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L'Usine Maroc

La Banque centrale du Maroc abaisse son taux directeur d'un quart de point pour relancer la croissance

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Lors de sa réunion trimestrielle de politique monétaire du mardi 23 septembre Bank Al-Maghrib a décidé de baisser d'un quart de point à 2,75%, son principal taux directeur. Objectif : redonner du souffle à l'économie sur fond de faible inflation et de progression du chômage. Selon l'institution monétaire, la croissance se limitera à 2,5% cette année.

La Banque centrale du Maroc abaisse son taux directeur d'un quart de point pour relancer la croissance © cc

Zone euro, Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni... Presque partout les banquiers centraux sont à la manœuvre pour soutenir la croissance. Au Maroc aussi désormais. Le conseil de politique monétaire de Bank Al-Maghrib (BAM), la banque centrale du Maroc, a décidé à l’issue de sa réunion trimestrielle du mardi 23 septembre d’abaisser son principal taux directeur d’un quart de point. Celui-ci passe ainsi de 3% à 2,75%. Le précédent mouvement était déjà une baisse d'un quart de point. Il datait de mars 2012.

Cette fois encore, il s’agit bien sûr de stimuler l’activité économique du royaume chérifien en faisant à terme baisser le coût du crédit pour les agents économiques. Le BTP par exemple est en phase de repli depuis plus d'un an.

Pour justifier sa décision, Bank Al-Maghrib (BAM) indique ainsi tabler sur une croissance faible pour 2014. Celle-ci devrait s’établir à 2,5% cette année, compte tenu d'une "progression de près de 3% du PIB non agricole et un repli d’environ 2,5% de la valeur ajoutée agricole".

Cette prévision correspond au bas de la fourchette de croissance (2,5% à 3%) anticipée par Abdellatif Jouahri, le wali (gouverneur) de BAM en juin. Et c’est aussi en deça de la plupart des prévisions, à l'exception de celles du Haut Commissariat au Plan, dont les anticipations, jugées trop pessimistes par l'exécutif, avaient suscité une polémique en début d'année. Le FMI de son côté tablait en mai dernier encore sur 3,9% de croissance pour l'année.

Si le chiffre de 2,5% pour 2014 se confirme, ce sera le plus bas niveau de croissance au Maroc depuis plus de 15 ans, alors que le chef du Gouvernement, l'islamiste modérée Abdelilah Benkirane promettait lors de la campagne des législatives fin 2011, au moins 5% de croissance par an.

"C'est la première fois dans l'histoire de la Banque centrale qu'elle abaisse son taux directeur au deçà de 3%, une décision qui devrait encourager les banques à faciliter davantage les conditions d'octroi des crédits", a lancé Abdelatif Jouahri à l'issue du Conseil de BAM lors d'une conférence de presse.

 

DÉFICIT ÉLEVÉ

A noter par ailleurs, que la banque centrale marocaine prévoit toujours un niveau élevé du déficit de la balance courant en 2014 à -6,7%, un chiffre toutefois moins mauvais qu'en 2013 (-7,6%). Elle prévoit que le gouvernement tiendra son objectif de déficit budgétaire de 4,9% du PIB pour cette année, un bon point.

En 2013, la croissance du royaume marocain avait atteint 4,4% portée par la forte progression de la valeur ajoutée agricole (+19%) suite à une pluviométrie favorable et donc de bonnes récoltes.

"C'est la première fois dans l'histoire de la Banque centrale qu'elle abaisse son taux directeur au deçà de 3%, une décision qui devrait encourager les banques à faciliter davantage les conditions d'octroi des crédits." Abdelatif Jouahri 

 

Alors que le Projet de loi de finances 2014 était établi sur un scénario de 4,2% de croissance, le ministre de l'Economie Mohammed Boussaïd a dû, ces derniers mois peu à peu revoir ce chiffre à la baisse. Mais, il tablait cet été encore sur 3,5%.

très faible hausse des prix

Cette dégradation conjoncturelle trouve sa traduction sur le marché de l'emploi, sujet évidemment majeur pour le gouvernement et la stabilité du pays. "Les données du deuxième trimestre indiquent une augmentation, par rapport au même trimestre de 2013, de 0,5 point du chômage à 9,3%", rappelle ainsi BAM dans son communiqué.

La baisse du taux directeur du 23 septembre intervient - et est permise - par un contexte de très faible hausse des prix. Au Maroc, on n’évoque pas encore le spectre de la déflation, mais selon BAM, le taux d’inflation en juillet en rythme annuel s’est établi à seulement +0,4%. De plus, "les prix à la production industrielle ont poursuivi leur mouvement baissier, avec une nouvelle diminution annuelle de 2,1% en juillet après celle de 1,9% en moyenne au cours du deuxième trimestre", note BAM.

Malgré sa relative bonne tenue ces dernières années, l'économie du Maroc est soumise à des influences contradictoires : atonie persistante de l'Europe (son principal débouché), faible dynamique intérieure en matière de consommation ou d'immobilier mais aussi croissance de quelques secteurs exportateurs comme l'automobile ou encore maintien à un haut du niveau du tourisme.

Dans un contexte de fortes tensions dans le monde arabe, il faudrait peu de choses pour la voir basculer dans le bon sens... ou dans l'autre. Pour le gouvernement d'Abdelilah Benkirane qui finalise le projet de loi de finances 2015 et est soumis, à la fois, aux demandes du patronat et à l'impatience sociale, cette baisse du loyer de l'argent est, en tout cas, un coup de pouce bienvenu. Presque une mini relance gratuite. Peut-être de quoi conforter un scénario de reprise pour 2015. Justement le HCP table sur une accélération de la croissance à 3,7% l'an prochain.

 Pierre-Olivier Rouaud

Bank Al-Maghrib : communiqué de la réunion trimestrielle du 23 septembre 2014

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