La cession de GVT en sommeil, Vivendi chute en Bourse

par Leila Abboud et Catherine Monin

Partager

PARIS (Reuters) - Le processus de cession de GVT, la filiale brésilienne de Vivendi, se retrouve en sommeil après le retrait de DirecTV, ce qui fait chuter vendredi le titre du groupe français de médias.

"Les offres reçues jusqu'ici ne sont pas satisfaisantes. Or nous avons toujours dit qu'il n'était pas question de brader nos actifs", a déclaré un porte-parole de Vivendi.

"Nous poursuivons notre revue stratégique", a-t-il dit.

Prié de dire si Vivendi pourrait envisager d'introduire GVT en Bourse, le porte-parole s'est refusé à tout commentaire.

Une source au fait du dossier a déclaré à Reuters que "la direction de GVT serait très favorable à cette option".

"Mais", a-t-elle ajouté, "le principal problème reste la valorisation. Il n'est pas certain que Vivendi obtiendrait la valorisation qu'il souhaite avec une IPO."

DirectTV, premier prestataire de télévision par satellite aux Etats-Unis, a fait savoir jeudi soir qu'il n'était plus intéressé par GVT. Le dernier candidat potentiel est un consortium emmené par le fonds KKR.

Des sources au fait du dossier avaient indiqué fin février à Reuters que DirecTV était prêt à aller jusqu'à six milliards d'euros en actions et en numéraire pour reprendre GVT, alors que Vivendi en voulait au moins 7 milliards.

Le consortium mené par KKR est prêt à aller jusqu'à 5 milliards, toujours selon des sources.

En Bourse, à 14h10, le titre Vivendi abandonne 3,96% à 15,995 euros, après être descendu jusqu'à 15,84 euros, affichant la plus forte baisse de l'indice CAC 40, lui-même en recul de 0,7%.

"Les espoirs d'une réorientation stratégique radicale semblent se dissiper", estiment les analystes d'UBS dans une note.

LE TEMPS PRESSE AVANT L'AG

Vivendi subit son deuxième échec depuis la réflexion stratégique qu'il a engagée il y a presqu'un an sur son changement de périmètre. L'an dernier, Activision Blizzard, sa filiale de jeux vidéo, n'a pas trouvé preneur.

Dans ce contexte, Ian Whittaker, analyste chez Liberum Capital, estime que Vivendi devrait intensifier ses efforts pour sortir de ses autres filiales télécoms SFR et Maroc Telecom.

Le scénario d'une reprise des discussions avec le cablô-opérateur Numericable pour le rachat de SFR pourrait ainsi être relancé, ajoute-t-il.

Selon des informations de presse, Numericable voudrait déposer une offre de rachat en cash sur la totalité du capital de SFR. Mais jusqu'ici, Vivendi a toujours déclaré que sa filiale "n'est pas à vendre".

Concernant Maroc Telecom, les offres finales sont attendues d'ici la fin avril, selon deux sources au fait du dossier.

Vivendi détient 53% de Maroc Telecom, valorisés 4,5 milliards d'euros par les analystes et convoités par Qatar Telecom, Etisalat et l'opérateur sud-coréen KT Corp.

"Vivendi cherche à présenter aux actionnaires une cession avant son assemblée générale" le 30 avril, écrivent les analystes d'UBS. Sinon, font-ils valoir, l'attention des investisseurs se portera sur les résultats qui faiblissent et les menaces pesant sur la note de crédit du groupe.

Edité par Dominique Rodriguez

Sujets associés

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

Tous les événements

LES PODCASTS

A Grasse, un parfum de renouveau

A Grasse, un parfum de renouveau

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Anne Sophie Bellaiche nous dévoile les coulisses de son reportage dans le berceau français du parfum : Grasse. Elle nous fait découvrir un écosystème résilient, composé essentiellement...

Écouter cet épisode

Les recettes de l'horlogerie suisse

Les recettes de l'horlogerie suisse

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, notre journaliste Gautier Virol nous dévoile les coulisses de son reportage dans le jura suisse au coeur de l'industrie des montres de luxe.

Écouter cet épisode

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Martin Buthaud est docteur en philosophie à l'Université de Rouen. Il fait partie des rares chercheurs français à se questionner sur le rôle du jeu vidéo dans nos sociétés.

Écouter cet épisode

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage dans l'abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui robotise peu à peu ses installations.

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Recherche le contact d'un décideur ou d'une entreprise industrielle

AVRIL

+ 77 000 Décideurs

Tout voir
Proposé par

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

ORANO

Ingénieur Contrôle Commande F/H

ORANO - 09/12/2022 - CDI - La Hague

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

60 - Liancourt

Ravalement d'une maison de maître de 5 logements collectifs locatifs, rue des Arts et Métiers

DATE DE REPONSE 15/12/2022

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS