La CGPME cède aux arguments du Medef sur la représentativité patronale

Les deux organisations patronales ont trouvé un accord sur le mode de calcul de la représentativité patronale. Contrairement à ce que prévoyait la loi, le nombre de salariés représentés par une organisation sera le principal critère pour mesurer son poids. Si le gouvernement modifie la loi.

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Medef et CGPME ont enterré la hache de guerre. Les deux organisations patronales ont trouvé un accord sur la question de la représentativité patronale, qui les opposait depuis plusieurs mois. Le Medef contestait le mode de calcul retenu par la loi du 5 mars 2014, pour mesurer le poids d’une organisation, qui prenait en compte le nombre d’entreprises adhérentes.

Or CGPME et UPA, qui fédèrent des petites entreprises, en ont beaucoup plus que le Medef, qui réunit les plus grandes. Le Medef risquait donc de perdre sa capacité à signer seul des accords nationaux. En revanche, côté salariés, les poids lourds du Medef pèsent beaucoup plus dans la balance.

Le Medef a obtenu de la CGPME qu’elle renonce au critère du nombre d'adhérents. Selon Le Figaro, le nombre de salariés comptera pour 80% dans la mesure du poids d’une organisation patronale, tandis que le nombre de ses adhérents ne comptera que pour 20%. C’est en tout cas la proposition que les deux organisations ont transmise au ministère du Travail, qui devrait la reprendre dans la future loi El Khomri.

La CGPME n'avait pas les moyens de devenir leader

La CGPME était pourtant en position de force, après la défaite du Medef devant le conseil constitutionnel, qui a rejeté le 3 février son recours contre le décret d’application de la loi de mars 2014. Mais il fallait éviter la guerre fratricide entre Medef et CGPME. De plus, la grogne gagnait les propres troupes de la CGPME. En décembre, Geneviève Roy, numéro deux de la CGPME, avait démissionné de l’ensemble de ses fonctions pour manifester son désaccord sur la ligne défendue par le président François Asselin.

De grosses fédérations comme l’UIMM, Fédération française du bâtiment et Prism’Emploi, adhérentes des deux organisations, sont également intervenues pour faire flancher la CGPME. Il y a quelques semaines, François Asselin reconnaissait à mots couverts que son organisation n'aurait pas les moyens du Medef pour assurer un rôle de leader. Il attendait du Medef qu'il lui donne un peu plus de pouvoir qu'aujourd'hui, c'est tout.

Reste l’UPA. Exclue de cet accord, la troisième organisation patronale, représentante des artisans, l'a immédiatement critiqué sur Twitter

Cécile Maillard

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