La banque centrale marocaine pointe les faiblesses de l'économie nationale

Dans son rapport concernant l'année 2012, présenté au roi du Maroc, Bank Al-Maghrib (BAM), représentée par son gouverneur Abdellatif Jouahri dresse dans sa 54ème édition un bilan de l'économie marocaine sans manquer d'en pointer les insuffisances.

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La banque centrale marocaine pointe les faiblesses de l'économie nationale
L'industrie de l’aéronautique a créé au Maroc 3 731 emplois en augmentant les exportations de 56% en 2012

Sans grandes surprises, la banque centrale marocaine (BAM) a publié les résultats enregistrés par l'économie marocaine courant 2012. Les difficultés structurelles perdurent avec un recul du taux de croissance économique.

le PIB du pays s’est établi en 2012 à 828,2 milliards de dirhams

"L'année 2012 s'est avérée particulièrement difficile pour l'économie mondiale." commence le rapport présenté ci-dessous. À quoi se sont ajoutées des conditions climatiques défavorables.

Ces deux facteurs expliquent en partie, selon la BAM, le ralentissement de la croissance économique du Maroc dont le taux est tombé à 2,7% en 2012 après avoir été de 5% un an auparavant.

Corollaire de ce ralentissement, le PIB du pays s’est établi en 2012 à 828,2 milliards de dirhams (74,1 milliards d'euros), en augmentation de 3,2% au lieu de 5%.

Si la valeur ajoutée des activités non agricoles a progressé de 4,7% à 665,8 milliards de dirhams (59,7 milliards d'euros), celle du secteur agricole s'est repliée de 3,5% à 102,6 milliards de dirhams (9,2 milliards d'euros).

baisse de l’activité minière et celle de l’industrie

Cette même année, le secteur secondaire a vu la progression de sa valeur ajoutée en repli à 1,4% après avoir enregistré 4%. Coupables, la baisse de l’activité minière et celle de l’industrie hors raffinage de pétrole et du BTP et ce malgré la croissance de la valeur ajoutée de la branche ‘‘Electricité et eau’’.

Les industries agroalimentaires, (27,4% à la valeur ajoutée industrielle), ont gardé un rythme de progression à 4% devant le sursaut de l'activité de la branche textile et cuir à 2,8% en 2012 contre 0,5%.

six métiers mondiaux du Maroc

L’activité de la branche mécanique, métallurgique et électrique a légèrement ralenti de 1,1% à 0,9% en 2012. Ce chiffre contraste avec le dynamisme affiché par le secteur automobile suite particulièrement à l'entrée en production de l'usine Renault à Tanger, cite le rapport.

Bank Al-Maghrib revient sur le Pacte national pour l’émergence Industrielle de 2009-2012. Les six métiers mondiaux du Maroc désignés (automobile, aéronautique, offshoring, électronique, textile et cuir et agroalimentaire) ont ainsi enregistré, une augmentation de leur valeur ajoutée de près de 16,7 milliards de dirhams (1,4 milliard d'euros). Ces métiers, rappelle le rapport, ont créé près de 111 000 postes sur un total de 220 000, prévus à l’horizon 2015.

Pour BAM, les industries de l’automobile et de l’aéronautique ont été les plus dynamiques. Elles ont créé respectivement 31 205 et 3 731 emplois en augmentant les exportations de 125% et 56% sur l'année écoulée.

Le BTP a connu un ralentissement en 2012

L’offshoring a généré de son côté près de 30 000 postes à fin 2012, soit 43% de l’objectif visé. Ce secteur a réalisé un chiffre d’affaires de 25,3 milliards de dirhams (2,2 milliards d'euros), soit une hausse de 49% sur la période 2009-2012.

L’électronique avec près de 2 400 postes créés a réalisé un chiffre d’affaires à l’export de 25,5 milliards de dirhams (2,2 milliards d'euros).

Le BTP a connu un ralentissement en 2012. Le taux d’accroissement de sa valeur ajoutée a été de 2,1% après les 4,2% de 2011. C'est la performance la plus faible depuis 2002 note BAM. Fortement impacté ce secteur a perdu 21 000 emplois.

Les ventes de ciment se sont contractées pour la première fois depuis 1998, avec un taux de 1,6%. La baisse du rythme de progression des crédits immobiliers de 10,7% à 9,8% a été l'un des principaux facteurs limitants.

baisse de la production de phosphate

L’activité minière a baissé de 2,4% en 2012. Elle fait suite à la baisse de la production de phosphate qui représente environ 93% de celle du secteur.

En conséquence, le déficit commercial s’est aggravé à 24,3% du PIB après 22,8% en 2011.

En 2012, avec un total de 386,1 milliards de dirhams (34,6 millions d'euros), les importations ont bondi de 7,9% alors que le score des exportations n'a été que de 5,5% à 184,7 milliards (16,5 milliards d'euros).

Résultat, le solde structurellement négatif des échanges commerciaux s’est alourdi de 10,2% pour s’établir à 201,5 milliards de dirhams (18,07 milliards d'euros). Cela représente 24,3% du PIB, au lieu de 22,8% précédemment.

les dérivés de phosphates premier produit exporté

Des résultats du commerce extérieur marocain, on peut particulièrement relever les quatre points suivants. En 2012, les trois produits les plus exportés par le Maroc ont été les dérivés de phosphates (35 milliards de dirhams soit environ 3,1 milliard d'euros), les vêtements confectionnés (19,5 milliards de dirhams soit 1,7 milliard d'euros) et les fils, câbles et autres conducteurs isolés pour l'électricité (14,8 milliards de dirhams soit 1,3 milliard d'euros).

Les trois produits les plus importés par le Maroc ont été les huiles brutes de pétrole (37,5 milliards de dirhams soit 3,36 milliards d'euros), les gasoils et fuel (37 milliards de dirhams soit 3,31) et les gaz de pétrole et autres hydrocarbures (20,1 milliards de dirhams soit 1,8 milliard d'euros).

Brésil et Chine derrière la France et l'Espagne

Les trois premiers pays clients du Maroc en 2012 ont été la France (39,7 milliards de dirhams soit 3,5 milliards d'euros), l'Espagne (30,5 milliards de dirhams soit 2,7 milliards d'euros) et le Brésil (10,9 milliards de dirhams soit 0,9 milliard d'euros).

Les trois premiers pays fournisseurs du Maroc ont été l'Espagne (50,9 milliards de dirhams soit 4,5 milliards d'euros), la France (47,8 milliards de dirhams soit 4,2 milliards d'euros) et la Chine (25,6 milliards de dirhams soit 2,2 milliards d'euros).

Nasser Djama

Bank Al-Maghrib en bref
Créée en 1959, la banque du Maroc promulgue la même année le dirham comme devise nationale du Maroc. Elle adopte la dénomination de Bank-Al-Maghrib en 1987. Elle a en charge l’émission de la monnaie fiduciaire et la supervision du système bancaire. Elle a pour mission de mettre en œuvre la politique monétaire du pays avec pour objectif fondamental la stabilité des prix. Elle veille au bon fonctionnement et à la sécurité des systèmes et moyens de paiement et détermine les rapports entre le dirham et les devises en gérant les réserves de change. Bank Al-Maghrib est aussi le conseiller financier du Gouvernement.


DERI Rapport Annuel 2012 Fr by L'Usine Nouvelle

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