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La CFDT regonfle ses troupes pour les prochaines batailles

Cécile Maillard , ,

Publié le

La CFDT dirigée par Laurent Berger a terminé ce vendredi 6 juin un congrès très consensuel, avec pour objectif de renforcer l’accompagnement de ses militants. Une proximité dont le but est aussi de gagner des adhérents et d’être en tête aux élections professionnelles de 2017.

La CFDT regonfle ses troupes pour les prochaines batailles
Laurent Berger, secrétaire génral de la CFDT
© Thierry Nectoux

"Stop aux réformes, laissez-vous mettre en œuvre celles qui ont été faites ces deux dernières années !" C’est le message que de nombreux délégués CFDT ont porté auprès de leur direction, lors du congrès syndical qui se termine ce vendredi à Marseille. Le dernier grand rassemblement des troupes CFDT, au congrès de Tours il y a quatre ans, avait défini de grands axes de travail, dont beaucoup ont débouché sur des réformes (marché du travail, formation professionnelle, qualité de vie au travail…) qui donnent beaucoup de boulot "aux équipes", comme on dit dans les centrales syndicales.

"Dans ma boîte, on bosse sur la banque de données uniques", indique un représentant syndical des Côtes d’Armor. "Nous, on travaille avec notre direction pour savoir ce qu’elle doit nous fournir comme information sur sa stratégie à trois ans", évoque un autre. D’autres évoquent la mise en œuvre du CICE. "On nous a informé du montant, et dit que cela servirait à de l’investissement, mais sur quoi ? On ne sait pas." D’autres s’inquiètent du suivi de la pénibilité, de la réforme de la formation professionnelle, de celle des institutions représentatives du personnel qui se profile… Tous sont friands de formations, de soutiens techniques, de correspondants par sujet. Différentes expérimentations régionales allant dans ce sens vont être généralisées.

Une direction largement soutenue par sa base

La commission exécutive (direction) nouvellement élue devra labourer le terrain, afin de rester proche des militants. "C’est pour ça qu’on a souhaité être dix au lieu de huit, pour que dans nos agendas, il y ait un jour par semaine réservé aux rencontres avec le terrain", a précisé Laurent Berger. Le secrétaire général de la CFDT estime que c’est cette proximité avec ses troupes qui permet un congrès apaisé. Le bilan des quatre dernières années a en effet été approuvé par 86 % des délégués, le secrétaire général, Laurent Berger, a été réélu avec 98,3% des voix, et le programme des quatre prochaines années a été validé par 87% des votants...

Même si 18 amendements au projet de résolution (programme des quatre ans à venir) ont été discutés, les débats auxquels ils ont donné lieu, autour du protectionnisme, de la place de l’Europe ou du droit à la déconnexion n’ont pas suscité des oppositions très fortes. La motion réclamant une exploitation des gaz de schiste n’a recueilli que 10% des voix ! "La CFDT est cohérente, a conclu Laurent Berger, qui conteste la vision d’une CFDT endormie et consensuelle. Il y a du débat, mais du débat sérieux, constructif, c’est de ça que notre démocratie a besoin."

Le principal débat qui traverse les troupes, porte sur le soutien de la centrale syndicale aux réformes du gouvernement, et notamment au pacte de responsabilité. "Notre syndicalisme, c’est prendre des risques et parfois se mettre en difficulté, reconnait Laurent Berger. Notre type de syndicalisme est exigeant pour nos militants, car notre choix est d’être responsables et de nous engager. C’est dur pour eux, c’est pourquoi nous voulons les accompagner au plus près."

Objectif :  devancer la CGT aux élections professionnelles

Le secrétaire général a conclu le congrès en évoquant les difficultés à venir et un "chemin escarpé". "Les mois qui viennent continueront d’être difficiles pour nombre de salariés", a-t-il prévenu. Dès le 10 juin au matin, les nouveaux élus se retrouvent pour définir un plan de travail pour les mois et années à venir, à commencer par une préparation de la conférence sociale des 7 et 8 juillet. "La mise en œuvre du pacte de responsabilité sera au cœur des échanges", prévient Laurent Berger, qui prévoit d’être très combatif sur le sujet auprès du patronat et du gouvernement. Le sujet s’est largement invité au congrès de Marseille, après les déclarations du numéro 2 du Medef menaçant de s’en retirer. "La CFDT a très bien géré avec ses troupes les éventuels reproches qui auraient pu lui être faits sur sa signature du pacte", estime Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail. De fait, si les militants s’inquiètent de l’attitude du Medef, ils soutiennent leur direction.

Parmi les prochains grands rendez-vous, les élections professionnelles de 2017. Le congrès de Marseille sonne aussi le départ de la mobilisation, la CFDT souhaitant  arriver en tête, devant la CGT. Le congrès s’est terminé sous une pluie de confettis orange, et en fanfare, devant des délégués regonflés à bloc.

Cécile Maillard, à Marseille

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1 commentaire

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07/06/2014 - 12h17 -

Une ligne plus dure pour la Cfdt ? Il était temps ! Par ex. arrêter de faire semblant de rechercher les causes (depuis longtemps connues) de non-qualité de vie au travail ... et exiger du Medef qu'il passe aux remèdes.
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