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La BCE arrêtera son assouplissement quantitatif fin 2018, mais pas de hausse de taux en vue

Publié le

par Gederts Gelzis, Balazs Koranyi et Francesco Canepa

La BCE arrêtera son assouplissement quantitatif fin 2018, mais pas de hausse de taux en vue
La Banque centrale européenne a annoncé jeudi l'arrêt à la fin de l'année de son programme d'achats nets d'actifs (APP), le symbole de sa politique monétaire "non conventionnelle" mise en place pour sortir la zone euro de la crise. /Photo prise le 14 décémbre 2017/REUTERS/Ralph Orlowski
© Ralph Orlowski

RIGA/FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne a annoncé jeudi l'arrêt à la fin de l'année de son programme d'achats nets d'actifs (APP), le symbole de sa politique monétaire "non conventionnelle" mise en place pour sortir la zone euro de la crise.

L'institution a toutefois indiqué clairement qu'elle n'entendait pas pour autant mettre fin à son soutien à l'économie en annonçant aussi que ses taux directeurs resteraient à leur niveau historiquement bas "au moins jusqu'à la fin de l'été 2019 et en tout cas aussi longtemps que nécessaire".

Cette précision a fait baisser l'euro, qui avait initialement réagi en hausse à l'annonce de la fin des achats d'actifs, car les marchés anticipaient un relèvement de 10 points de base du taux des dépôts de la BCE - actuellement fixé à -0,4% - d'ici le mois de juin prochain. La devise européenne s'échangeait à 1,164 dollar vers 16h30, en baisse de 1,2%.

Le président de la BCE, Mario Draghi, s'est refusé à donner quelque indication sur un calendrier de hausse des taux lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion, délocalisée à Riga, du Conseil des gouverneurs de la BCE.

"Nous n'avons pas discuté d'une date pour la remontée des taux", a-t-il dit. "Cette décision a été prise en raison de la vigueur de l'économie" mais aussi d'"incertitudes croissantes" sur fond de tensions commerciales entre l'Europe, la Chine et les Etats-Unis, a-t-il laissé entendre.

La BCE a dans le même temps revu à la baisse sa prévision de croissance dans la zone euro pour cette année à 2,1%, contre 2,4% précédemment, tout en relevant sa projection d'inflation de 1,4% à 1,7% pour tenir compte surtout de la hausse des cours du pétrole.

"Les derniers indicateurs économiques disponibles et les résultats des enquêtes sont plus faibles mais demeurent cohérents avec la poursuite d'une croissance économique solide et généralisée", a expliqué Mario Draghi.

LA FED AU SECOURS DE LA BCE ?

Ces décisions interviennent au lendemain d'une nouvelle hausse de taux de la Réserve fédérale américaine, la septième depuis fin 2015, qui a dans le même temps renoncé à son pilotage de crise des anticipations du marché sur sa politique monétaire, jugeant que l'économie "se porte très bien" après cinq années de croissance ininterrompue.

Les achats d'actifs de la BCE, actuellement de 30 milliards par mois, seront ramenés en septembre à 15 milliards et ce jusqu'en décembre, puis cesseront, a déclaré la banque.

Elle continuera à intervenir sur les marchés en réinvestissant "pour une période prolongée" les montants des remboursements à l'échéance des titres acquis dans le cadre du programme APP ou encore QE (quantitative easing, assouplissement quantitatif).

L'arrêt programmé sur une courte période des achats nets d'actifs signifie néanmoins que les taux d'intérêt vont redevenir son principal outil de politique monétaire.

Les responsables de la BCE soulignent de longue date que leur mandat n'est pas de soutenir la croissance mais de ramener l'inflation à son objectif d'un niveau "proche de, mais inférieur" à 2,0%.

Leur tâche pourrait être compliquée par un ralentissement de l'activité plus prononcé que celui constaté début 2018, si les tensions avec les Etats-Unis dégénéraient en guerre commerciale ouverte ou encore en cas de crise entre Bruxelles et le nouveau gouvernement populiste italien, élu sur un programme de forte hausse des dépenses publiques.

Une croissance moins forte, avec des pressions atténuées sur les prix, constituerait de fait une menace pour la crédibilité de l'institution qui tente depuis maintenant cinq ans de ramener l'inflation dans la norme qu'elle s'est fixée.

Dans l'immédiat, le scénario d'une remontée de l'inflation tient la route avec celle des prix du pétrole et les hausses de salaires qui commencent à se manifester à la faveur de la baisse du chômage, bien qu'à un rythme plus lent qu'elle ne l'aurait espéré au départ.

Le resserrement de la politique monétaire américaine pourrait venir à son secours, la baisse de 5% de l'euro face au dollar depuis avril étant un plus pour alimenter l'inflation importée.

(Yann Le Guernigou et Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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