meilleure performance depuis sept ans, tandis que les importations ont progressé de 15,8%.

Mais les mauvais chiffres de décembre suggèrent que l'effet anticipation s'estompe progressivement et qu'après plusieurs mois de baisse des commandes, un nouveau ralentissement des exportations chinoises est à attendre dans les mois à venir.

De nombreux entrepôts aux Etats-Unis sont déjà encombrés de produits chinois que les distributeurs américains ont importé en catastrophe avant la mise en vigueur des droits de douanes.

CHUTE DES IMPORTATIONS DE GRAINES DE SOJA

Les exportations de produits chinois aux Etats-Unis ont baissé de 3,5% en décembre tandis que les importations en provenance des Etats-Unis ont chuté de 35,8% sur le mois.

Les exportations de minerai de fer de la Chine ont reculé de 1% en 2018, leur première contraction depuis 2010, tout en restant au-dessus du milliard de tonnes, à 1,064 milliard, selon les chiffres des douanes.

Les importations chinoises de graines de soja ont quant à elle chuté de 40,1%, en baisse pour la première fois depuis 2011, alors que Pékin a cessé d'acheter ce produit auprès des Etats-Unis en raison du différend commercial en cours.

Les marchés chinois - et l'ensemble des marchés mondiaux dans la foulée - ont perdu du terrain en réaction aux chiffres inférieurs aux attentes de la balance commerciale, qui soulèvent des craintes d'un ralentissement plus marqué à venir de la croissance mondiale.

La Bourse de Shanghai a reculé de 0,71%, l'indice CSI 300 des grandes capitalisations de Chine continentale a perdu 0,87% et la Bourse de Hong Kong a abandonné 1,38%, tandis que Tokyo était fermé en raison d'un jour férié.

En Europe, le CAC 40 parisien perd 0,95% et l'indice paneuropéen Stoxx 600 recule de 0,87% vers 10h15 GMT, avec un recul du secteur luxe, qui dépend beaucoup du marché chinois. LVMH, Kering et Hermes perdent autour de 2% à 3% et Prada a chuté de 4,79% à Hong Kong.

"La croissance publiée des exportations suggère aussi que la récente hausse du yuan devrait être de courte durée, que Pékin sera peut-être plus encline à trouver un accord commercial avec les Etats-Unis et que les responsables politiques devront prendre des mesures plus agressives pour stabiliser la croissance du PIB", ont indiqué les analystes de Nomura.

Le gouvernement chinois pense fixer un objectif de croissance de 6% à 6,5% du produit intérieur brut pour cette année - qui devrait être dévoilé en mars - alors que celui de 2018 était "de l'ordre de" 6,5%, ont déclaré vendredi des sources à Reuters.

(Juliette Rouillon pour le service français, édité par Blandine Hénault)

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle