La chimie française jalouse de son voisin allemand

En 2013, le secteur de la chimie français a retrouvé le chemin de la croissance. Mais ses exportations s’effritent à l’international. Ses acteurs plaident pour bénéficier des mêmes avantages que son principal concurrent, outre-Rhin.

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La chimie française jalouse de son voisin allemand

En sixième position à l’échelle mondiale, loin derrière le numéro un chinois, l’industrie chimique française a connu une légère reprise en 2013. Ses ventes ont grimpé de 1,3% en volume, atteignant 82,4 milliards d’euros de chiffre d'affaires, après une chute de 1,6% en 2012. "Alors que la production de l’industrie manufacturière reculait de 16,2% entre 2007 et 2013, notre secteur a tiré plutôt pas mal son épingle du jeu, avec une croissance de sa production de 1,5%", estime même Philippe Goebel, le président de l’Union des Industries Chimiques (UIC). Cette évolution reste cependant contrastée selon les secteurs. Si la chimie minérale et les savons, parfums et produits d’entretien ont connu une hausse de 4% en 2013, les spécialités chimiques ont vécu une croissance modeste de 0,8%, tandis que la chimie organique reculait de 2,3%.

Un niveau record du solde commercial

La force de notre industrie chimique tient traditionellement dans sa capacité à exporter. "En 2013, le solde de notre balance commerciale a atteint un niveau record de 5,8 milliards d’euros, se réjouit Philippe Goebel. C’est une progression de 40% par rapport à l’an dernier !" Si les exportations ont baissé de 2,4% entre 2012 et 2013, les importations se sont effondrées (- 6%). En cause, "la faiblesse de la demande de certains secteurs en France, comme l’automobile ou le bâtiment. Et nous nous sommes substitués à certaines importations venues sur notre marché en 2012", explique Philippe Goebel. L’Union européenne, destinatrice de 64% des exportations, demeure le principal partenaire commercial de la France. Problème, les exportations vers le reste du monde, et en particulier l’Asie, ont reculé de 3,1% en 2013, alors qu’elles avaient progressé de 6% l’année précédente. Une source d’inquiétude pour les chimistes français. C’est là que se situent les principales zones de croissance. "C’est un signal que nous allons suivre avec attention, car il peut marquer une relative perte de compétitivité par rapport à nos concurrents mondiaux", reconnaît le président de l’UIC.

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Profiter de la loi sur la transition énergétique

Comme bien souvent dans l’industrie, le premier concurrent de l’Hexagone reste l’Allemagne, le numéro un européen de la chimie. Pour rester dans la course, les groupes électro-intensifs doivent bénéficier, via la future loi sur la transition énergétique, des mêmes allègements sur le prix de l’énergie que leurs homologues d’Outre-Rhin, plaide l’UIC. Idem pour la fiscalité pesant sur la production, qui représente 9% de la valeur ajoutée de l’industrie chimique en France, contre 5,3% en Allemagne. Quant à la réglementation, avec plus de 1 800 textes régissant le secteur en France (eaux souterraines, Reach, perturbateurs endocriniens…), "elle doit être élaborée a minima à l’échelle européenne, plaide Philippe Goebel. Nous voulons être traités d’égal à égal avec nos concurrents européens !" De quoi pérenniser la croissance retrouvée en 2013…

Gaëlle Fleitour

La chute des investissements industriels


Après avoir atteint 3,8 milliards d’euros en 2012, les investissements industriels de la chimie française sont redescendus à 3,3 milliards l’an dernier. Dans un contexte de demande atone, le taux d’utilisation des capacités des usines est relativement bas, à 78%, alors qu’il était historiquement de 82%. Conséquence, les investissements sont dédiés aux deux tiers à des opérations d’amélioration de la sécurité, de protection de l’environnement, ou de modernisation des outils industriels. Contre seulement un tiers pour le développement de nouveaux produits ou l’augmentation des capacités des usines.

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