La BNS maintient sa politique pour freiner le franc

BERNE (Reuters) - La Banque nationale suisse (BNS) a laissé sa politique monétaire inchangée jeudi, ses taux restant à leur plus bas niveau historique, et elle a redit qu'elle continuait d'intervenir "au besoin" sur le marché des changes, jugeant que le franc reste "nettement surévalué".
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Comme attendu, la banque centrale helvétique a maintenu la fourchette de fluctuation du taux Libor à trois mois, principal instrument de sa politique monétaire, dans une fourchette de -1,25% à -0,25% et le taux appliqué aux avoirs détenus par les banques auprès d'elle à -0,75%.

"Le taux d'intérêt négatif et la disposition de la Banque nationale à intervenir sur le marché des changes visent à rendre les placements en francs moins attrayants et, partant, à réduire les pressions sur le franc", explique-t-elle dans un communiqué.

La BNS a abaissé ses prévisions d'inflation pour 2017 et 2018 mais confirmé s'attendre à une croissance de 1,5% environ du produit intérieur brut (PIB) cette année et l'an prochain.

"La Banque nationale s'attend à ce que la croissance modérée de l'économie mondiale se poursuive en 2017. Néanmoins, son scénario de base pour cette dernière reste entaché de risques importants", explique-t-elle, mettant en avant les problèmes structurels de plusieurs pays industrialisés.

INCERTITUDES POLITIQUES

"A cela viennent s'ajouter de nombreuses incertitudes politiques, liées en particulier à l'orientation que prendra la politique économique aux Etats-Unis, aux élections qui se tiendront dans plusieurs pays de la zone euro, ainsi qu’aux négociations complexes et de longue haleine concernant la sortie du Royaume-Uni de l'UE."

Les taux d'intérêt négatifs et les interventions sur le marché des changes constituent depuis bientôt deux ans les deux axes de la politique monétaire suisse. Les économistes s'attendent à ce que la BNS maintienne ses taux en territoire négatif jusqu'en 2018 en dépit des critiques répétées des banques et des fonds de pension, dont les performances et la rentabilité souffrent de cette orientation.

Pour les observateurs, la BNS n'a guère de choix que de maintenir la politique actuelle, les multiples incertitudes politiques actuelles en Europe favorisant le repli sur le franc suisse, valeur refuge traditionnelle, donc son appréciation.

Et la vigueur du franc handicape l'économie suisse, très tournée vers l'export, en renchérissant le prix des produits suisses et en pesant sur les marges.

Les interventions visant à faire baisser la monnaie sur le marché des changes sont en outre compliquées par les achats d'actifs de la Banque centrale européenne (BCE), qui augmentent la masse d'euros en circulation.

"Tant que la BCE n'annoncera ou ne suggérera pas l'arrêt définitif du programme d'assouplissement quantitatif, la BNS ne pourra commencer à relever les taux", expliquait Alessandro Bee, économiste d'UBS, avant les annonces de jeudi.

Le franc suisse était pratiquement inchangé jeudi matin après les annonces de la BNS, autour de 1,0240 pour un dollar et 1,05 pour un euro.

(John Revill et Silke Koltrowitz; Marc Angrand pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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