La CGPME ne signera pas l'accord sur la formation professionnelle

A l'unanimité, le comité directeur de la CGPME a rejeté l'accord sur la formation professionnelle. Les dirigeants du syndicat patronal craignent un assèchement des ressources disponibles pour les PME et feront du lobbying auprès des pouvoirs publics pour faire entendre leur voix.

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La CGPME ne signera pas l'accord sur la formation professionnelle

On s'en doutait, c'est confirmé : la CGPME ne signera pas l'accord interprofessionnel sur la formation professionnelle. C'est ce qu'a confirmé mercredi 18 décembre son président, Jean-François Roubaud, lors d'une conférence de presse organisée dans les locaux du syndicat patronal, ironiquement situé à la Défense, en contrebas des sièges sociaux des entreprises du CAC 40.

Le principal point de blocage vient de la "fin de la mutualisation des ressources" que contient le nouveau texte, pour les dirigeants de la CGPME. Facialement, le taux de contribution des entreprises devrait baisser. Et les PME craignent de devoir payer l'addition, en ayant à l'avenir moins de ressources pour financer la formation de leurs salariés. Le président de la CGPME a prévenu : son organisation publiera, dès la mise en application des nouvelles dispositions, un indicateur pour mesurer le taux de salariés formés dans les PME. Et les résultats de ce futur baromètre ne font aucun doute pour Jean-François Roubaud : "on observera un recul".

Même si le texte qui est approuvé par le Medef et l'UPA et est, pour l'instant, bien reçu par les organisations syndicales (la CGT pourrait le signer), il devra encore être transcrit en texte de loi et voté par le Parlement pour entrer en application. Jean-François Roubaud a indiqué qu'il allait agir auprès des parlementaires pour qu'une part de mutualisation soit réinstillée dans la loi.

Un combat politique

Il a alors précisé un de ses angles d'attaque, évoquant les discussions qu'il allait avoir avec le ministre du Travail, Michel Sapin : "je ne vois pas comment un gouvernement de gauche va favoriser les grands groupes du CAC 40 plutôt que les PME." C'est ce que fait le texte, d'après Jean-François Roubaud et les présidents de fédérations professionnelles qui étaient présents à ses côtés. Geneviève Roy, vice-présidente de la CGPME chargée de la négociation sociale, a d'ailleurs insisté : "ce texte retire des moyens aux petites entreprises, alors que les grandes entreprises, leurs donneurs d'ordre, leur impose des formations, des certifications." Autrement dit, le texte renforcerait les donneurs d'ordre plutôt que les sous-traitants.

Le texte a été rejeté à l'unanimité par le comité directeur de la CGPME, y compris par certaines fédérations patronales qui adhèrent à la fois au Medef, qui soutient le texte, et à la CGPME. C'est le cas, par exemple de la FFB (bâtiment) ou de la CNPA (distribution et services automobiles). Leurs porte-parole soutiennent sans nuance la CGPME. Pourtant, même si l'un comme l'autre estiment que le sujet de la formation est important, "stratégique" même, ils n'envisagent pas de quitter le Medef.

Absente ce jour, la puissante UIMM qui est aussi adhérente à la CGPME et au Medef, soutient, elle, le texte, comme l'organisation dirigée par Pierre Gattaz. Interrogé sur son éventuel départ de la CGPME, Jean-François Roubaud a commenté "elle prendra la décision qui s'imposera pour elle." Il ne devrait pas y avoir de magie de Noël pour le monde patronal.

Christophe Bys

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