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La BnF signe un accord avec Microsoft pour l'indexation de ses archives numériques

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Microsoft 1, Google 0... La Bibliothèque nationale de France, que l'on croyait acquise à la cause Google, prend en partie ses distances avec le moteur. Elle vient de signer une nouvelle alliance avec Microsoft, qui bénéficiera d'un accès « privilégié » aux archives numériques de son site Gallica.fr.

La BnF signe un accord avec Microsoft pour l'indexation de ses archives numériques

On croyait l'affaire entendue. L'arrivée d'un accord entre la BnF (Bibliothèque nationale de France) et Google pour la numérisation d'une grande partie de son patrimoine, jugée « indispensable » fin 2009 par la commission des finances du Sénat, http://www.senat.fr/rap/r09-338/r09-3385.html#toc157 semblait presque inévitable, malgré les réticences qui avaient alors été émises sur « les libertés prises par Google avec les droits d'auteur ». Mais c'était sans compter l'arrivée dans la bataille d'un « chevalier blanc » s'appelant Microsoft, qui viendrait rebattre les cartes et redonner du pouvoir à la BnF face aux exigences de Google. Et c'est ce qui vient de se passer.

La BnF a conclu hier un nouvel accord avec Microsoft en vertu duquel ce dernier doit faciliter l'accès aux quelque 1,25 million de documents de Gallica.fr par l'intermédiaire de la version française définitive de son moteur, qui doit sortir de « bêta » d'ici quelques mois. Selon une porte-parole de la plus grande bibliothèque française, ce partenariat, valable pendant un an reconductible, « n'est pas du tout exclusif et n'engage rien financièrement de la part des deux contractants ». Mais il se traduira immédiatement par « une indexation privilégiée des références libres de droits de Gallica sur Bing », et notamment par le référencement de 40 millions de pages numérisées difficilement « indexables » par les moteurs. Les internautes pourront consulter la collection par l'intermédiaire de Bing et accéder à certains contenus « sous la forme d’une galerie d’images ».

Un revers pour Google

« C'est une bonne nouvelle et une bonne décision », s'enthousiasme Jean-Pierre Gérault, président du directoire de la société française i2S, à l'origine du projet Polinum (pour « Plateforme opérationnelle pour le livre numérique ») visant à proposer aux bibliothèques une nouvelle architecture complète pour la numérisation et la valorisation des fonds. En toute indépendance vis-à-vis de Google.

Pour lui, « il s'agit pour la BnF d'ouvrir au maximum l'accès à son catalogue Gallica et on devrait voir émerger de nouveaux types d'accords dans les prochaines semaines ou dans les prochains mois ». S'il ne porte pas sur la numérisation des ouvrages « papiers », l'accord signerait aussi « la fin de l'hégémonie de Google et de son moyen de pression d'exclusivité contre de la numérisation ». Pourquoi ? « Concernant la numérisation, le grand emprunt et la loi de finance associée ont changé la donne. Ils impliquent un échange économique et une recherche de retour sur investissements. On est bien ici dans une valorisation d'un contenu patrimonial et pas dans un troc ou dans une exclusivité comme ce que recherchait Google », martèle le responsable, pour qui
« c'est un changement de paradigme qui devrait faire tache d'huile au niveau européen ».

D'autres initiatives

Précisons enfin que la BnF poursuit, en complément de son accord avec Bing, d'autres efforts pour optimiser elle-même la valorisation de ses contenus numériques. « Un accord de pôle associé sera présenté le 15 octobre entre la BnF, la BNSA (Banque numérique du savoir d'Aquitaine) et Polinum », précise Jean-Pierre Gérault. Et « un appel d'offres conséquent vient d'être publié pour remplacer le moteur de recherche de Gallica », nous confie le directeur d'un spécialiste français des moteurs de recherche d'entreprise, en précisant qu'il « s'est clôturé il y a deux jours, le 5 octobre ». L'heure n'est plus à l'exclusivité.

Christophe Dutheil

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