La CFDT accuse lourdement ses représentants chez SeaFrance

La direction de la CFDT se désolidarise des syndicalistes de la compagnie de transport transmanche SeaFrance. Des syndicalistes accusés d'être responsables de la situation catastrophique du transporteur.

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La CFDT accuse lourdement ses représentants chez SeaFrance

Coup de théatre. Alors que les responsables de la CFDT Maritime Nord se préparent à défendre leur projet de Scop lundi au tribunal de commerce de Paris, leur propre confédération les attaque sans ménagement.

Dans un communiqué commun, trois instances de la CFDT (la confédération, la fédération générale des transports-équipements et l'union régionale) expriment leur désaccord avec les leaders du syndicat majoritaire de SeaFrance.

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Pourquoi ? Ils n'auraient pas "voulu examiner d'autres projets, dont ceux de LDA-DFDS". Louis-Dreyfus Armateur et la compagnie danoise DFDS avaient fait une offre de reprise pour SeaFrance, considérée comme sérieuse malgré son coût social important.

"C'est une erreur grave, il y avait des possibilités de sauvegarder un maximum d'emplois", disent ces organisations. La confédération annonce d'ailleurs qu'elle "continuera d'oeuvrer pour que LDA maintienne son offre de reprise".

"Désormais, les salariés n'ont pas de perspectives pour sauver leurs emplois. Malheureusement, les responsables CFDT de SeaFrance portent une lourde responsabilité dans cette situation", commente la confédération. L'organisation considère que les salariés de SeaFrance "n'ont pas les moyens d'investir massivement dans une entreprise en difficulté soumise à une vive concurrence".

Mais les accusations ne s'arrêtent pas là. La confédération évoque également "des soupçons sur des pratiques obscures et frauduleuses des responsables CFDT de SeaFrance".

Ces doutes s'appuient sur un rapport de la Cour des comptes de 2009, qui relevait, outre une mauvaise gestion de la SNCF, l'emprise du syndicat en matière de recrutement.

"Les recommandations familiales, et surtout l'appui de la formation syndicale majoritaire, entrent comme un facteur déterminant dans la sélection des candidats (...), personnes peu motivées et n'ayant souvent aucune qualification", accuse ce rapport.

Les menaces se font lourdes : "si les propos de la presse de ce jour étaient confirmés par l'enquête judiciaire, la CFDT prendrait les décisions qui s'imposent en termes d'exclusion du syndicat Maritime Nord et de ses responsables".

Autre élément du dossier SeaFrance qui pèse sur les représentants syndicaux de l'entreprise : le gouvernement leur demande de travailler sur un plan de financement du projet de coopérative. Une demande qui fait suite au rejet par le personnel du plan de sauvetage proposé par Matignon quelques jours plus tôt.

Le compte à rebours pour l'avenir du transporteur est bel et bien enclenché. Lundi 9 janvier, le tribunal de commerce de Paris statuera sur le projet de Scop porté par l'ensemble du personnel de SeaFrance. En marge de cette solution, la SNCF, maison-mère de l'entreprise, propose dores et déjà un reclassement des salariés, en particulier pour des postes de conducteurs de bus.

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