L'Usine Energie

La Caisse des dépôts au capital de RTE, la filiale d’EDF ? Absurde, répond la CFDT

Manuel Moragues

Publié le

Suite aux déclarations d’Emmanuel Macron sur la possibilité d’ouvrir le capital de RTE à la Caisse des dépôts pour financer la maison-mère EDF, la FCE-CFDT a écrit une lettre ouverte dans laquelle elle s’oppose à cette opération "absurde".

Emmanuel Macron a relancé cette semaine l’hypothèse d’une ouverture du capital de RTE à la Caisse des dépôts et à des "fonds d’infrastructures". La CFDT chimie-énergie n’en veut pas et le fait savoir. La Confédération a écrit une lettre ouverte, datée du 3 février et reproduite plus bas, au ministre de l’Economie, à son homologue à l’Ecologie, Ségolène Royal, aux parlementaires et aux présidents respectifs d’EDF et de RTE.

"En raison du caractère hautement stratégique du réseau de transport pour la nation et pour la transition énergétique, la FCE-CFDT est fermement opposée à la cession partielle de RTE, envisagée par le président d’EDF", écrit son secrétaire général, Dominique Bousquenaud. Qui ajoute : "La cession potentielle d’une partie de RTE à la Caisse des dépôts serait absurde."

Le syndicat avance par ailleurs que "l’ouverture du capital de RTE pourrait conduire, à terme, à sa sortie du groupe EDF", qui "ouvrirait la voie à une privatisation d’EDF". Car c’est l’intégration à EDF de RTE, dont la Constitution interdit la privatisation, qui empêche la privatisation d’EDF, explique en substance la lettre.

Protection croisée entre EDF et RTE

De source proche de la CFDT, on pointe une autre "protection" croisée : "Aussi paradoxal que cela paraisse, la garantie d'indépendance de RTE vis-à-vis d'intérêts autres que l'intérêt général est assurée par la présence d'EDF au conseil de surveillance".

En tant que producteur d’électricité, EDF ne peut pas en effet intervenir sur les investissements de RTE, qui doit être neutre vis-à-vis de tous les fournisseurs.

Au-delà de ces considérations à plusieurs bandes, la CFDT avance un argument qui a le mérite de la simplicité : "Si [la Caisse des dépôts] tient absolument à apporter du cash à EDF contre un actif d’infrastructure, qu’elle prenne directement 15% du projet EPR HPC [Hinkley Point C, ndlr]."

Manuel Moragues

2016_02_03 Lettre Ouverte Capital Rte

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1 commentaire

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09/02/2016 - 14h55 -

"EDF doit faire face [...] à l’obligation de rembourser les supposées aides de l’Etat"
S'il est indéniable qu'EDF fait face à un mur d'investissements, il n'en est pas moins évident que s'il y a aides de l'Etat à rembourser, c'est qu'elles doivent être avérées.

"La cession potentielle d’une partie de RTE à la Caisse des dépôts serait absurde"
S'agit-il réellement d'une privatisation?
"La Caisse des dépôts et consignations (CDC) [...] est une institution financière publique française créée en 1816." (Article Wikipédia)

"il est essentiel qu’EDF reste une entreprise publique eu égard à ses missions de service public, aux enjeux de sûreté liés au parc nucléaire et à son importance pour l'économie française."
La production d'acier, la fabrication de turbines à gaz et à vapeur pour centrales thermiques sont également des enjeux stratégiques pour un Etat. Et pourtant Arcelor arbore aujourd'hui pavillon Indien, Alstom pavillon Américain... La réalité du monde libéral est sans doute difficile à vivre mais quelle est la latitude d'un gouvernement contraint financièrement pour lutter contre?
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