La CGT de Petroplus désormais seule à croire en une reprise

Liquidée le 16 avril 2013, la raffinerie Petroplus est à l’arrêt. Les 470 salariés sont été licenciés. L’intersyndicale n’existe plus et le gouvernement ne soutient pas les projets de reprise. La CGT, elle, continue d’y croire mais le temps presse. Le 30 septembre commence la vente des équipements de la raffinerie.

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La CGT  de Petroplus désormais seule à croire en une reprise

Exit les bannières de la CFDT et de la CFE-CGC à l’entrée de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime), liquidée par le Tribunal de commerce de Rouen le 16 avril 2013. Exit aussi l’intersyndicale CGT-CFDT-CFE-CGC. L’unité syndicale des Petroplus s’est disloquée avec la liquidation de la raffinerie et le licenciement de ses 470 salariés.

La CFDT a jeté l’éponge estimant qu’il fallait désormais rechercher avec le préfet, des "alternatives industrielles créant des emplois" et ne pas se bercer d’illusions sur les possibilités de reprise du site. De son côté, la CGT majoritaire, continue de travailler pour une solution de reprise sans le soutien du gouvernement.

C’est ce qu’a expliqué Yvon Scornet (CGT), mercredi 11 septembre au cours d’une assemblée générale devant les grilles de la raffinerie. Celle-ci est désormais à l’arrêt, mais quarante ex-Petroplus ont été embauchés en CDD pour dépolluer le site. Une autre cinquantaine aurait retrouvé un emploi principalement dans la pétrochimie (groupes Total et Exxon) et dans la papeterie d’Alizay (Eure) reprise par le groupe thaïlandais AA.

Devant une banderole aux seules couleurs de la CGT "Usine à vendre, inventons l’avenir", l’ex responsable de l’intersyndicale a indiqué que les discussions orchestrées par le Préfet dans le cadre d’un COPIL (comité de pilotage) ne servaient à rien puisque les membres de ce Comité "partent du principe qu’il n’y a plus de raffinerie". S’exprimant devant un auditoire clairsemé d’une soixantaine d’anciens collègues, Yvon Scornet a assuré que les réunions du COPIL en préfecture aboutiraient à une "friche industrielle". Il a rappelé au passage que la réunion prévue en septembre était décalée à fin octobre.

Toujours convaincu d’une reprise possible de la raffinerie, le syndicaliste a multiplié les attaques en direction du gouvernement qui juge les différents repreneurs non fiables. Selon Yvon Scornet, le gouvernement bloque tous les projets de reprise, à commencer par celui du lybien Murzuq Oil. "C’est pourtant un projet très solide", assure-t-il. "Il est tout à fait prêt à accepter que l’Etat rentre au capital pour une part minoritaire".

Selon lui, le gouvernement ne cesse de mettre des bâtons dans les roues de Murzuq Oil qui vient de voir réclamer 15 millions d’euros supplémentaires alors qu’il serait prêt à investir 300 millions d’euros dans la raffinerie. "C’est un refus politique" a commenté Yvon Scornet, qui s’est aussi étonné du refus du gouvernement d’examiner un autre projet de reprise – baptisé "projet subsaharien" – qui permettrait l’accès au pétrole angolais.

Il a enfin annoncé mercredi midi qu’il avait été contacté la veille par un troisième candidat à la reprise. Un candidat européen avec qui il était en relation depuis "plusieurs mois". Mais le temps presse, martèle le leader syndical. "Il nous reste deux ou trois semaines pour avancer". Il fait allusion au fait que la vente des équipements du site (par exemple, les catalyseurs) pourrait commencer à partir du 30 septembre.

Claire Garnier

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