La BCE n'accepte plus de titres grecs en garantie

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé mardi la suspension provisoire de l'éligibilité des obligations grecques au rang de collatéral, c'est à dire de garantie pour obtenir des financements auprès d'elle.

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La BCE a précisé qu'il reviendrait aux banques centrales nationales de fournir des liquidités d'urgence aux établissements qui ne pourront plus se financer auprès d'elle.

Sa décision intervient alors que la note souveraine de la Grèce a été abaissée lundi soir par Standard & Poor's à SD (défaut sélectif) après l'annonce d'un plan d'échange d'obligations visant à alléger la dette d'Athènes.

Les responsables de la zone euro avaient cependant anticipé un déclassement de la Grèce après l'adoption d'un deuxième plan de sauvetage et le déclenchement de la procédure d''échange de dette

Ils avaient donc convenu avec la BCE d'un montage financier complexe: Athènes bénéficierait de 35 milliards d'euros de soutien apportés par le Fonds européen de stabilité financière (FESF), des sommes qui pourraient ensuite être apportées à titre de garantie à la BCE afin qu'elle continue d'accepter des titres souverains grecs lors de ses opérations de financement.

Mais ce mécanisme n'a pas encore été activé.

Le déclassement de la note grecque est donc particulièrement malvenu pour la BCE, qui doit procéder mercredi à sa deuxième - et probablement dernière - opération de financement à trois ans, l'un de ses principaux outils de lutte contre l'impact de la crise de la dette et le risque d'un assèchement du crédit en Europe.

La BCE, qui pourrait à cette occasion apporter quelque 500 milliards d'euros aux banques (voir ), a souligné mardi que les banques centrales pouvaient elles aussi, en cas d'urgence, fournir des liquidités en attendant l'activation du mécanisme de soutien à Athènes, après quoi les obligations grecques devraient en principe être de nouveau acceptées comme collatéraux.

"Ceci devrait intervenir d'ici à la mi-mars 2012", précise l'institution monétaire dans un communiqué.

La BCE estime à environ 40 milliards d'euros le montant des titres grecs utilisés pour obtenir des liquidités auprès d'elle.

Les banques grecques détiennent une large part de ces titres mais les banques françaises et chypriotes en possèdent aussi des montants non négligeables et pourraient à présent devoir se tourner vers leurs banques centrales nationales pour obtenir des liquidités.

Paul Carrel, Marc Jones et Sakari Suoninen, Natalie Huet pour le service français, édité par Marc Angrand

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