La BCE maintient le cap malgré les incertitudes

par Balazs Koranyi et Francesco Canepa
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La BCE maintient le cap malgré les incertitudes
La Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses taux d'intérêt inchangés jeudi, une décision largement anticipée même si les signes de plus en plus nombreux de détérioration des perspectives économiques suscitent des interrogations sur le début de resserrement de la politique monétaire prévu pour 2019. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a laissé sa politique monétaire inchangée jeudi et réaffirmé son intention de mettre fin à son programme exceptionnel de soutien au crédit et aux marchés en dépit de la dégradation des perspectives de croissance et des turbulences liées à la politique budgétaire italienne.

La BCE a ainsi redit prévoir de mettre fin après décembre à ses achats de titres sur les marchés, un programme d'"assouplissement quantitatif" (QE), auquel elle aura consacré quelque 2.600 milliards d'euros.

Elle a aussi évoqué la possibilité d'une hausse de taux d'intérêt après l'été prochain, un élément qui figure dans ses communiqués depuis le mois de juin et répété depuis à l'issue de chaque réunion de politique monétaire.

Son président, Mario Draghi, a reconnu lors d'une conférence de presse la dégradation récente de la dynamique économique dans la zone euro et évoqué ce qu'il a présenté comme "un faisceau d'incertitudes" rassemblant le protectionnisme commercial, les difficultés de certains pays émergents et la volatilité des marchés financiers.

"Est-ce suffisant pour nous conduire à modifier notre scénario de base ? La réponse est 'non'", a-t-il ajouté pour justifier le choix du Conseil des gouverneurs de s'en tenir à son diagnostic de risques "globalement équilibrés".

"La vigueur sous-jacente de l'économie continue d'alimenter notre confiance dans le fait que la convergence durable de l'inflation vers notre objectif va se produire et qu'elle se maintiendra même après l'arrêt progressif de nos achats nets d'actifs", a dit Mario Draghi.

L'euro s'est orienté à la hausse pour atteindre 1,1433 dollar après qu'il eut évoqué la hausse des salaires dans la zone euro - un facteur clé de remontée de l'inflation vers l'objectif que s'est fixé la BCE - en soulignant que ce mouvement n'était pas simplement temporaire.

Mais la monnaie unique a effacé ses gains après ses propos sur le caractère toujours "fragile" de l'Union monétaire et la nécessité qu'elle soit "finalisée".

"Et quand je dis finalisée, je pense à l'union bancaire, à l'union des marchés de capitaux", a précisé le président de l'institution en référence aux initiatives lancées après la crise financière et la crise de la dette souveraine depuis dix ans.

Vers 14h15 GMT, l'euro s'échangeait autour de 1,1385 dollar, en baisse de 0,1% face au billet vert. Au même moment, le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour le marché obligataire européen, s'affichait à 0,391% après un pic à 0,415% pendant la conférence de presse.

DRAGHI DIT CROIRE À UN COMPROMIS SUR L'ITALIE

Le Conseil des gouverneurs avait auparavant redit prévoir que ses taux d'intérêt directeurs resteraient à leur niveau actuel "au moins jusqu’à l’été 2019". Et Mario Draghi a précisé que l'éventualité d'une prolongation du QE n'avait pas été évoquée.

Plusieurs responsables de la BCE ont laissé entendre ces dernières semaines, en privé comme en public, que les circonstances qui justifieraient une prolongation des achats d'actifs en 2019 devraient être exceptionnelles.

Le taux de refinancement, principal instrument de la politique monétaire de la BCE, reste fixé à zéro, le taux de la facilité de dépôt à -0,4% et celui de la facilité de prêt marginal à 0,25%.

Mario Draghi a sans surprise été interrogé lors de la conférence de presse au sujet des tensions entre la Commission européenne et le gouvernement italien après le rejet par Bruxelles mardi du projet de budget 2019 élaboré par Rome.

Il s'est dit confiant dans la capacité des deux parties à parvenir à un compromis tout en soulignant que ce différend coûtait déjà cher à l'Italie - son pays d'origine - en faisant monter les rendements des obligations d'Etat.

A une question sur le risque de voir cette montée des rendements des emprunts d'Etat italiens fragiliser le bilan des banques de la péninsule, il a répondu: "Je n'ai pas de boule de cristal (...) Ces obligations sont dans les portefeuilles des banques. Elles pèsent sur la situation des fonds propres des banques."

(Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

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