Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Quotidien des Usines

"La centrale nucléaire de Saint-Laurent est robuste"

,

Publié le

Entretien A moins de deux ans de la prochaine visite décennale du site loir-et-chérien, Patrice Dejou, directeur de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, croit en la fiabilité de son équipement. Des installations entrées en production en 1983, et appelées à durer encore trente ans, selon lui.

La centrale nucléaire de Saint-Laurent est robuste
Doc EDF - Centrale de Saint-Laurent-des-Eaux

Aucun des 58 réacteurs nucléaires français ne mérite d’être fermé, d’après le rapport de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), remis voilà trois semaines à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Pour autant, les deux réacteurs de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) pourraient être directement visés par l’accord PS-EELV, en cas de victoire de François Hollande à la présidentielle de 2012.

Si au niveau local, EDF refuse d’entrer dans le débat politique, l’énergéticien vante l’avantage concurrentiel de l’atome hexagonal, la rentabilité économique de ses centrales, qui emploient plus de 100 000 personnes, et la fiabilité de son parc nucléaire sur le plan de la sûreté. C’est également le message de Patrice Dejou, directeur de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux, qui mobilise 950 salariés à plein temps, et dont les deux réacteurs d'une puissance unitaire de 900 MW produisent 2,5 % de l'électricité française. Interview.

L’Usine Nouvelle - Comme tous les exploitants d’installations nucléaires françaises, vous avez récemment mené à Saint-Laurent des évaluations complémentaires de sûreté post-Fukushima. Quelles en sont les conclusions ?
Patrice Dejou - Conformément à ce qu’a demandé le Premier Ministre François Fillon, la centrale de Saint-Laurent a remis un rapport complet de plus de 300 pages à l’Autorité de Sûreté Nucléaire, le 15 septembre, comme tous les sites nucléaires d’EDF. C'est-à-dire, un rapport complet sur la fiabilité de la centrale vis-à-vis des risques encourus dans le cadre du retour d’expérience de Fukushima. Nous avons évalué les risques à portée climatique, le séisme, les pertes d’alimentation électrique, et les problèmes éventuels liés à notre source froide qu’est la Loire.

Vis-à-vis du référentiel actuel de sûreté en vigueur à la centrale et à EDF, le rapport montre que la centrale est robuste. Et elle possède même des marges, par rapport à tous ces risques. Ce qui veut dire que nous sommes mieux protégés contre un séisme ou une crue de la Loire que ne l’exige le référentiel actuel.

La contre-expertise menée par l’IRSN sur votre dossier de sûreté évoque pourtant des risques d’inondation autour des réacteurs de Saint-Laurent ?
La catastrophe de Fukushima a effectivement montré qu’il fallait se prémunir contre des risques à première vue improbables. Des crues de Loire plus importantes encore que ce qu’on imaginait, des séismes plus forts, des pertes d’alimentation généralisées à l’ensemble de la centrale, etc.

Pour ce qui est de la proximité immédiate de la Loire, nous avons tous en mémoire l’inondation de 1856, une crue colossale de 6 500 mètres cubes par seconde. La centrale y aurait résisté sans problème puisqu’elle peut déjà résister à une crue de 12 500 mètres cubes seconde. Et nous menons des études pour augmenter cette résistance à un débit de Loire de 15 000 mètres cubes seconde.

Pour autant l’équipement date d’une trentaine d’années. Comment palier l’usure du temps ?
Si l’on compare la durée de vie de la centrale de Saint-Laurent à la durée de vie d’une voiture, la centrale a à peine 80 000 kilomètres au compteur. Elle est donc loin d’être ancienne. Certes, lors de sa conception, le matériel de la centrale était prévu pour durer entre 30 et 40 ans. Mais au vu de la maintenance effectuée à chaque arrêt de tranche, au vu des résultats des dernières visites décennales sur l’ensemble des centrales françaises, ce sont des équipements qui vont pouvoir durer bien plus longtemps que prévu. 60 ans, au moins.

Toutes les pièces de notre centrale sont remplaçables, à l’exception de la cuve et du réacteur. A Saint-Laurent, justement, ces deux composants seront très finement observés en 2013 et 2015, et nous avons espoir qu’ils aillent jusqu’à 60 ans. Donc en théorie, notre centrale n’en est encore qu’à la moitié de sa vie.

Au-delà de l’usure et des agressions extérieures liées au climat, une intrusion de personnes comme celle qu’a connue la centrale de Nogent est-elle possible à Saint-Laurent ?
A Saint-Laurent comme ailleurs, la défense de la centrale est graduée en fonction du risque. Plus l’on s’approche des centres vitaux de la centrale, plus la défense est forte. La défense au niveau des clôtures extérieures n’est évidemment pas la même que celle qui entoure le bâtiment réacteur. Et les représentants de Greenpeace qui se sont introduits notamment sur le site de Nogent ont été repérés très tôt.

Quoi qu’il en soit nous avons à la centrale des personnels de la Gendarmerie nationale spécialisés dans la surveillance et l’intervention, qui connaissent parfaitement les bâtiments de l’intérieur, et qui travaillent aussi à l’extérieur de la centrale, pour contrer toute menace éventuelle susceptible de pénétrer dans l’enceinte de la centrale et d’en perturber la sécurité. Le risque zéro n’existe pas, certes, mais notre centrale est bien protégée contre ce type d’intrusions.

Propos recueillis par Laura Heulard

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle