La Caisse des dépôts réunit des "indignés de la finance"

Révolution ! Le monde de la finance, réuni le 17 novembre par la Caisse des dépôts et consignations dans le cadre des Assises du financement du long terme, s’est emporté contre les réglementations internationales. Bâle III, pour les banques, Solvency II, pour les assurances, ou encore les normes IFRS pour les sociétés cotées, aucune n’a trouvé grâce à leurs yeux.

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La Caisse des dépôts réunit des

En imposant "une vision plus court termiste de l’économie", les règlementations empêcheraient les financeurs de long terme de mener à bien les investissements en infrastructure dont l’Europe aurait besoin pour relancer la croissance. Des investissements chiffrés, pour la France, à 166 milliards d’euros dans les vingt prochaines années pour les infrastructures de transport, et à 130 milliards d’euros d’ici 2020 pour l’énergie.

"Ces vingt dernières années, on a tout fait pour favoriser la spéculation", s’est emporté Claude Bébéar, le président de l’Institut Montaigne qui a fustigé les mécanismes mis en place pour fluidifier le marché. Il cite notamment le lancement de la Bourse en continu ("ça ne sert à rien !"), la quasi gratuité des transactions financières qui a permis le développement du trading de haute fréquence, ou encore la publication de comptes trimestriels pour les entreprises cotées. "Si on veut des investissements à long terme, il faut que les investisseurs y trouvent un intérêt", a-t-il repris en proposant de multiplier les droits de vote ou encore de permettre de varier le montant des dividendes pour les actionnaires en fonction du temps de détention des actions.

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Ironique, il s’est prononcé pour la création d’un mouvement des "indignés de la finance". "Il faut que les entreprises refusent la dictature des agences de notation, des marchés, des analystes financiers, qui sont des gamins sympathiques mais qui ne connaissent pas grand-chose du monde des entreprises !", a-t-il conclu.

Réglementations

Les banquiers qui à travers leur activité d’investissement ont aussi beaucoup profité de ces logiques spéculatives, ont préférer porter le fer sur les réglementations prudentielles. Elles ont reconnu l’intérêt de renforcer leur bilan. "Mais il faut que cela soit compatible avec le financement de l’économie", a préconisé Michel Pébereau, président de BNP Paribas.

Selon Frédéric Oudéa, le président de la Fédération bancaire française et le président de la Société Générale, "la réglementation réduit notre capacité de transformer l’épargne courte en financements longs." Quant aux nouvelles normes comptables, elles imposent aux entreprises de se référer à la valeur de marché de leurs produits, donc de garder l’œil rivé sur leur cours de bourse. "Si la valeur de marché est parfaite pour juger les opérateurs du marché, elle n’est pas adaptée pour juger le patrimoine des entreprises", a souligné Michel Pébereau.

Ces règles, qui ne sont pas encore toutes en vigueur, impactent déjà l’économie réelle. "Pour monter un partenariat public privé, nous avons aujourd’hui plus de mal à trouver des banques, a indiqué Yves Thibault de Silguy, le vice-président de Vinci. Il nous faut en réunir plus qu’avant." Les règles prudentielles, qui visent à renforcer le capital des établissements financiers et leur capacité à faire face à une crise des liquidités, imposent aux banques d’avoir beaucoup plus de capital pour asseoir l’octroi des crédits. Elles vont pousser les entreprises à réduire leur exposition aux crédits bancaires pour s’orienter vers les marchés.

A l’occasion des Assises, un manifeste pour l’investissement de long terme dans l’Union Européenne a été signé par plusieurs acteurs économiques. Un nouveau lobby est né.

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