La baisse de production de PSA en France "est limitée dans le temps", assure Maxime Picat

Maxime Picat, membre du directoire de PSA et directeur de la région Europe, insiste sur le fait que le creux de production que devrait connaître le groupe en France en 2020 sera passager.

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La baisse de production de PSA en France
Le directeur de la région Europe de PSA, Maxime Picat, précise que l'arrivée de nouveaux véhicules dans les usines de Poissy et Mulhouse feront remonter la production du groupe en France en 2021.

Malgré la crise du coronavirus, le groupe PSA affiche un bon niveau de commandes en Europe et se montre confiant sur sa capacité à atteindre les objectifs de CO2 qui lui ont été assignés cette année, dans le cadre du passage au seuil des 95 grammes de CO2 par véhicule et kilomètre.

Maxime Picat, membre du directoire de PSA et directeur de la région Europe, précise également que la production du groupe en France devrait remonter rapidement. En 2020, la sortie des dernières Peugeot 208 au Maroc, de la 2008 à Vigo (Espagne), et de l’Opel GrandLand X en Allemagne devrait faire chuter la production hexagonale. D’après le cabinet IHS, ces départs de production, couplés aux choix similaires d’autres groupes, devraient amputer la production française de véhicules d’environ 20% en 2020.

L'Usine Nouvelle. - Vos usines européennes sont-elles affectées par la crise du coronavirus ? Un fournisseur italien, MTA, indiquait que des sites Peugeot pourraient être affectés par l’arrêt de son activité à Codogno : est-ce le cas ?

Maxime Picat. Il existe bien évidemment des risques. Pour l’heure, nous avons réussi à traiter tous les sujets que nous ont remontés nos fournisseurs. Dans le cas de MTA, on parle d’un fournisseur de rang 2 qui approvisionne nos propres fournisseurs. Ces derniers disposent de stocks intermédiaires et nous avons la possibilité de trouver d’autres alternatives. Le cas est en cours de traitement. Mais pour l’heure, nos usines ne sont pas touchées par cette problématique.

L’épidémie affecte-t-elle vos ventes en Europe ?

La crise est en partie perceptible sur le marché européen qui a reculé de 6% en février, avec des reculs notables en Italie de 9% et surtout de 20% dans les régions les plus sinistrées de Lombardie et Vénétie. Si l’ensemble de l’Europe devait basculer en zone rouge, la situation deviendrait problématique. Mais si l’épidémie reste circonscrite à ces zones, nous devrions nous en sortir relativement bien.

Pour l’heure, l’impact sur la demande est diffus. Nos commandes ont augmenté en février si l’on compare au même mois de l’année dernière. Nous sommes dans une bonne dynamique, et notre activité globale est bonne, même si la lecture du moment ne présage pas de l’avenir.

Cette crise sanitaire peut-elle compliquer l’atteinte des objectifs de baisse des émissions de CO2 en Europe ?

Je ne pense pas. Si les ventes chutent, c’est l’ensemble du marché qui sera touché et pas un type de véhicule. Il n’y a pas de raison que les clients optent pour des énergies différentes en fonction du coronavirus. Pour l’instant, nos immatriculations de véhicules électrifiés augmentent. Sur le marché français, nous atteignons environ 10% de véhicules électrifiés. Nous avons déjà atteint nos objectifs de CO2 au mois de janvier et février.

PSA doit fusionner avec Fiat-Chrysler. Qu’apportera cette opération sur le marché européen ? N’existe-t-il pas des risques de doublons entre des marques comme Peugeot, Opel et Fiat ?

Le rapprochement avec Fiat-Chrysler devrait nous permettre de nous positionner autour de la première place en termes de parts de marché, à un niveau équivalent à celui du groupe Volkswagen. Cette idée de cannibalisation nous a également été posée dans le cadre du rachat d’Opel. On constate aujourd’hui que les clients de la marque n’hésitent pas entre les véhicules Peugeot, Citroën ou Opel. Ce sera le même cas dans le cadre de la fusion avec FCA : la diversification entre les marques est bonne. Nous ne nous attendons pas à des cannibalisations massives. Les marques italiennes, américaines, françaises, allemandes de la future entité ne sont pas en concurrence frontale.

Cette problématique s’est aussi posée entre les trois marques historiques de PSA, Peugeot, Citroën et DS. Quel regard portez-vous sur la situation aujourd’hui ?

La différenciation entre Peugeot et Citroën évolue positivement. Preuve en est que les deux marques gagnent des parts de marché. Le positionnement design, marque et communication a permis de faire évoluer la situation considérablement. A une époque, les Peugeot 106 et Citroën Saxo se ressemblaient visuellement, mais ne partageaient aucune pièce commune. C’est l’exact inverse que nous observons aujourd’hui. Quant à DS, il s’agit de notre marque premium, et elle ne mord en aucun cas sur Peugeot ou Citroën puisqu’il s’agit de clientèles totalement différentes.

La production de PSA en France va diminuer cette année. Cette baisse est-elle inéluctable ? La fusion avec FCA peut-elle mettre en péril certaines de vos usines françaises ?

La baisse de production que vous évoquez aura lieu en 2020, mais elle sera limitée dans le temps. Elle concerne essentiellement nos sites de Poissy et Mulhouse, où nous allons lancer des modèles qui ne seront pas des remplacements, mais des modèles supplémentaires. Dès 2021, les volumes de ces deux sites vont remonter. Un grand nombre de nos usines seront en trois ou quatre équipes, ce qui est un niveau très élevé par rapport à la plupart de nos concurrents. Le reste dépend de la bonne tenue du marché européen. Mais nous faisons en sorte de garder un niveau de charge élevé dans l’ensemble de nos usines. Quant à la fusion avec FCA, nous avons clairement indiqué qu’aucune usine ne serait fermée dans le cadre de cette opération.

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