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L'Usine Maroc

La bourse de Casablanca remaniera bientôt son capital pour prendre de l'ampleur en Afrique

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Dans le cadre de la réforme des marchés financiers en cours, l'ouverture du capital de la société de bourse de Casablanca a été entérinée avec la signature du mémorandum entre l'État, le Conseil déontologique des valeurs mobilières, les actionnaires actuels de la bourse des valeurs et les futurs actionnaires. L'opération doit se dérouler à partir de janvier 2016. Objectif : développer le marché marocain, le quatrième d'Afrique.

La bourse de Casablanca remaniera bientôt son capital pour prendre de l'ampleur en Afrique
Mohammed Boussaid, ministre des finances marocain a présidé la cérémonie de signature du protocole d'accord portant sur l'ouverture du capital de la Bourse de Casablanca le mercredi 25 novembre au siège de la place financière du Maroc.
© finances.gov.ma

La Société de la Bourse des valeurs de Casablanca (SBVC) qui gère la place financière des sociétés cotées au Maroc va voir son mode de gestion profondément modifié l'an prochain. Parmi ces réformes, le changement de répartition du capital de la SBVC, société anonyme qui détient la concession de la gestion de la bourse.

La cérémonie de signature du protocole d'accord présidée par Mohammed Boussaïd, ministre des Finances a eu lieu mercredi 25 novembre au siège de la bourse de Casablanca l'a officialisé.

hisser le Maroc parmi les grandes places financières

En jargon technique l'opération est dénommé "démutualisation".

Pour Mohammed Boussaïd, il fallait "changer le tour de table" alors que jusqu'ici les sociétés d'intermédiation boursière contrôlaient l'essentiel totalité du capital

Le nouveau schéma comprendra les banques (39%), les entreprises d'assurance (11%), la Caisse de dépôt et de gestion (25%) et Casablanca Finance City Authority - CFCA (5%).

Côté établissements et organismes financiers, la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE), Attijariwafa Bank (AWB) et Banque Centrale Populaire (BCP) auront chacun une part de 8%.

La Banque marocaine pour le commerce et l'industrie (BMCI), Crédit du Maroc et le Crédit immobilier et hôtelier (CIH) se verront attribuer 3% du capital chacun.

la CDG a une participation de 5%

Quant à la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), le ministre a précisé qu'à travers une participation totale de 25%, "la CDG a une participation de 5% et porte en quelque sorte les 20% en attendant un partenaire stratégique".

Les sociétés d'intermédiation boursière détiendrons désormais une part de 20% du capital. "Il est normal que les sociétés de bourse demeurent actionnaires de la place de Casablanca, elles sont des intervenants primordiaux sur la place, et elles continueront à avoir leur mot à dire sur la stratégie et le développement de la BVC" a indiqué Mohammed Boussaid

D'ici au 15 décembre, la société gestionnaire de la Bourse de Casablanca devra définir sur quelles bases l'entrée de nouveaux actionnaires pourrait s'établir.

Il est prévu au 31 décembre, la tenue d'une assemblée générale extraordinaire en vue de décider d'augmentations de capital réservées à la CDG et à Casablanca Finance City Authority (CFCA).

Le mémorandum d'entente signé prévoit une répartition équilibrée des pouvoirs entre les différentes catégories d'actionnaires que rejoindront deux administrateurs indépendants.

L'objectif de cette opération est de "hisser le Maroc parmi les grandes places financières du continent et parmi les places les plus actives qui financent le plus l'économie de leurs pays", a annoncé Karim Hajji, directeur général de la Bourse de Casablanca.

Selon les autorités marocaines, la bourse devra donc par ailleurs s'associer à un partenaire international avec comme candidats potentiels le London Stock Exchange ou NYSE Euronext.

Avec une valorisation d'environ 45 milliards de dollars, la bourse de Casablanca est la quatrième d'Afrique très loin derrière le poids lourd sud-africain Johannesburg SE (autour de 800 milliards de dollars). Mais les deux places suivantes ne sont pas si éloignés que cela de Casablanca. Le Caire chahutée par les troubles politiques des dernières années pèse autour de 60 milliards de dollars. Quant à Lagos (autour de 50 milliards de dollars), la place du Nigeria souffre depuis un an de l'effondrement des prix du pétrole. La Tunisie pour sa part pèse moins de 10 milliards de dollars.

L'objectif global du Maroc, réaffirmé par les autorités est de disposer d'une "bourse plus liquide" ayant un rayonnement régional. Le marchés casablancais compte un peu plus de 70 sociétés cotées, mais les volumes d'échange demeurent réduits, autour de 10 millions de dollars par jour. Et Casablanca comme beaucoup de places souffre de la désaffection depuis un an des investisseurs internationaux pour les marchés émergents.

A cela s'ajoute le fait que peu de papier nouveau est offert, avec une seule introduction l'an dernier (l'immobilière Dar Saada) et une, à ce jour, pour cette année, à savoir Total Maroc. Celle du courtier d'assurance AFMA étant attendue fin novembre.

A noter que le nouveau cadre actionnarial de la bourse du Maroc s'accompagnera par ailleurs d'autres d'innovations comme la création de deux marchés, un principal et un second dit alternatif voué aux PME avec moins de contraintes.

Autre nouveauté, les entreprises étrangères, même n'ayant pas leur siège au Maroc, pourraient être cotées. Un mesure qui cible notamment les entreprises africaines et cadre avec l'objectif de Casablanca Finance City de faire de la ville, une plate forme financière, et pas seulement boursière, au plan régional grâce à un cadre réglementaire d'affaires et fiscal attractif (le label CFC) qui déjà séduit plus de 60 entreprises marocaines et internationales.

Nasser Djama et Pierre-Olivier Rouaud

Les orientations stratégiques du projet d’ouverture du capital de la Bourse de Casablanca (source :  ministère des Finances)

  • Institution de la démutualisation de la Bourse par un large accord de place et non par une loi pour que ce projet bénéficie de l’adhésion et de l’implication de toute la place financière ; 
  •  Inscription de cette démutualisation dans un projet plus vaste qui est celui de la construction d’une organisation intégrée de l’ensemble de l’infrastructure de marché ; 
  • Aboutissement à un schéma de place équilibré qui implique les principaux acteurs du marché dans le développement de la place ;
  •  Consolidation de l’objectif d’ériger la place financière de Casablanca en hub financier intégré dans son espace régional et capable de répondre aux besoins des émetteurs et des investisseurs notamment africains ;
  • Intégration de ce projet dans une vision stratégique plus large de relance et de développement du marché qui est axée sur, d’une part, le renforcement de la supervision et de la transparence du marché et, d’autre part, le développement du marché à travers la mise en place d’une nouvelle génération de réformes et d’instruments financiers qui devrait contribuer à améliorer la profondeur et la liquidé du marché.

 

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