La banque d'Italie pessimiste sur la croissance 2011

ROME (Reuters) - La croissance économique italienne pourrait être inférieure à 1% en 2011 et encore moindre en 2012, ce qui risque de compromettre l'équilibrage du budget et la réduction de la dette du pays, a estimé mardi un dirigeant de la Banque d'Italie.

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L'économie mondiale donne de plus en plus de signes de faiblesse, et la croissance de la zone euro au deuxième semestre ne devrait pas atteindre la moitié de celle du premier, a-t-il ajouté.

"Les ajustements budgétaires qui s'imposent pour éviter une situation encore plus grave vont inévitablement avoir des effets limitatifs sur l'économie", a déclaré mardi Ignazio Visco, directeur général adjoint de la banque centrale, lors d'une audition face au Sénat.

"Pour toutes ces raisons, dans un environnement qui reste extrêmement incertain, la croissance du produit intérieur brut pourrait être inférieure à un point de pourcentage pour l'année en cours, et encore plus faible en 2012", a-t-il dit.

"Cela aura inévitablement un effet sur les comptes publics, rendra l'équilibrage du budget plus difficile et ralentira l'allègement du fardeau de la dette."

LETTRE DE LA BCE

Le programme d'austérité dont débattent actuellement les parlementaires de la péninsule est conforme aux recommandations faites ce mois-ci par la Banque centrale européenne dans une lettre adressée au gouvernement italien, a-t-il encore estimé.

"Nous considérons que c'est globalement conforme aux demandes contenues dans la lettre", a souligné Ignazio Visco.

L'intervention de la BCE, qui racheté de la dette italienne sur les marchés secondaires, n'a aucun lien avec le plan d'austérité, a-t-il également affirmé.

"Ce n'était pas une lettre comme en envoie le Fonds monétaire international, en disant 'vous aurez un prêt à condition de faire ceci ou cela'. Cela n'a rien à voir. C'était une lettre dans laquelle la BCE et le système européen de banques centrales ne promettaient rien et n'annonçaient aucune mesure pouvant être prise."

Malgré de nombreux appels en ce sens de l'opposition italienne, le gouvernement n'a pas rendu la missive publique.

Sous réserve que les mesures d'austérité soient appliquées, la banque d'Italie prévoit un déficit budgétaire de 3,8% du PIB en 2011, puis de 1,3% en 2012, et un excédent de 0,2% en 2013.

Dans les mêmes conditions, le ratio de la dette face au PIB devrait atteindre 119,9% en 2011, puis 117,8% en 2012, 113,6% en 2013 et 108,8% en 2014.

Catherine Hornby et James Mackenzie, Gregory Schwartz pour le service français, édité par Nicolas Delame

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