Economie

La Boulodiversité, un livre pour ré-inventer le travail au pied du sapin !

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Tribune Yann-Maël Larher, doctorant en droit social sur les technologies de l'information et de la communication dans l'entreprise, recommande la lecture du nouvel ouvrage de Françoise Frisch, La Boulodiversité , aux éditions l'Harmattan. Partant d’une analyse menée au plus près des réalités du terrain, elle ouvre des pistes propices à l’aménagement de la transition vers des logiques de production adaptées aux réalités contemporaines. Elle invite les Français à ré-humaniser le travail et à restaurer le lien social.

La Boulodiversité, un livre pour ré-inventer le travail au pied du sapin ! © DR

Après un projet porté par le ministre de l'Économie sur l'ouverture dominicale des commerces (mais aussi sur la libéralisation du transport par autocars, les professions réglementées…), le gouvernement a prévu une loi "travail", portant sur les seuils sociaux en entreprise et sur la représentation des salariés dans les TPE. Mais à quand une véritable réflexion sur le travail en France ?

Après avoir enseigné la philosophie puis la psychologie sociale, Françoise Frisch a créé en 1972 un institut d’études d’opinion qu’elle a dirigé pendant plus de trente ans. Actuellement membre du Conseil économique, social et environnemental dont elle a été vice-présidente entre 2010 et 2013, Françoise Frisch propose, à travers "La Boulodiversité", de tourner le dos à la crise de l’emploi. Elle nous entraîne vers la métamorphose du travail.

Panorama des nouveaux métiers 

Selon cet ouvrage, le chômage de masse n’est pas une fatalité, c’est un choix collectif sur lequel nous pouvons revenir. La France contemporaine est riche de métiers magnifiques, mais il faut aider les jeunes à les identifier et à les développer sur notre territoire. Car ce n’est pas tant le travail qui manque en France, c’est l’emploi, l’emploi salarié à la française. Ne cherchons pas des boucs émissaires du côté de l’immigration, de la désindustrialisation ou des délocalisations.

Dans une planète globalisée où prospèrent les innovations, le travail est abondant pour les Français à condition de revoir notre conception du travail. Nos besoins mal satisfaits sont innombrables et les nouveaux métiers foisonnent. Mais au lieu de les promouvoir, nous continuons à tolérer la dégradation continue de l’Education nationale, le massacre de la transmission des savoir-faire et nous verrouillons l’accession aux postes de responsabilité.

Produire autrement 

Le monde est en chantier, nous pouvons décider de nous appuyer sur la mutation au lieu de consacrer nos forces à lutter contre elle. Alors que les taxis bloquaient une nouvelle fois Paris, l’annonce du ministère de l’Intérieur déclarant le service UberPOP "illégal" au 1e janvier 2015 est symptomatique. Un regard manichéen sur la société ne permet plus de faire émerger des solutions adaptées aux tensions nées d'une conjoncture liée aux nouvelles technologies et aux nouvelles pratiques qui leurs sont associés.

Jusqu’à présent, l’avenir des jeunes se présentait comme une alternative dangereuse : rejoindre chaque matin un poste salarié ou traîner chez soi en tant que chômeur. Nous sommes enjoints de choisir entre la soumission et la misère !  Mais l'option peut être autre : les nouveaux métiers mobilisent les énergies de manière plus inventive et plus libre. Inventé il y a quelques siècles seulement, le modèle économique qui rassemblait les ouvriers autour de l’usine est désormais périmé. La renaissance, il faut la chercher du côté des métiers impliqués dans l'économie globalisés mais aussi, à l'opposé, dans les réseaux de l'économie territoriale. 

Organiser la transition éco-sociale 

Plutôt que de chercher à protéger à tout prix un modèle dépassé, sélectionnons les mesures incitatrices qui adouciront la difficile période de transition vers la métamorphose du travail. Françoise Frisch invite à privilégier les arbitrages qui nous orienteront vers la ré-humanisation du travail, vers la restauration du lien social, vers la cohérence entre les pratiques de production et les réalités contemporaines… Il s’agit d’aller vers une libre circulation du travail et de l’argent. Ce qui forge la prospérité d’un pays, c’est la libre énergie de sa population. La France étouffe sous le joug d’un système injuste et périmé.

Il est urgent de nous émanciper afin de regarder en face le monde métamorphosé qu’il nous faut maintenant conquérir. Selon l’auteur, le dragon nommé chômage qui dévaste nos villes et nos campagnes n’est qu’un dragon de papier. Si nous le décidons tous ensemble, nous pouvons choisir de vaincre cette malédiction, nous pouvons exterminer le chômage. Développons dans un même mouvement le travail sous toutes ses formes et la protection des travailleurs, au lieu de consacrer toute l’énergie disponible à la protection des seuls seigneurs de l’ancien salariat à la française. Libérons le travail, il nous libérera.

Yann-Maël Larher, doctorant en droit social sur les technologies de l'information et de la communication dans l'entreprise (Université Paris 2 - Assas) @yannmael

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