La CGT et les sous-traitants d'Airbus font front commun

Le 17 octobre, le syndicat CGT d'Airbus et de plusieurs sous-traitants de l'avionneur ont créé une plateforme revendicative commune. Le syndicat espère obtenir des garanties d'Airbus sur la gestion de la chaîne d'approvisionnement, la protection des salariés et le contrôle des conditions de travail.

Partager
La CGT et les sous-traitants d'Airbus font front commun
Le syndicat CGT d'Airbus et de plusieurs sous-traitants de l'avionneur ont créé une plateforme revendicative commune.

Le syndicat CGT d'Airbus et de plusieurs sociétés sous-traitantes du secteur aéronautique ont créé "une plateforme revendicative commune" pour obtenir de l'avionneur européen des garanties dans sa gestion de la chaîne d'approvisionnement. Cette plate-forme a été officiellement lancée le mercredi 17 octobre à l'occasion d'un colloque organisé à Toulouse par la Coordination CGT de l'aéronautique Midi-Pyrénées et serait selon ses initiateurs "une première en France".

"La politique d'achat d'Airbus a des conséquences concrètes sur ses sous-traitants en matière de baisse de salaires, de suppression d'effectifs, de pression sur les salariés et de délocalisation", explique à Reuters Xavier Petrachi, délégué syndical CGT chez Airbus.

"Airbus a pourtant un devoir de vigilance sur le plan social et environnemental dans son périmètre mais aussi, en tant que donneur d'ordre, au niveau de ses sous-traitants", ajoute-t-il.

La CGT demande à être partie prenante dans l'élaboration du plan de vigilance d'Airbus

Le syndicat s'appuie sur la loi du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d'ordre.

Celle-ci impose aux structures françaises de plus de 5000 salariés en France, ou 10 000 dans le monde en incluant leurs filiales, d'établir et de mettre en œuvre un plan de vigilance pour prévenir les risques sociaux et environnementaux liés à leurs opérations et à celles de leur partenaires commerciaux.

La CGT, qui plaide pour une relation de "co-traitance" avec Airbus, demande comme le prévoit la loi, à être "partie prenante" dans l'élaboration de son prochain plan de vigilance.

Protection des salariés

"Le plan de vigilance 2018 a été élaboré sans les représentants du personnel. Il contient beaucoup de 'greenwashing' lié à la Fondation Airbus mais aucune action concrète vis-à-vis de la protection des salariés et du personnel de la supply-chain", précise Xavier Petrachi.

Au sein de plusieurs sociétés sous-traitantes d'Airbus, la CGT dénonce la politique de baisse des coûts de l'avionneur que les sous-traitants répercutent selon elle sur leurs salariés pour "conserver le marché ou satisfaire leurs marges".

Chez le groupe de conseil en technologies Altran, le syndicat vise notamment les contrats commerciaux encadrant la mise à disposition d'ingénieurs dans les sites Airbus qui, d'après lui, "travaillent davantage" que le cadre fixé.

La CGT est à l'origine de plusieurs actions en justice de salariés d'Altran qui ont notamment obtenu en janvier 2018 la condamnation du groupe d'ingénierie au versement de 10 millions d'euros pour non-paiement d'heures supplémentaires.

"Les sociétés d'ingénierie sont comme des sociétés d'intérim. Elles sont là pour absorber les pics de charge d'Airbus qui, au lieu de recruter, fait de l'achat de prestations, toujours à la baisse. Du coup, la politique salariale d'Altran, qui réalise 80% de son chiffre d'affaires avec Airbus, est totalement assujetie à ce donneur d'ordre", explique Jean-Pierre Caparros, délégué syndical chez Altran.

Au printemps, à l'appel de la CGT, des salariés de Sogeti High Tech, filiale à 100% du groupe de services informatiques Capgemini, ont débrayé et manifesté devant des sites Airbus pour renvoyer l'avionneur à "ses responsabilités".

Outils de mesure

"L'objectif de cette plate-forme revendicative est notamment d'obtenir des outils de mesure et de contrôle sur les conditions et le temps de travail. Aujourd'hui, il n'existe pas de système de comptabilisation des heures supplémentaires sauf lorsqu'elles ne sont demandées par les managers en cas de situation critique", dit Robert Amade, délégué CGT chez Sogeti High Tech.

"Sogeti facture à la journée auprès d'Airbus sur la base de 35 heures mais très souvent la mission ou le projet ne correspondent pas au contrat négocié pour les exécuter. Les ingénieurs travaillent beaucoup plus mais n'osent rien réclamer", affirme le syndicaliste pour qui "la politique d'achat d'Airbus accentue la logique de financiarisation des sous-traitants".

Pour la CGT, malgré la bonne santé du secteur aéronautique, des carnets de commandes pleins, les salariés sont totalement "oubliés" et soumis à des "objectifs inatteignables". Elle estime à 1% par an en moyenne seulement l'augmentation de la masse salariale chez les sous-traitants d'Airbus.

La direction de Capgemini affirme que sa politique de ressources humaines est menée au plan national "sans différence de traitement selon les clients" et assure travailler en faveur d'un "dialogue social nourri et le plus constructif possible".

Airbus n'a pas répondu à plusieurs sollicitations de Reuters lui demandant sa réaction.

Avec Reuters (Édité par Yves Clarisse)

SUR LE MÊME SUJET

Sujets associés

NEWSLETTER Aéro et Défense

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

Le Mans, capitale du son

Le Mans, capitale du son

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Olivier James nous emmène au Mans pour nous faire découvrir un écosystème surprenant : celui de l'acoustique. En quelques années, la...

Écouter cet épisode

Le design dans le monde d'après

Le design dans le monde d'après

L'ancien secrétaire d'Etat socialiste, Thierry Mandon, est président de la Cité du Design de Saint-Etienne. Dans ce nouvel épisode du podcast Inspiration, il présente la Biennale...

Écouter cet épisode

Viande in vitro, végétal... Frédéric Wallet dresse le menu de demain

Viande in vitro, végétal... Frédéric Wallet dresse le menu de demain

Dans ce nouvel épisode de « Demain dans nos assiettes », notre journaliste reçoit Frédéric Wallet. Chercheur à l'Inrae, il est l'auteur de Manger Demain, paru aux...

Écouter cet épisode

La fin du charbon en Moselle

La fin du charbon en Moselle

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Cécile Maillard nous emmène à Saint Avold, en Moselle, dans l'enceinte de l'une des trois dernières centrales à charbon de...

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

VILLE DE CALLAC

Technicien des Services Techniques H/F

VILLE DE CALLAC - 31/03/2022 - CDD - CALLAC DE BRETAGNE

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

976 - MAMOUDZOU

PRESTATION RELATIVE AU DEPLOIEMENT D'UNE SOLUTION INFORMATISEE DE GESTION D'UNE FLOTTE DE VEHICULES.

DATE DE REPONSE 22/06/2022

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS