L'Usine Agro

La belle récolte française de blé assombrie par un marché chargé

Franck Stassi ,

Publié le , mis à jour le 14/09/2017 À 17H50

L’ombre de la Russie plane sur le marché du blé, au sein duquel la France compte reprendre du poil de la bête grâce à une récolte satisfaisante tant en termes de quantités que de qualité.

La belle récolte française de blé assombrie par un marché chargé © Patrick Hautefeuille/Twitter

Le rebond tant espéré par les agriculteurs de la production céréalière française se concrétise enfin. D’après le service statistique du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, la récolte de céréales est estimée à 68,2 millions de tonnes (Mt), contre 54,2 Mt en 2016 et une moyenne quinquennale de 66,9 Mt. En blé tendre, 37,8 Mt seraient produites (en hausse de 37%) et 34,5 Mt seraient collectées (+ 31,5%).

La qualité des céréales et la teneur en protéines, cheval de bataille de la profession ces dernières années afin de gagner en compétitivité sur les pays tiers, semblent être au rendez-vous. 65% des blés analysés affichent des taux de protéines supérieurs à 12%. De plus, 93% des échantillons dépassent les 250 sur une note de 300 en termes de qualité boulangère, contre deux-tiers des échantillons habituellement. La majorité des blés testés sont dans les classes "supérieur" et "premium". "Heureusement qu’on a eu une campagne un peu exceptionnelle, car on aurait eu beaucoup de mal à se présenter aux acheteurs étrangers !", a lancé, mercredi 12 septembre, Jean-Paul Bordes, directeur de la recherche et du développement de l’institut technique des grandes cultures Arvalis.

La campagne n’a pourtant pas été de tout repos : "le déficit hydrique et les excès thermiques ont été les facteurs de stress les plus pénalisants en 2017. L’hiver sec, les forts rayonnements (moteurs de la photosynthèse) et la faible pression maladie ont eu un effet favorable aux cultures. Le pilotage attentif des cultures (azote, irrigation, maladies) était plus que nécessaire cette année", souligne Jean-Paul Bordes. Les gelées tardives, qui se sont déroulées fin avril et début mai ("du jamais-vu"), ont eu peu d’impact en moyenne mais étaient potentiellement graves localement. 350 000 tonnes de blé tendre devraient être importées à l’issue de la campagne commerciale 2017-2018, contre 912 000 tonnes en 2016-2017.

La Russie pèse sur le marché

Bien que mieux armée et pouvant potentiellement surfer sur les difficultés rencontrées par l’Allemagne, qui a subi de fortes précipitations cet été, la France devra néanmoins faire face à l’impact de la récolte record qui s’annonce en Russie. D’après le département américain de l’Agriculture, 81 Mt seraient produites. Le pays exporterait plus de 30 Mt. "Nous aurons des difficultés à valoriser une production française à forts volumes et de bonne qualité, avec une récolte russe très haute et sans problèmes qualitatifs actuellement. Il semblerait que la logistique soit en mesure d’absorber ces volumes, même si des goulots d’étranglement ne sont pas à exclure", analyse Olivia Le Lamer, adjointe au chef de l’unité Grains et sucre chez France AgriMer.

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