La CGPME veut bien du pacte de responsabilité, mais pas du compte pénibilité

Le président de la CGPME, Jean-François Roubaud soutient le pacte de responsabilité. En revanche, il s’inquiète de mesures qui complexifient la vie des PME, comme le compte pénibilité ou la durée minimale du travail temporaire. 

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La CGPME veut bien du pacte de responsabilité, mais pas du compte pénibilité

Jean-François Roubaud, le président de la CGPME, a fait le tour des dossiers sociaux lors d’une rencontre organisée par l’association des journalistes de l’information sociale (AJIS). A commencer par la négociation sur l’assurance chômage qu’il soutient sans grand enthousiasme, estimant que "rien n’est réglé au fond. On a mis le pied dans la porte". Pour lui, il aurait fallu une réforme plus ambitieuse. Philosophe, il se satisfait "des 400 millions d’économies" car "mieux vaut signer un accord qui avance un peu". Sur la question des intermittents, il a regretté les déclarations de la ministre de la Culture, Aurélie Filipetti, qui avait estimé que Medef et CCGPME étaient "contre la culture". Mais le président Roubaud reconnait au passage que certaines entreprises aussi profitent d’un système qu’il faut revoir globalement.

Sur le pacte de responsabilité, il est davantage favorable. Jean-François Roubaud estime que si le programme annoncé par le président de la République est réalisé, ce sera une bonne chose. "C’est quand même la première fois qu’un chef de l’Etat se prononce clairement en faveur d’une politique de l’offre", a-t-il argumenté, rappelant que l’urgence était de restaurer et améliorer les marges des chefs d’entreprises obérées par des prélèvements trop importants. Pour la réduction des charges, l’adepte de la simplification est favorable (comme le Medef d’ailleurs) à une situation qui sanctuarise les allègements Fillon, le crédit impôt compétitivité emploi (CICE) et une baisse des cotisations familles pour les salaires supérieurs à 2,5 fois le Smic et les travailleurs indépendants.

Au sujet du CICE, Jean-François Roubaud a expliqué qu’au moment de son annonce de nombreux chefs d’entreprises estimaient que "ce n’était pas pour eux… cela ne servirait à rien." Maintenant que l’outil entre en fonction, il note que les mêmes demandent qu’on "n’y touche surtout pas". Ce sont ces délais entre l’annonce d’une mesure, sa mise en œuvre et son application dans les entreprises qui expliquent le refus de la CGPME pour tout engagement des entreprises en termes de créations d’emplois. Pour lui, l’amélioration des marges permise par la baisse de 30 milliards de prélèvements conduira à des investissements, puis à des embauches en 2015 ou en 2016. Et d’évoquer le terrain et la micro-économie qui lui est chère : "dans une PME de 100 personnes, le chef d’entreprise a une visibilité à 3 semaines sur son carnet de commandes. Il ne va pas s’engager sur des embauches demain."

La compensation au dépend de la prévention ?

S’il est d’accord sur la philosophie du pacte, sur d’autres sujets il sera compliqué d’en faire un défenseur de l’action gouvernementale. Deux projets de loi sont particulièrement contestés : la durée minimale du temps partiel à 24 heures et le compte individuel de pénibilité. Sur ce dernier point, Geneviève Roy,la vice-présidente de la CGPME s’est inquiété de certains effets pervers : "une fois que l’on est dans la compensation de la pénibilité du travail, ne risque-t-on pas de voir les entreprises arrêter leurs efforts de prévention ?" Et de pointer le retour par ce biais d’un possible système de préretraites pour les salariés exposés à la pénibilité. La première rencontre avec Michel de Virville, chargé d’une mission sur la pénibilité n’a pas vraiment rassuré le représentant des PME. Un prochain rendez-vous aura lieu le 27 mars.

Sur le travail à temps partiel, Jean-François Roubaud regrette que la loi aille plus loin que les dispositions de l’accord national interprofessionel. "Le travail à temps partiel n’est pas forcément subi", estime-t-il s’inquiétant là aussi des nouvelles contraintes et de l’instabilité juridique qui pourraient naître des dispositions législatives. Un point fâche particulièrement la CGPME : le texte de l’ANI, selon elle, ne concernait pas les contrats déjà signés. Or, le texte de loi revient sur ce point. Un peu plus tôt, sur Radio Classique, Jean-François Roubaud estimait que la réforme pourrait créer 600 à 700 000 chômeurs. Les partenaires sociaux ont encore trois mois pour trouver une solution, le gouvernement leur ayant donné un semestre pour trouver une solution dans les branches. Le président de la CGPME a regretté que certaines fédérations professionnelles d’une grande centrale signataire de l’ANI refuse dans les négociations de branches tout aménagement du texte.

Christophe Bys

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