La CGT isolée, mais déterminée dans le conflit des chauffeurs routiers de matières dangereuses

La grève entamée vendredi 26 mai provoque quelques blocages et certaines stations-services franciliennes sont à sec. La CGT défend les conditions des chauffeurs routiers de matières dangereuses. Au programme, revalorisation salariale et limite du temps de travail à 10 heures par jour. Le patronat reste inflexible.

Partager
La CGT isolée, mais déterminée dans le conflit des chauffeurs routiers de matières dangereuses
Un camion citerne

Malgré des blocages liés à des barrages filtrants aux abords des dépôts de carburants, la grève lancée vendredi par la CGT-Transports n’est pas encore un franc succès, mais elle durera tant que le patronat refusera d’entamer des négociations, dixit la CGT. 6% des stations Total de la région parisienne seraient en rupture de stocks. Et les barrages filtrants affectent certains dépôts de carburants.

La centrale de Montreuil évoque le chiffre de 70% de grévistes parmi les chauffeurs routiers de matières dangereuses en Ile-de-France avec sept dépôts sur neuf sans activité et environ 30% de grévistes à La Rochelle (Charentes maritimes). A contrario, la direction du syndicat patronal TLF est catégorique. "La majorité de nos adhérents n’a enregistré aucun gréviste. On n‘atteint même pas 5% de grévistes, se réjouit Claude Blot, vice-président de TLF.

Pourtant "5% de grévistes ne peuvent pas arrêter sept dépôts, prévient Stanislas Beaugé, membre du bureau fédéral de la CGT-Transports. Depuis des années, les conducteurs demandent à être écoutés et à force de rien voir venir la colère gronde." Et d’évoquer la présence parmi les grévistes de chauffeurs FO, dont la direction ne soutient pas le mouvement.

Une journée de 10 heures de travail maximum

Particulièrement remonté, TLF ne souscrit à aucune revendication de la CGT qui dénonce le fait que certains chauffeurs transportant des matières dangereuses (gaz, produits chimiques, carburants) travaillent plus de 60 heures par semaine. "Il y a un droit du travail". Sous-entendu, personne ne travaille autant. En tout cas, la CGT demande une durée journalière de travail maximale de 10 heures, un suivi médical spécifique tous les six mois, un taux horaire minimal de 14 euros de l'heure et un treizième mois.

"Il y a ce qu’on veut et ce qu’on peut, indique-ton chez TLF. Aucun conducteur longue distance ou matières dangereuses n’est payé au Smic." A la CFDT, on reconnait que si le temps de travail est limité à dix heures par jour, il est parfois dépassé avec des dérogations. Mais ces conditions concernent tout le transport routier.

La CGT-Transports tente de mettre la pression sur les négociations qui reprendront le 10 juillet prochain pour s’achever en septembre sur une nouvelle classification des métiers du transport avec "les critères classant". La CGT-Transports souhaite insérer dans la convention collective du transport routier des spécificités liées aux matières dangereuses.

"Nous ne sommes pas sur la même ligne, car nous ne voulons pas saucissonner la convention collective, ce qui nous affaiblirait. Et nous devons demander les 10 heures par jour et le treizième mois pour tous les métiers du transport routier, prévient Patrick Blaise, secrétaire général du secteur route au sein de la CFDT Transports. Dans la messagerie aussi, les chauffeurs travaillent régulièrement au moins 11 heures par jour."

Une question de sécurité pour tous

"Nous avons déjà eu six réunions et le chantier de la classification est toujours au point mort", précise Stanislas Beaugé. Or nos revendications sont liées à la sécurité et la sûreté. Il en va de la sécurité pour tout le monde". En effet, un accident avec des produits inflammables peut provoquer une catastrophe comme cela s’est produit dans le passé. Et des horaires aussi conséquents sont sources de fatigue et d’inattention. Sans parler du gaz qui est souvent transporté hors du cadre des matières dangereuses, selon la CFDT.

Aujourd’hui, personne ne compte céder, ni le patronat sûr de son bon droit et de l’isolement de la CGT, ni les grévistes qui comptent poursuivre tant que les négociations ne seront pas ouvertes réellement. "Le conflit s’intensifie, y compris à la Rochelle, malgré les menaces de la Préfecture", indique-t-on à la CGT.

A la CFDT, on est conscient que les négociations n’avancent pas assez vite et si en septembre aucun accord n’est obtenu avec le patronat, la centrale pourrait passer à l’action. Mais elle s’inquiète surtout "de la pression des pays d’Europe de l’Est qui veulent allonger la durée du temps de travail aujourd’hui limitée à 48 heures par semaine et remettre en cause les jours de repos, s’insurge Patrick Blaise. Nous nous battons à Bruxelles."

Sujets associés

NEWSLETTER La Quotidienne

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

Tous les événements

LES PODCASTS

A Grasse, un parfum de renouveau

A Grasse, un parfum de renouveau

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Anne Sophie Bellaiche nous dévoile les coulisses de son reportage dans le berceau français du parfum : Grasse. Elle nous fait découvrir un écosystème résilient, composé essentiellement...

Écouter cet épisode

Les recettes de l'horlogerie suisse

Les recettes de l'horlogerie suisse

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, notre journaliste Gautier Virol nous dévoile les coulisses de son reportage dans le jura suisse au coeur de l'industrie des montres de luxe.

Écouter cet épisode

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Martin Buthaud est docteur en philosophie à l'Université de Rouen. Il fait partie des rares chercheurs français à se questionner sur le rôle du jeu vidéo dans nos sociétés.

Écouter cet épisode

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage dans l'abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui robotise peu à peu ses installations.

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

ORANO

Ingénieur Contrôle Commande F/H

ORANO - 09/12/2022 - CDI - La Hague

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

41 - BLOIS

ETUDES PRE-OPERATIONNELLES POUR LA CREATION DE LA ZAC DU PARC D'ACTIVITE AU NORD-EST DU COEUR DE L'AGGLOMERATION DE BLOIS.

DATE DE REPONSE 09/01/2023

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS